Samedi 11 octobre 2008 -- La secrétaire générale de L'Union nationale des femmes algériennes (UNFA) a appelé samedi le président Abdelaziz Bouteflika à promouvoir la femme algérienne au niveau politique avec notamment la mise en place d'un système de quotas, indique l'agence APS. En ouvrant à Alger le 10e congrès de l'UNFA, Nouria Hafsi a souligné que "le rôle de la femme algérienne, qui a investi tous les domaines de développement, demeure timide dans le domaine politique, sa présence dans les institutions législatives ne dépassant pas les 8%", rapporte l'agence. Devant ce rôle jugé "très insuffisant" et dont la responsabilité incombe "aux partis, organisations, associations et au gouvernement", Mme Hafsi a demandé au chef de l'Etat la mise en place d'un système de quotas pour une meilleure représentativité des femmes algériennes puisque, a-t-elle fait remarquer, les partis politiques "ne sauraient respecter les règles du jeu". La responsable associative a souhaité que le congrès de l'UNFA porte sur des programmes permettant "de meilleurs encadrement et sensibilisation de la femme algérienne à même de la libérer, concrètement, de toutes les formes de soumission et de négligence et lui permettraient de défendre ses acquis".
Dimanche 12 Octobre 2008 -- La secrétaire générale de l’Union nationale des femmes algériennes (UNFA), Noria Hafsi, a été reconduite à la tête de cette organisation, lors du 10e congrès qui s’est tenu, hier, à l’hôtel El-Aurassi à Alger. Cette session, qui durera deux jours, s’est ouverte en présence du Chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia et du secrétaire général de la présidence de la République, M. Habba El-Okbi, ainsi que d’autres personnalités politiques. Le représentant personnel du président Bouteflika a lu une lettre que ce dernier a adressée aux congressistes, dans laquelle il rend un vibrant hommage à la femme algérienne et au combat qu’elle a mené depuis la guerre d’indépendance à nos jours. “La femme algérienne est aujourd’hui présente dans tous les domaines allant de l’éducation jusqu’au monde des affaires, c’est pour cela qu’elle doit avoir les mêmes droits et obligations que l’homme”. Le président de la République a, en outre, souligné que “l’équilibre et les enjeux futurs du pays reposent sur la femme et sa capacité à inculquer la culture de la démocratie, à renforcer le sentiment de civisme”. Après la réélection de la secrétaire générale, cette dernière a exprimé sa gratitude et ses remerciements aux personnes ayant répondu favorablement à l’invitation et aux congressistes.
Dans son discours devant les congressistes, Mme Nouria Hafsi a souligné que “le rôle de la femme algérienne, qui avait investi tous les domaines de développement, demeure timide dans le domaine politique. Sa présence dans les institutions législatives ne dépassant pas les 8%”. La responsabilité incombe, selon Mme Hafsi, aux partis, organisations, associations et au gouvernement qui ont la tâche de promouvoir le rôle de la femme dans l’exercice politique qui reste, selon elle, un “devoir national” et “une des composantes de la citoyenneté”. Dans ce sens, elle a appelé le président Bouteflika à promouvoir la femme algérienne politiquement à travers la mise en place d’un système de quotas, puisque, fait-elle remarquer, les partis politiques “ne sauraient respecter les règles du jeu”. Par ailleurs, la SG de l’UNFA a insisté sur l’organisation interne de l’union et sur sa réhabilitation, affirmant qu’“elle reste la structure nationale représentant et encadrant la femme algérienne (...) quel que soit son état”. Pour atteindre les objectifs tracés, ajoute-t-elle, il faudrait “esquisser un plan d’action qui s’attellera à renouveler les modes opératoires, à mobiliser toutes les capacités, à impliquer toutes les compétences et qui s’ouvrira aux différentes forces féminines parmi les jeunes”.
En outre, la responsable a souhaité que le 10e congrès de l’UNFA porte sur des programmes permettant de meilleurs encadrements et sensibilisations de la femme algérienne à même de “la libérer, concrètement, de toutes les formes de soumission et de négligence, ce qui lui permettrait de défendre ses acquis”. Dans les coulisses du congrès, M. Ouyahia a fait une déclaration à la presse, dans laquelle il considère que “les efforts effectués par la femme algérienne à leur juste valeur”, en faisant référence “au rôle qu’elle a joué dans la réconciliation nationale”. De son côté, Mme Kassimi, membre du Comité national des sciences, de la culture et de l’éducation, a déclaré à Liberté que son organisation “porte de grands projets pour améliorer la condition de la femme algérienne, pour un meilleur avenir”. Il est à noter que les travaux, qui se poursuivront durant la journée d’aujourd’hui, porteront particulièrement sur la poursuite des débats et la lecture de la résolution finale du congrès.
Jeudi 30 octobre 2008 -- Parmi les amendements de la Constitution annoncés hier par le président de la République figure une disposition relative à la promotion des droits politiques des femmes. Sans pour autant en dévoiler le contenu. «[…] Vous vous souvenez qu’à l’occasion de la Journée mondiale de la femme, j’avais loué l’importance des acquis méritoires réalisés par la femme algérienne ainsi que la place distinguée qu’elle a gagnée durant la glorieuse lutte pour la libération nationale et son immense sacrifice à cette fin. Cependant, ce qui a été réalisé reste en deçà de ce qu’elle mérite et de ce que nous ambitionnons pour elle», a notamment déclaré le premier magistrat du pays à la Cour suprême, exprimant ainsi sa déception de constater que les femmes algériennes ne se bousculent nullement au portillon de la scène politique. «[…] Nous avons donc veillé à ce que le projet de révision constitutionnelle comporte une disposition nouvelle consacrée à la promotion des droits politiques de la femme et à l’élargissement de sa représentation dans les assemblées élues, à tous les niveaux […].» Même s’il n’en a pas dévoilé les contours, il est clair que cette annonce n’a d’autre sens que celle de l’introduction du système des quotas pour les femmes. En somme, il est fort probable que la disposition en question fera obligation, du moins dans une première étape, aux partis politiques, de réserver un pourcentage (à déterminer) sur les différentes listes électorales qu’ils établiront sous peine de se voir exclus des rendez-vous électoraux.
Cette annonce du président de la République tranche avec la position de principe qui était la sienne et qu’il avait exprimée à l’hôtel Aurassi le 8 mars 2005. C’était d’ailleurs en réponse à Mme Zohra Drif qui lui demandait d’aller plus loin dans la concrétisation des droits des femmes en les plaçant au centre des décisions, au même titre que les hommes. «Il ne faut pas se précipiter. La politique est un art et elle n’est pas à n’importe qui», avait déclaré le chef de l’Etat. Avant de poursuivre qu’il n’allait pas nommer un gouvernement composé à moitié de femmes sous prétexte qu’il faille promouvoir leurs droits. «Donnez-moi 20 Louisa Hanoune et je formerai un gouvernement de femmes», avait-il lancé. Histoire de préciser que la nomination aux postes de responsabilité était tributaire de la compétence aussi bien des femmes que des hommes, tout en invitant les premières à militer, se battre et s’imposer sur la scène politique. Toutefois, le poids de la société, les mentalités encore rétrogrades, aussi bien dans la famille que dans les partis politiques, n’ont pas contribué à l’émergence de femmes politiques et encore moins incité les partis à mettre sur leurs listes électorales des militantes qui risqueraient de leur faire de l’ombre. Cela si l’on excepte le Parti des travailleurs qui a réussi la prouesse, conformément à ses principes d’égalité en droits entre tous et en fonction des compétences, à faire élire 16 femmes députées dans l’actuelle APN.
Le système des quotas est–il un mal nécessaire ? Tout porte à le croire. Cependant, et quand bien même il serait consacré par la Constitution, il sera confronté aux innombrables contradictions des textes en matière de droits des femmes. Rappelons quand même que le code de la famille amendé en 2004 les a maintenues dans un statut de mineures à vie, puisqu’elles restent soumises à la tutelle pour leur mariage, qu’elles sont sujettes à la répudiation à n’importe quel moment. Qu’elles n’ont pas droit au divorce, mais plutôt racheter leur liberté comme n’importe quel esclave. Qu’elles ne peuvent aucunement être tutrices de leurs enfants, sauf si leur époux venait à décéder. Aussi pourront-elles décider du sort d’une nation sans pour autant prendre en charge leur propre destinée ?
Mercredi 5 novembre 2008 -- Le projet de révision constitutionnelle partielle comporte une nouvelle disposition relative à la promotion des droits politiques des femmes. Il s’agit en fait du rajout d’un article, le 29 bis en l’occurrence, qui vient quelque part renforcer la disposition de l’article 29. Laquelle dispose que «les citoyens sont égaux devant la loi, sans que puisse prévaloir aucune discrimination pour cause de naissance, de race, de sexe, d’opinion ou toute autre condition ou circonstance personnelle ou sociale».
Quant à la nouvelle disposition que le projet de révision se propose de rajouter, elle énonce que «l’Etat œuvre à la promotion des droits politiques de la femme en augmentant ses chances d’accès à la représentation dans les Assemblées élues». Après son adoption par le Parlement qui se réunira mardi prochain avec ses deux chambres, ce nouvel article devra être précisé par une loi organique. En ce sens que le texte de la loi suprême du pays ne peut énoncer que les grands principes. Une loi organique (qui est au demeurant supérieure à une loi ordinaire) dont le rôle est justement de préciser les articles de la Constitution lorsqu’elle y fait allusion –qui ne manquera certainement pas d’introduire la notion de quotas pour les femmes, que les partis politiques devront respecter dans la confection de leurs prochaines listes électorales. Cette loi organique devra également énoncer ce qu’encourent les formations politiques algériennes qui ne se soumettraient pas à cette obligation. C’est dans ce sens d’ailleurs que le nouvel article fait de l’Etat le garant de «la promotion des droits des femmes».
Il va sans dire que beaucoup de partis politiques ne verront aucun inconvénient à ce que leurs militantes figurent sur les listes électorales. Ils l’ont déjà fait sans pour autant attendre que la Constitution ou une loi organique ne les y oblige. Mais avec cette précision que, dans leur écrasante majorité, ils ont classé leurs candidates à des places qui ne leur permettaient nullement d’être élues. Lesdits partis n’avaient d’ailleurs rien trouvé d’autre à dire qu’ils n’y étaient pour rien et que, si leurs camarades femmes n’étaient pas élues, c’était la faute à la mentalité des électeurs. Mieux, certains partis avaient carrément éliminé des candidates des listes électorales pour ne pas avoir à faire face à l’opposition au sein même de la formation politique, ce qui aurait engendré une saignée en son sein.
Il s’est quand même trouvé un parti politique, le Parti des travailleurs en l’occurrence, toujours lui, qui n’a pas hésité à exclure des militants parce qu’ils rejetaient l’idée de voir une femme de leur localité briguer un mandat, national ou local, alors même que leur secrétaire général était une femme. Et de surcroît, par deux fois, candidate aux élections présidentielles. Dès lors, et si l’introduction du système des quotas s’avère être un mal nécessaire, il serait peut-être judicieux que la loi organique qui précisera l’article 29 bis fasse obligation aux formations politiques de classer en bonne place quelques-unes de leurs candidates. A condition bien entendu que ce ne soient ni des femmes potiches ni des femmes alibis, servant de galerie et de décor, se jouant de l’avenir de toute une nation.
Dimanche 9 novembre 2008 -- Un groupe d’associations féminines activant pour la promotion des droits de la femme en Algérie a tenu, dans une déclaration rendue publique hier, à apporter un soutien indéfectible à la révision de la Constitution, ainsi qu’à son promoteur. Il s’agit des associations Rachda, El-Manar, Flambeau de la femme, Promotion de la femme, Saâda, Iqrâa et Ansedi. Justifiant leur position, l’ensemble des associations explique que les mesures projetées en faveur des droits politiques des femmes dans le cadre de cette révision constitutionnelle sont éminemment importantes. Et de souligner que «cela est l’aboutissement d’un long combat des Algériennes pour l’égal accès aux postes de représentation et de décision et une réponse au souci d’une juste cohabitation des hommes et des femmes quant à leurs droits». Tout en rappelant que les amendements apportés aux codes de la famille et de la nationalité en 2006 ont contribué à rétablir des droits au profit des femmes, ces associations estiment que les nouvelles mesures envisagées sont l’expression de la reconnaissance du rôle joué par les Algériennes dans la défense de la patrie, chaque fois que l’histoire l’a exigé, notamment pendant la glorieuse guerre de libération nationale et dans le cadre de la résistance face au terrorisme. Ces mesures constitutionnelles en faveur des femmes sont historiques parce qu’elles correspondent à l’état de niveau de développement réel de notre pays où 63 % des universitaires sont des filles, précisent en outre ces associations militant pour la promotion des droits de la femme. Et de souligner que ces mesures prises par l’Etat ouvrent «des perspectives nouvelles empreintes d’espoir et de dignité pour nos filles et nos petites filles qui auront le moyen légal d’exiger une place plus juste dans toutes les institutions du pays et placent l’avenir de notre société dans le cadre d’une modernité réelle et non politicienne». Enfin, ce groupe d’associations souligne, dans la même déclaration, «le courage politique qu’il fallait pour introduire de nouvelles dispositions consacrées à la promotion des droits politiques de la femme et à l’élargissement de sa représentation dans les assemblées élues à tous les niveaux».
Jeudi 13 novembre 2008 -- Les femmes demandent d’être associées lors de l’élaboration de la loi organique concernant les modalités d’application de l’article 31 bis de la Constitution relatif à la consécration et la promotion des droits politiques de la femme algérienne. Lors d’une conférence débat animée hier au siège du quotidien El Moudjahid par Mme Noura Hechani, présidente du Conseil national de la femme et de l’enfant et des membres du conseil ainsi que Mme Zohra Drif Bitat, vice-présidente du Conseil de la nation, les femmes sont revenues sur les modalités d’application de la nouvelle consécration des droits de la femme. Pour Zohra Drif Bitat, il faut axer sur trois points, à savoir la vigilance pour que la nouvelle disposition soit traduite dans la réalité par la loi organique, l’association à la réflexion qui doit être engagée pour l’élaboration de cette loi ainsi que l’engagement réel de la femme pour que ce principe soit inscrit dans la réalité.
Mme Noura Hachani a affirmé que le conseil qu’elle préside doit être associé à l’élaboration de ladite loi «en tant qu’instance consultative.».
«Nous devons donner notre avis sur les modalités d’application de l’article 31 bis de la Constitution», a-t-elle affirmé tout en ajoutant que cette consécration des droits de la femme est une première en Algérie et relève d’une décision historique. De son côté, Mme Zohra Drif Bitat a fait part de la nécessité de rester vigilant pour mettre en application la nouvelle disposition.«La Constitution a consacré la non différenciation entre les hommes et les femmes depuis l’indépendance mais l’application n’a pas suivi», a-t-elle affirmé, tout en ajoutant qu’«il faut œuvrer afin que cette disposition ne reste pas lettre morte». Pour les présentes, les femmes doivent s’engager dans les partis politiques, les associations et autres organisations sociales pour accroître leurs chances d’accéder aux postes de responsabilité.
Il convient de noter que le Conseil national de la femme et de l’enfant a été installé en mars 2007. Organe consultatif, il a élaboré un projet de guide pour la femme algérienne contenant, entre autres, une liste des noms des femmes ayant marqué l’histoire de l’Algérie ainsi qu’une encyclopédie juridique sur les différentes lois concernant la femme depuis l’indépendance. En outre, le conseil milite pour l’instauration d’une base de données sur la femme algérienne. Quant à la position du Conseil national pour la femme et l’enfant concernant les mécanismes de mise en œuvre des droits politiques des femmes, elle sera tranchée en temps opportun, selon sa présidente.
Samedi 15 Novembre 2008 -- Le flou persiste. La présentation, par le Chef du gouvernement, devant le Parlement, de la loi portant révision constitutionnelle dans son volet femmes ne nous renseigne pas davantage que le contenu du discours récent du président de la République sur le sujet. M. Ouyahia nous apprend seulement qu’un article 31 bis est ajouté stipulant que “l’État œuvre à la promotion des droits politiques de la femme en augmentant ses chances d’accès à la représentation dans les assemblées élues”. Cette volonté de promouvoir les droits politiques des femmes devra être précisée ultérieurement par une loi organique, en ce sens que le texte de la Constitution ne peut énoncer que les grands principes. Est-ce le système des quotas qui va être consacré ? Est-ce que des sanctions seront envisagées à l’encontre des formations politiques qui ne respecteront pas ce principe ? Ni le discours du chef de l’État, ni celui du chef de l’Exécutif ne donnent des indications, encore moins des assurances quant à la traduction pratique des principes énoncés dans les amendements apportés à la Loi fondamentale.
L’instauration du système de la parité n’est donc pas chose acquise. La plupart des associations, qui ont salué l’initiative du président de la République, attendent donc le contenu de la loi organique pour être édifiées définitivement. Car on remarquera que l’article 31 bis que viennent de voter les deux Chambres de l’actuel Parlement n’est qu’une reformulation de l’article 31 de la Constitution de 1996, qui énonce que “les institutions ont pour finalité d’assurer l’égalité en droits et devoirs de tous les citoyens et citoyennes, en supprimant les obstacles qui entravent l’épanouissement de la personne humaine et empêchent la participation effective de tous à la vie politique, économique, sociale et culturelle”. Si l’on prend comme référence la Constitution de 1996, au moins cinq dispositions sont consacrées à l’affirmation du principe de l’égalité. Le problème est que, ni les constitutions, ni les lois électorales, ni les lois pénales successives ne donnent une définition claire de la notion de discrimination à l’encontre de la femme. Au regard des lois en vigueur, une telle discrimination ne constitue pas une infraction, même si ces différents textes évoquent implicitement le phénomène.
Lors de la dernière élection législative, plusieurs candidates du MSP se sont retirées en guise de protestation contre leur classement, peu favorable, sur les listes de candidatures de ce parti. La faible présence des femmes dans des instances législatives s’explique, en outre, par leur faible présence dans les listes de candidatures des partis politiques. Selon un décompte fait par le Centre d’information et de documentation de l’enfant et la femme (CIDDEF), “les chiffres cumulés des candidatures pour 5 élections législatives donnent un total de 19 152 candidatures hommes contre 1 157 candidatures femmes”. Soit une moyenne de 5,5%.
Peu de partis politiques comptent des femmes au sein de leur instance exécutive. Lorsqu’elles y figurent, elles ne dépassent pas généralement le nombre de deux. C’est souvent en n’ouvrant pas les portes aux femmes que les partis politiques ont semé des embûches sur la voie qui mène à la promotion politique de la femme. À l’Assemblée constituante de 1962, il y avait 10 femmes, en septembre 1963, il n’en restait que 2. Le Conseil de la nation comptait 8 femmes en 1997. Il en reste moins aujourd’hui. L’accès aux hautes responsabilités au sein des partis est exceptionnel pour certaines personnalités, telles que Louisa Hanoune, ancienne militante du mouvement associatif et actuellement à la tête du Parti des travailleurs.
Louisa Hanoune, en sa qualité de première responsable d’une formation politique, a présenté dix femmes sur ses listes APW et vingt autres sur les listes communales. Le PT peut s’enorgueillir d’être le seul parti à compter une dizaine de femmes députées à l’Assemblée nationale. Même si leur nombre dans l’administration est élevé, les femmes sont confinées dans des secteurs comme celui des affaires sociales, de l’éducation ou de la santé. La place de la gent féminine se rétrécit au fur et à mesure que l’on progresse vers le haut de hiérarchie et qu’on s’approche du centre de la décision politique.
En effet, si la femme algérienne est arrivée à faire son entrée récemment dans des institutions qui lui étaient inaccessibles, comme le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État présidé actuellement par une femme, son ascension aux fonctions importantes de l’État n’est pas aisée. De même, les femmes n’accèdent pas, dans des proportions importantes, aux fonctions pouvant leur permettre de peser dans la décision politique et administrative, au niveau local. “En Algérie, les désignations des femmes dans les corps de walis, secrétaires généraux de wilaya, ou chefs de daïra sont en nombre insuffisant. Si le nombre de femmes désignées secrétaires générales de wilaya, ou chefs de daïra a augmenté, on ne compte encore que 2 femmes walis”, note avec regret le CIDDEF.