Le 7 avril 1987, Ali Mécili, avocat au barreau de Paris, figure marquante de l'opposition démocratique au régime d'Alger, était assassiné devant son domicile parisien. Deux mois plus tard, la police française arrêtait le tueur, un petit truand algérien aux ordres de la Sécurité militaire, les services secrets de l'armée algérienne. Mais, au lieu d'être remis à la justice, il était... réexpédié à Alger. Et, depuis vingt ans, ce crime qui déshonore la V ème République est resté impuni. D'où l'importance de ce livre, publié pour la première fois en 1989, pour comprendre la vraie nature du régime algérien et les réseaux secrets de la "Françalgérie". Grande figure de la lutte d'indépendance algérienne et opposant historique au régime militaire qui contrôle l'Algérie, Hocine Aït-Ahmed y retrace en détail les circonstances du meurtre de son ami, ainsi que l'attitude scandaleuse des autorités françaises. Mais aussi, à travers le parcours d'Ali Mécili, la lutte d'opposants courageux contre un " pouvoir de l'ombre " qui a confisqué dès 1962 la lutte de libération du peuple algérien. Et, dans une postface inédite, il évoque le "bain de sang" dans lequel ce pouvoir a plongé son pays à partir de 1992, et l'incroyable omerta qui continue depuis à recouvrir, en France comme ailleurs, les crimes contre l'humanité d'une junte de généraux corrompus.
Hocine Aït-Ahmed, chef historique du FLN, fondateur en 1963, avec Ali Mécili, du Front des forces socialistes (FFS), principal parti laïque de l'opposition algérienne jusqu'à ce jour, est notamment l'auteur de 'Mémoires d'un combattant : L'esprit d'indépendance 1942-1952'
Mardi 25 Décembre 2007 -- Vingt ans après l’assassinat de l’avocat algérien Ali Mécili, la justice française vient d’émettre deux mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de deux Algériens impliqués dans l’affaire, affirme ce soir le journal en ligne rue89.com.
Le premier mandat vise le tueur présumé, Abdelmalek Amellou. Le second mandat d’arrêt concerne Mohamed Ziane Hassani – qui se fait aussi appeler Rachid Hassani - un capitaine de la Sécurité militaire la dernière fonction connue était consul d’Algérie à Bonn. « Le rôle de Hassani, qui fut l’agent traitant du tueur dans la préparation du meurtre, était très vite apparu aux enquêteurs français. Mais en 2003, un témoignage édifiant permettait d’établir que cet agent consulaire diplomatique en Allemagne avait aussi assuré le suivi de l’exécution d'Ali Mécili... », affirme rue89.com.
Les témoignages de deux anciens militaire dissidents algériens auraient été décisifs dans cette affaire : ceux de l’ancien colonel Mohamed Samraoui et de Hichem Aboud, aujourd’hui réfugiés en Europe. « Le 2 juillet 2003 en effet, le juge Thouvenot entendait en qualité de témoin, et sur la demande expresse de Me Antoine Comte, un officier dissident algérien réfugié en Allemagne, Mohammed Samraoui - sur lequel l’Etat algérien rêve d’ailleurs de remettre la main – et qui était, à l’époque des faits, responsable d’une "section de prévention économique de l’armée pour la région Est".
"Mohammed Samraoui, note le juge Thouvenot dans son mandat d’arrêt, nous a déclaré avoir assisté à une réunion fin juin-début juillet 1987, au cours de laquelle Amellou a reçu des mains de Hassani une forte somme d’argent en liquide, qui n’était visiblement qu’une partie de ce qu’il devait recevoir" (800000 F). Auditionné par le juge français, Hicham Aboud, un autre ex-officier de la Sécurité militaire, fera également état de cette information », écrit encore rue89.com.
L’issue de l’affaire dépendra de la suite que va donner le Parquet à l’enquête. Dans un contexte marqué par des relations difficiles entre Alger et Paris, il est en effet fort probable que l’enquête soit bloquée.
Jeudi 27 Décembre 2007 -- L’hebdomadaire parisien aux sources des services français, le Canard enchaîné, vient de remettre sur la scène l’affaire Mecili vingt ans après son enterrement. Le juge d’instruction parisien Baudoin Thouvenot a signé le 7 décembre deux mandats d’arrêt internationaux contre l’assassin présumé, un “petit truand”, et son “commanditaire”, sur lequel des soupçons s’étaient portés à l’ouverture de l’enquête sur la mort de l’avocat proche d’Aït Ahmed, assassiné en 1987 à Paris.
Dès le début, la justice française avait pointé du doigt les services secrets algériens mais, probablement, sans preuves tangibles, la piste devait être vite abandonnée. À l’époque, la presse française a parlé de “raisons d’État” et surtout de crainte d’un remake de l’affaire Ben Barka, un opposant marocain assassiné également à Paris et dont l’enquête admettra bien plus tard la connivence des services français.
Le dossier Mecili devait être rouvert en 2003, à la suite de la publication d’un opuscule témoignage, présenté en son temps par la presse française et les promoteurs de la propagande du “qui-tue-qui ?” comme le brûlot contre le “pouvoir militaire en Algérie”, d’un ancien officier subalterne des services algériens, réfugié politique en Allemagne : Mohamed Samraoui dont le nom devait réapparaître en automne avec son arrestation à Madrid qui, au lieu de le transférer à Alger où un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui, a préféré le renvoyer dans son pays d’asile.
Comme s’il n’était pas sûr de la réouverture de son dossier, le juge français a annoncé qu’il s’attend à des difficultés de la part des autorités judiciaires françaises, soucieuses, selon lui, d’éviter une crise diplomatique avec Alger, précisant que son présumé accusé est en poste au sein de l’ambassade d’Algérie en Allemagne. Le parquet de Paris a déjà signifié au juge que la délivrance de ses mandats “ne s’impose pas”. D’où les fuites diffusées par le journal satirique parisien et reprises par l’ensemble des médias français. Et, toujours selon le Canard enchaîné, le premier serait en Algérie et le second en poste au consulat d’Algérie à Bonn, en Allemagne. Le 7 avril 1987, l’avocat d’origine algérienne, Ali Mecili, a été assassiné de trois balles dans le hall de son immeuble, au cœur de Paris.
Dès l’annonce de sa mort, Hocine Aït Ahmed, l’un des chefs historiques de l’indépendance, alors exilé en Suisse, avait accusé les services spéciaux algériens d’avoir commandité l’assassinat. Mecili, réfugié en France depuis la destitution du président Ahmed Ben Bella en 1965 par l’armée sous le couvert de redressement révolutionnaire, faisait office de porte-parole du FFS, à l’époque dans la clandestinité car interdit en Algérie. Deux mois plus tard, les policiers français arrêtaient à Paris l’auteur présumé de l’assassinat qui sera expulsé vers l’Algérie avec sa concubine, à la demande du ministère de l’Intérieur français alors dirigé par Charles Pasqua.
En 2003, le même Thouvenot se rapproche de Samraoui, qui lui affirme avoir assisté en Algérie à la remise, d’une grosse somme d’argent pour l’assassinat d’Ali Mecili ! La question reste pourquoi déterrer l’affaire aujourd’hui surtout, et le juge lui-même l’a implicitement avoué, il n’y aurait pas de nouvelles preuves ? Affaire franco-française ou contentieux franco-algérien ? En attendant, la veuve de Mecili s’est félicitée de “ce début de la réparation de la forfaiture française” qui a consisté à relâcher l’assassin.
Vendredi 15 Août 2008 -- Un responsable du protocole de l'Etat algérien, commanditaire présumé de l'assassinat de l'avocat et ancien dirigeant du FFS Ali Mecili, le 7 avril 1987 à Paris et objet d'un mandat d'arrêt international, a été arrêté jeudi à l'aéroport de Marseille-Marignane et déféré vendredi devant la justice à Paris, a-t-on appris de sources judiciaire et policière.
Mohamed Ziane Hassani est soupçonné d'être le commanditaire de cet assassinat qui aurait été exécuté par Abdelmalek Amellouet. Les mandats d'arrêts visant ces deux hommes avaient été signés le 7 décembre 2007 par le juge parisien Baudoin Thouvenot. Cet Algérien "a été arrêté à Marseille-Marignane à l'arrivée d'un vol en provenance d'Alger", selon une source policière à Marseille. "Il a été arrêté hier (jeudi) à Marseille-Marignane par la Police aux frontières (PAF), il a été déféré aujourd'hui (vendredi) au parquet de Paris et présenté au juge Thouvenot" en charge de l'instruction de cette affaire, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.
"Le mandat d'arrêt vaut mise en examen", a précisé cette même source, ajoutant que Mohamed Ziane Hassani devait être présenté dans la soirée devant un juge des libertés et de la détention (JLD). De son côté, le parquet a requis un non-lieu sur le mandat d'arrêt, auquelil s'était déjà opposé en décembre 2007 estimant que sa délivrance ne "s'imposait pas".
PARIS, August 15, 2008 (AFP) — A senior Algerian official suspected of being the mastermind in the murder of a well-known government opponent over 20 years ago was arrested in France, judicial officials and the police said Friday.
Mohamed Ziane Hassani, in charge of Algerian state protocol, was wanted under an international arrest warrant and detained Thursday at Marseille-Marignane airport. He was taken to Paris on Friday.
He is suspected of ordering the killing of Algerian lawyer Ali Mecili who was gunned down on April 7, 1987 outside his Paris home, aged 47. He had lived in France since 1965.
Former Algerian independence fighter Hocine Ait Ahmed, leader of the opposition Socialist Forces Front (FFS) and a major opposition figure who was exiled in Switzerland at the time, accused "Algerian special services" of being behind the killing.
Mecili was Ait Ahmed's spokesman.
He played a major role between Ait Ahmed and Ahmed Ben Bella, Algeria's first president, who in 1985 founded a group opposed to president Chadli Bendjedid.
Ben Bella was also certain that Mecili's murder had been ordered by Algiers.
A Paris judge signed the orders for the arrest of Hassani and the suspected killer, Abdelmalek Amellouet, in December last year.
Police in Marseille said Hassani was arrested on his arrival from Algiers.
He carried a diplomatic passport but does not enjoy diplomatic immunity, police said. Hasani tried to convince the police and a prosecutor that his was a case of mistaken identity, but failed, they added.
PARIS, August 16, 2008 (AFP) — A senior Algerian official suspected of masterminding the murder in France of a political opponent has been put under investigation for complicity, French judicial officials said Saturday.
Mohamed Ziane Hassani, in charge of Algerian state protocol, was wanted under an international arrest warrant and detained Thursday at Marseille-Marignane airport after arriving from Algiers.
He was taken to Paris on Friday and charged with complicity in the murder of Algerian lawyer Ali Mecili who was gunned down on April 7, 1987 outside his Paris home, aged 47. Mecili had been living in France since 1965.
On Friday Hassani was ordered released by a Paris judge on condition that he not leave the Paris region and inform authorities of his residence in the French capital.
An investigating judge is to question him by the end of August.
Hassani carried a diplomatic passport when he was detained by Marseille airport police but does not enjoy diplomatic immunity. He had tried to persuade police officers and a prosecutor that his was a case of mistaken identity, but failed, police said.
A Paris judge had signed the orders for the arrest of Hassani and the suspected killer, Abdelmalek Amellouet, in December last year.
Former Algerian independence fighter Hocine Ait Ahmed, leader of the opposition Socialist Forces Front (FFS) and a major opposition figure who was living in exile in Switzerland at the time of the murder, accused "Algerian special services" of being behind the killing.
Mecili was Ait Ahmed's spokesman.
He played a major role between Ait Ahmed and Ahmed Ben Bella, Algeria's first president, who in 1985 founded a group opposed to president Chadli Bendjedid.
Ben Bella was also positive that Mecili's murder had been ordered by Algiers.
A lawyer for Mecili's family, Antoine Comte, told AFP Hassani's arrest was good news but added: "It must not happen what has happened in this case before, namely that suspects are deported to Algeria before they can be brought to justice in France.
"Justice must be spoken in this case in France," Comte added.
Earlier French proceedings in the case had been stopped in 1993, at the request of a public prosecutor, but civil action was pursued by Mecili's family.
Hassani, who is in charge of protocol at the Algerian foreign ministry, was mentioned in a book published by journalist Michel Naudy in April 1993, who had cited two witnesses.