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Old 10th June 2007, 13:07
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La sécurité néonatale en question en Algérie



Gestion de la politique de santé : à contre-courant des objectifs du millénaire

Dimanche 10 Juin 2007 -- Les difficultés vont aller crescendo avec la croissance des besoins de santé et une prise en charge insuffisante de la demande, en termes de ressources humaines.

Les données de l’Office national des statistiques font état d’un accroissement de la population algérienne en 2006. De 500 000 personnes en moyenne au cours des dernières années, l’accroissement moyen s’est rapproché du seuil de 600 000 en 2006. Le taux d’accroissement s’est établi à 1,78% de la population, alors qu’il était tombé à 1,6% en 2004 et 2005.

À ce rythme, la population estimée à 33,5 millions en juillet 2006, 33,8 millions au 1er janvier 2007, sera de 34,4 millions d’habitants au 1er janvier 2008 et de 35 millions d’habitants début 2009. En réalité, en dépit de progrès indéniables, le taux de mortalité reste important. Le taux de mortalité infantile est de 26 pour 1 000 (dernier chiffre de l’ONS). Le taux de mort-nés et de décès néonatals, c'est-à-dire de 0 à 1 an est de 45 pour 1 000 : 80% sont des nouveau-nés. (0 à 28 jours), 80% meurent la première semaine. Pour 600 000 naissances, on enregistre 33 000 mort-nés. “La mortalité diminue lentement,” constate un spécialiste.

Fort de ces réalités, un Conseil de gouvernement a planché sur le dossier de la sécurité néonatale. Un programme national de périnatalité est mis en œuvre depuis avril 2006. “Pour que ce programme puisse prendre forme et atteindre les objectifs du millénaire, il faut développer les services néonatals à l’échelle du territoire national, donner une formation aux jeunes pédiatres…,” décide le conseil. Réduire la mortalité infantile de deux tiers et la mortalité néonatale de trois quarts, tel est l’un des objectifs du millénaire.

L’Algérie s’est engagée à l’atteindre. C’est un critère, faut-il le souligner, de bonne gouvernance. Dans ce domaine, les progrès en un mot sont lents. Il suffit de se rendre au service de néonatologie de l’hôpital Mustapha-Pacha pour se rendre compte de l’insuffisante prise en charge de la question.

C’est un service de référence à l’échelle du territoire national. Ce service hospitalo-universitaire hospitalise près de 1 600 nouveau-nés, couvre les besoins de la maternité de cette importante infrastructure de santé qui enregistre 6 000 naissances par an. Le service de néonatologie reçoit beaucoup de prématurés, une tendance naturelle en évolution (26 petits poids en 1998 contre 66 aujourd’hui), en raison, entre autres, de la procréation médicalement assistée, de facteurs socioéconomiques, du stress…

Un problème national de ressources humaines

Ce service, qui joue un rôle capital dans la survie des nouveau-nés hospitalisés, en particulier les prématurés, enregistre de graves insuffisances. Principale carence, les ressources humaines. “Les maternités sont désertées par les pédiatres. La formation des jeunes pédiatres est insuffisante pour prendre en charge la catégorie la plus vulnérable des enfants, lutter contre la mortalité infantile, la mortalité néonatale. C’est un problème national,” constate le professeur Boulebane, chef de service néonatologie à l’hôpital Mustapha-Pacha. Cette insuffisante formation va avoir un effet négatif, un manque de savoir-faire dans la prise en charge d’un bébé, une prise en charge inadaptée peut entraîner des handicaps, avertit le professeur.

En d’autres termes, il faut bien former les pédiatres, les affecter en nombre suffisant pour les services de néonatalogie si l’on veut lutter contre la mortalité néonatale, atteindre les objectifs du millénaire en la matière. Il y a des pédiatres qui n’ont jamais vu de nouveau-nés dans leur cursus. La sécurité néonatale passe par une formation adéquate du personnel médical, résume-t-il.

Prendre en charge un prématuré suppose pour un pédiatre au moins un an de formation dans un service de néonatologie. Or, les effectifs des pédiatres affectés à ces services sont peu nombreux, insuffisamment formés et peu motivés pour y exercer de façon durable.

“Les moyens humains dans les services de néonatologie sont insuffisants par rapport aux normes établies,” martèle ce spécialiste.

Le professeur Lebane développe dans son service la méthode kangourou. C’est le seul service de néonatologie qui l’applique sur le territoire. Vingt-cinq pays seulement, dont l’Algérie, la pratiquent dans le monde. En dépit d’une directive datée d’avril 2006, appelant à systématiser cette technique à l’échelle du territoire national, aucune structure hospitalière, aucun service de néonatologie ne pratiquent cette méthode en dehors de l’hôpital Mustapha-Pacha. Quels sont les bienfaits de cette méthode ? En privilégiant le contact direct mère-nouveau-né de petit poids ou prématuré, elle favorise la croissance rapide du bébé. Le professeur cite le cas d’un bébé qui avait à sa naissance un poids de 1,1 kilogramme et qui se retrouve après la pratique de la méthode kangourou à 11 mois à 9 kilogrammes et 75 centimètres, soit davantage qu’un enfant né à terme. Sur 250 bébés ayant subi cette méthode, le taux de succès est de 100% (en termes de survie et de croissance).

Ce qui lui fait dire que cette méthode est l’avenir de la médecine algérienne, d’autant qu’on va vers de sérieuses difficultés : le nombre de prématurés va augmenter, comme dans tous les pays du monde. On enregistre déjà 70 000 prématurés par an.

L’Algérie doit faire face à cette pression, qui définit les nouveaux besoins en santé publique, alerte-t-il. Cette pression prévisible se mesure aussi au nombre de femmes en âge de procréer (10 millions) et de mariages déclarés (300 000 en 2006, contre 280 000 en 2005), créant de nouveaux besoins économiques et de santé.

En fin de compte, on réduira rapidement la mortalité en développant, entre autres, les services de néonatologie, efforts qui vont dans le sens d’une bonne gouvernance du pays.

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Old 3rd July 2007, 09:02
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Des médecins qui recrutent des parturientes à l’hôpital. Des prix exorbitants pratiqués par les maternités privées. Voilà quelques anomalies relevées parmi tant d’autres:

Mardi 3 Juillet 2007 -- Le manque de place dans les maternités des grands CHU du pays est une évidence, car la majorité des futures mamans préfère ces structures où officient des hospitalo-universitaires et des spécialistes ayant acquis une grande notoriété. De toutes les régions d’Algérie, des parturientes viennent accoucher dans les grandes villes où elles pensent trouver des spécialistes en gynécologie et des conditions d’hygiène faisant réellement défaut dans les établissements de santé (quand ils existent) dans les wilayas et les daïras de l’intérieur du pays.

Pour faire face à ce flux important de femmes venant accoucher, les directeurs des CHU n’ont d’autre choix que d’augmenter le nombre de lits, mais comme les structures ne sont pas extensibles à souhait, le recours à des hospitalisations sur des matelas à même le sol est monnaie courante, surtout en été. “Les femmes programment leur accouchement pour les faire coïncider avec les grandes vacances”, nous a affirmé un jour le directeur d’un CHU d’Alger.

Cette situation pousse les praticiens à refuser des parturientes, quand bien même la loi sanitaire obligerait toute structure de santé disposant d’une maternité de prendre en charge une femme sur le point d’accoucher : il s’agit d’une urgence. Ces praticiens spécialistes du secteur public, qui exercent aussi dans le privé (la loi sur le temps plein complémentaire le leur permet), n’hésitent pas à orienter les parturientes vers les cliniques où ils travaillent, deux demi-journées par semaine, mais peu nombreux sont ceux qui respectent cette clause.

Selon les règles établies par les cliniques privées, les gynécologues qui recrutent leurs propres patientes bénéficient d’honoraires plus conséquents. Devant l’urgence et s’agissant de l’imminence d’un heureux événement, les futurs papas sont disposés à payer ; ils ne souhaitent que deux choses : que l’épouse soit sauvée et que l’enfant naisse en bonne santé. Dans les cliniques privées, le paiement se fait avant l’hospitalisation et il est spécifié que la somme avancée ne couvre pas les complications qui peuvent éventuellement survenir.

Une fois hospitalisée, la parturiente est alors considérée juste comme une cliente : tout est fait pour “saler la note” et la garder le moins possible. Pour rentabiliser leurs blocs opératoires, les patrons des cliniques (pas toujours des médecins) incitent les gynécologues à pratiquer le plus de césariennes possibles, et même lorsque cela n’est pas indiqué. En effet, un accouchement normal peut durer jusqu’à 4 heures, voire plus, en salle de travail, alors qu’une césarienne est pratiquée en 30 minutes et elle est facturée beaucoup plus cher. Souvent, quand le mari vient pour faire sortir son épouse et son nouveau-né, un supplément lui est exigé et dans certains cas, quand il n’a pas la somme sur lui, la femme et le bébé sont gardés “en otages”. Ils ne quitteront la structure qu’une fois le paiement effectué dans sa totalité.

Ces mêmes cliniques privées évacuent les parturientes présentant des complications vers les CHU et les maternités des secteurs sanitaires qui sont les seuls à disposer d’un plateau technique adapté pour ces cas difficiles. Devant l’urgence, les hôpitaux sont contraints de prendre en charge gratuitement ces femmes venant de cliniques privées où elles avaient payé cher pour être soignées.

Ces péripéties n’arrivent pas uniquement aux femmes ne trouvant pas de lits dans les hôpitaux publics, mais aussi à certaines, préférant le relatif confort offert par les cliniques privées et qui se trouve être le plus souvent juste un leurre. Les cliniques privées n’existent alors que pour encaisser l’argent et réaliser des césariennes non compliquées ? Normalement, lorsque des cas similaires se présentent, les hôpitaux publics sont en droit de facturer les frais de prise en charge à la clinique qui doit être assurée pour parer à ce genre de situations. Nonobstant ces comportements contraires à la déontologie médicale, il n’en demeure pas moins que certaines cliniques privées (elles sont malheureusement rares) font honneur à la médecine et leurs praticiens respectent à la lettre le serment d’Hippocrate.

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Old 3rd July 2007, 15:50
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Mardi 3 Juillet 2007 -- Lorsqu’on parle d’accouchement à Annaba, deux questions se posent à chaque fois : le lieu et la méthode. Le premier sous-entend l’endroit de l’accouchement, soit dans un CHU, soit dans les cliniques privées. La méthode concerne soit surtout la césarienne ou l’accouchement par voie normale. Notre enquête sur le terrain a permis d’avoir une idée plus au moins précise sur les “mécanismes” de la naissance, version Annaba.

Il y a des familles qui préfèrent les cliniques privées, celles considérées comme aisées. Même des familles bien modestes n’hésitent pas à s’endetter juste pour faire admettre la parturiente dans une clinique privée. Le stress, la peur et la mauvaise image qu’ont les gens du service public les font donc décider d’opter automatiquement presque pour la clinique privée. Du côté du CHU, ceux qu’on a rencontrés au cours de nos investigations mettent en avant le côté pécuniaire. “Si j’avais le choix, je ne mettrais jamais les pieds dans cet hôpital et j’opterais évidement pour une clinique privée”, a avoué Mme K. C. qu’on a rencontrée au niveau du CHU Ibn-Roch de Annaba, et qui est venue de Souk-Ahras.

Si cette patiente a pu accoucher par voie basse, Madame D. N. a dû subir, par contre, une césarienne sur les mêmes lieux. En parlant de son accouchement, elle ne semblait pas convaincue de ce qu’elle a eu à “subir” . “Je ne sais pas si les médecins étaient obligés de faire une césarienne, mais en tout cas c’est ce qu’ils m’ont affirmé”, dira-t-elle avant de continuer : “D’ailleurs l’échographe était en panne, donc je ne sais pas comment ils pouvait le savoir. Je crois qu’ils ne voulaient prendre aucun risque, c’est pourquoi ils ont opté pour la césarienne.”

Pour les frais qu’elle a dû payer pour ses trois jours d’hospitalisation, elle nous a déclaré qu’elle a déboursé la somme de 800 DA. Une somme qui est très loin des prix pratiqués dans les cliniques privées devenues “spécialistes” des césariennes. Ainsi, pour Abdelhafid Fridjat, le directeur général de la clinique privée Les Jasmins : “On ne prend pas de risques. C’est une tendance et c’est tout à fait normal. Il y va de la vie des mères et de leurs enfants. Dès qu’on voit qu’il y a un risque, on fait une césarienne. D’ailleurs même les patientes demandent cela maintenant.”

Le Dr Aïssaoui, DG de la clinique Al-Farabi, abonde presque dans le même sens : “C’est une tendance qui n’est pas spécifique à notre pays. Grâce aux moyens de dépistage, on a pu diminuer les retards psychomoteurs et, du coup, cela se reflète sur la qualité de l’enfant. D’ailleurs, la plupart des gens choisissent les cliniques privées à chaque fois qu’ils sentent une complication ou un risque.” De son côté, le Dr Mizi, DG de la clinique El-Djazaïr, a insisté pour dire que “notre établissement tient avant tout à éviter une césarienne automatique. On fait tout notre possible pour l’éviter et on est fiers de cette manière de travailler”.

Question chiffres, les statistiques diffèrent d’un établissement à un autre. Le CHU Ibn-Rochd ne peut être classé à la même enseigne que les établissements privés, et cela pour plusieurs raisons ; en se référant aux résultats suivants, on peut avoir une idée sur cela. Il renferme le service de maternité obstétrique le plus sollicité de la région.

Régulièrement, il reçoit les urgences des hôpitaux des wilayas limitrophes, Guelma, Souk-Ahras et El-Tarf. Sa moyenne est de 50 naissances quotidiennement dont 15% par césarienne.

En 2006, environ 13 000 naissances ont été enregistrées au niveau du CHU. Cette année, il est attendu 1 000 de plus. Al-Farabi enregistre presque, selon le Dr Aïssaoui, le même pourcentage de césariennes par rapport au total des accouchements. “Nous avons environ 13% de cas de césarienne sur les 300 accouchements annuels qu’enregistre la clinique. Il y a une vingtaine d’années, on enregistrait 6% seulement de césariennes et cette augmentation est surtout due à l’amélioration des conditions et de l’utilisation de moyens adéquats”, affirmait le premier responsable de cette clinique. Les chiffres d’El-Djazaïr donnent un taux de césariennes beaucoup plus important que ceux annoncés par le CHU et Al-Farabi.

Ainsi, pour les 5 premiers mois de 2007, il y a eu 140 accouchements parmi lesquels on a noté 52 césariennes. Ce qui équivaut à un peu plus de 37%. Du côté de la clinique Les Jasmins, les chiffres qu’on nous a donnés sont encore beaucoup plus importants. En 2006, c’était un peu plus de 69% (159 sur 230), alors que durant les cinq premiers mois de 2007, le pourcentage des césariennes par rapport aux accouchements a été de presque 61% (93 sur 153). La question des prix est évidement d’une importance primordiale. Si au CHU le prix d’un séjour pour accouchement oscille entre 300 DA (pour un accouchement par voie basse), et celui d’une césarienne de 800 DA (moyenne de trois jours d’hospitalisation), dans les cliniques privées ces prix sont en augmentation de… plus de 6 000%.

En effet, dans les cliniques privées, la moyenne est de 18 000 DA pour un accouchement par voie base et d’environ 50 000 DA pour une césarienne.

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Old 3rd July 2007, 15:56
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Mardi 3 Juillet 2007 -- Face à la fois à une affluence de plus en plus significative et à un déficit structurel en spécialistes au niveau des hôpitaux publics à travers le territoire de la wilaya, les cliniques et maternités privées sont devenues la destination obligée des patientes. Ces dernières préfèrent verser la somme de 10 000 dinars pour un simple accouchement et de 30 000 à 50 000 DA pour la césarienne afin d’éviter toute complication qui pourrait être mortelle vu l’état déplorable des prestations fournies dans les infrastructures publiques.

D’ailleurs, le mois dernier, une clinique privée à Constantine a procédé à la fermeture de ses portes pendant deux jours afin de pouvoir faire face au nombre élevé des parturientes qui a dépassé de loin la capacité réelle de l’établissement.

Pourtant, les prestations fournies par les cliniques privées sont à la charge du malade. Un accouchement doublé d’une nuitée dans une clinique privée est facturé entre 20 000 et 30 000 dinars, tandis que le coût d’une césarienne peut aller jusqu'à 50 000 dinars. Les bénéficiaires de l’assurance maladie sont remboursées à des taux n’excédant pas 1% dans les meilleurs cas à cause d’une réforme de la Sécu qui tarde à venir.

Selon les déclarations d’un gynécologue exerçant au niveau d’une clinique privée, plus de 170 accouchements sont effectués par mois, soit 5 à 6 par jour, alors qu’elle dispose, en tout, de 36 lits. Le spécialiste n’a pas caché le fait que les grossesses à risque sont évitées dans les établissements privés. La patiente est transférée vers la maternité du CHU Ibn-Badis ou l’EHS de Sidi-Mebrouk en cas de risque.

Selon ce médecin, le manque de moyens dans la prise en charge des bébés serait la cause directe de l’évacuation. Certaines sources du CHUC nous ont confié que la maternité accueille souvent des femmes qui ont déjà accouché au niveau d’une clinique privée, mais comme le suivi est payant, elles sont orientées vers les établissements publics. Une véritable tricherie qui pénalise le secteur public et démoralise les praticiens des hôpitaux étatiques.

Une autre sage-femme nous a révélé qu’il arrive qu’une parturiente passe à table alors qu’elle n’a pas besoin d’accoucher par césarienne. Le procédé, selon notre interlocutrice, est utilisé pour gonfler les recettes. Malgré les dépassements enregistrés dans ces cliniques, l’état critique des établissements publics ne fait qu’aggraver la situation au profit du secteur privé.

Car des parturientes sont souvent transférées vers les cliniques privées à cause du manque flagrant de gynécologues. “Certains cas nécessitent une prise en charge spéciale”, confirme une sage-femme. D’autant plus que la plupart des maternités des trois secteurs sanitaires, à savoir celui de Zighoud-Youcef, du Khroub et de Constantine, enregistrent un manque de spécialistes.

À l’exception de la maternité de Sidi-Mebrouk, qui compte 80 lits et celle du CHUC avec une capacité de 50 lits, l’ensemble des services de maternité des autres communes ne fonctionne qu’avec des généralistes. Une situation alarmante qui a nécessité le renforcement du personnel de la maternité du CHUC par des gynécologues chinois.

En effet, le ministère de la Santé, pour pallier le déficit chronique au sein de ce service, a choisi, dans le cadre d’une convention entre les deux pays, d’installer des Chinois au sein de la maternité. Le CHUC a recensé l’année dernière 14 000 accouchements dont 3 500 par césarienne, soit un taux d’occupation de lits de 2,4%. C’est comme une usine qui fonctionne avec un taux de rotation de 3, soit l’équivalent du système 3 fois 8 dans le bâtiment.

Une charge importante assumée par des généralistes dans des conditions des plus difficiles. Interrogé à ce propos, le directeur de la santé de la wilaya de Constantine n’a pas caché la gravité de la situation au niveau de ces services sensibles où la plupart des médecins n’assurent pas les gardes. Selon ses propos, “si chaque gynécologue assurait deux gardes par mois, le problème serait résolu”. Le même responsable a précisé, à maintes reprises, que le problème de recrutement et de la disponibilité des postes budgétaires demeure un véritable casse-tête.

En dépit des chiffres éloquents avancés pour la wilaya de Constantine, à l’exemple d’un médecin pour 458 âmes, un dentiste pour 1 121 habitants et un pharmacien pour 3 103 personnes, la réalité représente un écart important entre le chef-lieu de wilaya et les autres communes. Le recours à l’embauche par la voie du préemploi où 150 médecins, toutes catégories confondues, exercent n’a pas résolu le problème.

Pour la DSP de la wilaya de Constantine, l’année 2007 sera celle d’une remise à niveau de tout le secteur à travers la réduction des évacuations médicales des autres wilayas de l’ordre de 70%. En plus de la révision des affectations des spécialistes au profit des centres de soins éloignés.

Par ailleurs, la dotation des maternités de plus de ressources humaines et matérielles afin de freiner l’hémorragie vers les grands centres urbains s’avère plus que nécessaire, pour les responsables du secteur.

Des suppositions qui n’ont pas été concrétisées jusque-là au détriment de la population.

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Old 3rd July 2007, 16:02
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Mardi 3 Juillet 2007 -- Ils étaient 28 896 nouveau-nés à Oran en 2004. Une année plus tard, 29 449 bébés ont poussé leur premier cri dans les blocs d’accouchement locaux. Des statistiques qui renseignent sur un marché où le privé et le public essayent de se placer.

De l’avis unanime, l’accouchement dans une structure publique à Oran relève plus d’une aventure, parfois douloureuse, que d’un acte médical à proprement parler. Les témoignages convergent tous vers une condamnation d’un secteur coupable de médiocrité et de laisser-aller au détriment des cliniques privées qui se multiplient dans le champ sanitaire local. Malgré la multiplication par deux des tarifs pratiqués, dix ans auparavant, les couples hésitent de moins en moins à se tourner vers le privé en vue de s’épargner toutes les difficultés rencontrées lors d’un premier accouchement dans une maternité publique.

Même si l’on est loin de la désaffection du secteur étatique, les femmes enceintes sont de plus en plus nombreuses à économiser pendant de longs mois pour se payer un accouchement dans les services privés d’obstétrique-gynécologie. Cette constatation trouve toute sa mesure chez les femmes qui travaillent et qui, parfois, contractent des prêts pour l’occasion, certaines de rembourser les dettes sur le congé de maternité. Des 2 millions de centimes pour un accouchement classique aux 5 millions de centimes pour la césarienne, les cliniques privées oranaises offrent tout un assortiment de services, allant de l’accouchement sous péridurale à la ligature des trompes qu’on ne trouve pas forcément dans les trois maternités publiques que compte la ville d’Oran.

Cependant, nonobstant quelques améliorations constatées dans les maternités publiques, le constat est affligeant et la première expérience fait craindre d’autres accouchements pour la femme. Radia, 39 ans, enseignante dans un lycée à la périphérie d’Oran, se souvient avec amertume de son deuxième accouchement qui a eu lieu à Sainte-Anne, une maternité publique au centre-ville, fermée entre temps. “J’étais prête à accoucher aux environs de 2h du matin et la sage-femme, de service cette nuit-là, m’a laissé souffrir des contractions jusqu’au petit matin lors de la relève où la nouvelle sage-femme m’a prise en charge.”

Ces témoignages sont légion et les patientes souffrent davantage du peu de considération qui leur est accordé par le staff médical. “Une malade a été admise dans la même chambre que moi et parce qu’elle était pistonnée, toute une équipe de blouses blanches s’était réunie autour d’elle pour la faire accoucher, un quart d’heure seulement après son admission”, poursuit Radia. Même la prise en charge du nouveau-né laisse à désirer, alors que dans les cliniques privées, sitôt l’accouchement fini, un pédiatre examine le bébé.

Les patientes à même le sol, le fil chirurgical et les seringues à ramener dans ses bagages, le désintérêt à la limite du mépris que rencontrent certaines patientes dans les couloirs de la maternité, l’état des toilettes lorsqu’elles existent, ne sont plus un secret et malgré tous ces “inconvénients”, des femmes ne peuvent, faute de finances, faire abstraction des structures médicales publiques. “Il faut impérativement avoir un parent ou un voisin dans le corps médical et de sérieuses recommandations pour s’en tirer sans séquelles psychologiques d’un séjour dans la maternité du CHU”, ne cessent de répéter les patientes qui ont eu à passer, un jour ou l’autre, dans ce service.

Pour Kader, 38 ans, agent de bureau dans une administration, le dilemme est grand entre le privé et toutes ses commodités et le public avec toutes ses insuffisances. “Je ne sais plus quoi penser, ma femme qui en est à sa deuxième grossesse ne veut plus accoucher chez le public même si sa première expérience s’est plutôt bien passée dans la maternité d’El-Mohgoun grâce à des connaissances”, avouera-t-il. Son appréhension réside dans les complications qui peuvent survenir au bloc et dans le coût supplémentaire que cela engendre. “J’ai appris qu’en cas de complication, on évacue la malade vers l’hôpital, alors !”

D’autres femmes semblent avoir trouvé une alternative aux deux choix en jeu en se tournant vers les cabinets des sages-femmes. Même si elles ne sont pas nombreuses à exercer à leur propre compte, elles sont quelques-unes à disposer d’une certaine clientèle. Malika, 35 ans, fonctionnaire a accouché de son deuxième enfant dans un cabinet d’une sage-femme exerçant à Hassi-Bounif. “Mon premier accouchement s’est très bien passé, alors j’ai pensé que pour le deuxième il n’y avait pas mieux que la sage-femme.” Malika privilégiera le coût de l’acte, 4 000 dinars, la proximité et la réputation de l’accoucheuse. Et elles sont de plus en plus nombreuses à réfléchir sérieusement pour cette option abordable à plus d’un titre.

Entre les tarifs jugés prohibitifs des cliniques privées, la nuitée d’accompagnement est facturée jusqu’à 3 000 dinars, le manque de moyens et l’absence d’humanisme dans les couloirs du public et l’émergence des cabinets de sages-femmes, le secteur de l’accouchement à Oran se cherche toujours une nouvelle voie à même de satisfaire tout le monde.

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Old 3rd July 2007, 16:08
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Djaffar Amrane :

Mardi 3 Juillet 2007 -- Quelle soit publique ou privée, la médecine demeure avant tout un acquis pour le pays et une garantie de prise en charge pour ses citoyens. Eu égard à son volet spécifique, car touchant à ce que l’être humain à de plus cher : la santé, la médecine est censée soulager la douleur, guérir et aider les femmes à accoucher, loin de tout calcul mercantile. Le praticien a été vénéré depuis la nuit des temps, car il n’exerce pas un métier mais un véritable sacerdoce, et si la rétribution qu’il reçoit est appelée honoraires, c’est pour bien le distinguer des autres activités commerciales.

Pourtant, en Algérie, une nouvelle catégorie de médecins est en train d’apparaître : des praticiens beaucoup plus attirés par l’appât du gain que par les satisfactions que procure l’art médical, déontologiquement pratiqué. Les raisons de cette dérive sont multiples : des salaires bas dans le secteur public, des conditions de travail médiocres et l’environnement social caractérisé par l’enrichissement rapide d’une nouvelle classe sociale.

Déçus par ce statut, et souvent nargués par d’ex-camarades de classe, devenus milliardaires sans avoir fait d’études, des praticiens sont tentés de franchir le Rubicon de la légalité pour mettre du beurre dans leurs épinards. Mais est-ce la seule explication ? La science ne se monnaie pas et les médecins sont tenus de revenir au “serment d’Hippocrate” qui les oblige à prendre en charge le riche, comme… le pauvre.

Nous constatons, de plus en plus, l’émergence de deux médecines : l’une pour les nantis, dans les cliniques privées et l’autre pour les “laissés-pour-compte”, dans les structures étatiques. La politique de l’autruche adoptée par les pouvoirs publics encourage les médecins peu scrupuleux à se faire de l’argent facile sur le dos des malades. Si les mêmes pouvoirs publics avaient légiféré en faveur des mêmes honoraires dans les secteurs public et privé, il n’y aurait certainement pas eu l’apparition de cette médecine “hors la loi” dans les cliniques.

Quant aux pauvres, une structure, à définir, devra disposer d’un budget spécifique pour payer les soins de cette catégorie de citoyens, prodigués par l’hôpital ou les établissements privés. Cela mettra de l’ordre dans un secteur en passe de devenir un véritable “pandémonium” alors qu’il doit être au-dessus de tout soupçon.

Par ailleurs, l’État pourra alors mieux gérer ses programmes de santé et recouvrer ses impôts. Pour le moment, l’argent circule à flots dans les cliniques, en dehors de tout contrôle. Cela dit, le diplôme de médecin ne doit pas aussi être assimilé à une condamnation aux travaux forcés à perpétuité en faveur de la nation. L’État est dans l’obligation d’assurer des salaires conséquents aux praticiens pour les mettre à l’abri de toute tentation.

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Old 13th July 2007, 02:39
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July 12, 2007 -- Algerian Ministry of Health Population Director Nacera Kechad said her country "has made great progress in the field of maternal and infant health," on Wednesday (July 11th), on the occasion of World Population Day. She also judged that "5% of endangered pregnancies could be saved thanks to better care from specialists and paramedic bodies for pregnant women."

United Nations Population Fund Representative Souileh Anan pointed out the inequalities that exist between various regions of the country. He compared Annaba's 30 deaths per 100,000 live births to Adrar's 230. Nonetheless, he said, "Maternal and infant health have improved a great deal. Mortality among pregnant women fell from 500 deaths per 100,000 live births in 1962 to 230 deaths per 100,000 births in the 1980s." Anan said those figures dropped to 117.4 in 1999 and 88 in 2006.

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