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  #15 (permalink)  
Old 22nd October 2007, 05:52
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Wassila Zegtitouche :


De nos jours, pour de nombreuses femmes enceintes, accoucher constitue une épreuve tellement difficile que beaucoup d’entre elles ont subi des traumatismes qui les ont marquées à vie. Désormais, le temps où le malade se livrait en toute confiance aux mains des médecins est bel et bien révolu. Donner la vie aujourd’hui est devenu un acte qui fait peur aussi bien au futur papa qu’à la maman…

Lundi 22 octobre 2007 -- Il y a quelque temps, une femme a subi le calvaire dans un hôpital public à Alger. Un accouchement au forceps s’imposait. Malheureusement cet acte tournera à l’horreur. L’appareil génital de cette pauvre femme sera détruit. La sentence tomba : «Votre femme ne pourra plus avoir d’enfants.» Depuis, nous dira son époux, «ma femme, qui, autrefois, était belle et pleine de vie, s’éteint de jour en jour. Son corps s’affaiblit et elle n’accepte pas le fait de ne plus pouvoir donner la vie». Voilà l’histoire d’un jeune couple qui ne pourra plus jamais avoir d’enfants. Des accouchements qui tournent mal se comptent par centaines.

Énormément touchés par le récit de ce papa qui a vu sa vie se transformer en cauchemar, nous décidons d’aller voir de plus près ce qui se passe réellement dans ces lieux publics censés initialement donner la vie. Nous nous rendons donc à l'hôpital de Béni-Messous. Une fois sur les lieux, nous évitons de décliner notre profession afin de passer inaperçus. A première vue, le service des urgences de gynécologie et obstétrique offre un semblant d’ordre. Adossés à un mur de la salle d’attente, il nous suffit de «tendre l’oreille» pour découvrir les dessous insolites d’une maternité. Une dizaine de femmes enceintes attendent avec lassitude leur tour. Elles narrent, tour à tour, l’histoire d’un accouchement difficile, d’une ségrégation ou d’une maltraitance, vécus dans l’une des maternités algéroises. Avoir une connaissance, plus communément une «maârifa», est le «mot-clé», pour pouvoir bénéficier de la meilleure des prises en charge.

“Repassez, il n’y a rien à voir”

Horrifiés par certains récits, décrivant l’état des lieux et surtout le traitement réservé aux patientes, notre curiosité va en s’attisant. Nous attendîmes l’heure de visite pour accéder à la maternité. Il est indiqué que les horaires de visite sont fixes et limités. Afin de les faire respecter, la porte d’accès à ce service est fermée la matinée. Une manière de faire régner «l’ordre». A 13h, les visiteurs commencent à se regrouper devant les urgences. L’anarchie et les premières altercations font leur apparition. Sans nouvelle de leurs femmes, des maris inquiets haussent le ton. Un véritable bras de fer est engagé entre ces derniers et les agents chargés de la sécurité.

La porte s’ouvre à 13h25... C’est la bousculade. Toute cette foule en furie emprunta alors l’escalier pour accéder à l’étage. Encouragés par deux femmes, nous faisons le tour du propriétaire. Au niveau du service maternité, l’anarchie est totale. Des va-et-vient interminables dans le long couloir où s’entremêlent femmes enceintes, visiteurs et personnel hospitalier. Le brouhaha est tel qu’on se croit dans un stade de football ! Plusieurs mamans attendent devant la salle d’accouchement. Les youyous stridents annonçant l’arrivée d’un bébé masquent des cris provenant de cette même salle. Les chambres sont bondées de visiteurs.

Nous sommes terriblement secoués par l’insalubrité des chambres. Des chambres de deux et trois lits vétustes. Chaque lit, initialement prévu pour une personne, en contient deux. Censées trouver le repos et le réconfort après une dure «délivrance», ces mamans se retrouvent obligées à «partager» leur lit. D’autres femmes qui attendent péniblement le moment d’accoucher, sont aux aguets. Debout dans le couloir, elles attendent qu’une «place» — dans un lit — se libère. Au moment de la sortie, les accouchées et leurs bébés quittent l’«endroit», emportant avec elles leur literie. Ceci dénote du non-respect de la décision de Amar Tou. Entrée en vigueur il ya une année, celle-ci interdit aux familles des malades hospitalisés de faire entrer de la literie et de l’alimentation dans les établissements hospitaliers.

Pour les besoins de notre enquête, nous tentons de nous rapprocher d’un bonhomme en blouse blanche usée. Il sortait d’un bureau dont la porte portait l’inscription «chef de service». Probablement pas le chef de service... Ce dernier nous rabroue sur-lechamp, en usant de termes qui dénotent une grande nervosité mêlée à de la lassitude : «Vous n’avez pas le droit de pénétrer dans ce service sans l’autorisation du ministère. Et puis pourquoi venir enquêteur ici, allez voir plutôt du côté de ceux qui ont appauvri le peuple.» La sentence est implacable. Il nous faut déguerpir avant l’arrivée des agents de sécurité. Tout en nous dirigeant vers la sortie, nous rembobinons les propos de cette personne. Il y a tout de même du vrai…
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Old 22nd October 2007, 05:53
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continued.....

Alger, la «kibla» de 47 wilayas

Deuxième halte : l’hôpital Mustapha, l’une des plus vieilles structures hospitalières de la capitale. C’est une sorte de «kibla» pour toutes les wilayas du pays. Face au manque de moyens et de personnels qualifiés dans les différentes régions du pays, des centaines de malades sont orientés vers ce centre hospitalier, «saturé». Ici, le même scénario se répète. Interrogé sur l’état de ce service, une employée au CPMC nous révélera l’état désastreux des lieux. «Personne ne s’en cache, c’est désastreux», lance-t-elle. Acharnée, cette jeune employée n’hésite pas à donner libre cours à sa colère. C’est l’absence totale d’hygiène et de conscience professionnelle. Des femmes sur le point d’accoucher sont livrées à elles-mêmes. Après avoir averti maintes fois et à haute voix l’arrivée imminente de son bébé, sa poche d’eau ayant éclaté, une femme aurait même accouché dans la salle d’attente. Elle a été soutenue par des femmes qui se trouvaient dans le même état. Elles attendaient leur admission.

Selon des témoignages, la sage-femme de service avait fait la sourde oreille, car elle n’avait pas pris au sérieux les appels de la pauvre femme. Finalement, cette dernière et son bébé s’en sortirent bien. Un miracle. On évoque aussi, la présence de patientes séropositives qui viennent accoucher, sans que des précautions et de mesures de sécurité soient prises. La situation est des plus alarmantes sur les lieux. Un véritable «souk», disent la majorité des patientes rencontrées sur les lieux. Les services de maternité ressemblent à un grand «bazar» ou brouhaha et allées et venues font bon ménage.

Admise à ce service à 5h du matin, suite à des contractions, cette jeune femme attend d’accoucher. Nous ayant identifiés, elle nous supplie de faire quelque chose pour l’introduire dans la salle d’accouchement. «Vous verrez, c’est infect», nous certifie-t-elle. Et d’ajouter : «Je me demande comment se déroulera mon accouchement dans de telles conditions sanitaires.» Elle nous raconte que lors de l’examen préliminaire effectué à son arrivée au service maternité : «La table d’accouchement encore pleine de sang et de déchets organiques. Une femme venait juste d’accoucher. La sage-femme m’a demandé de m’installer sur cette même table ! Vous vous rendez compte !! Ils ne prennent même pas la peine de nettoyer. »

A leur tour, des responsables refusent de s'exprimer allant jusqu’à nous exiger à l’instar de ceux de Béni-Messous l’autorisation du ministère. Tout le monde est unanime à affirmer que le secteur de la santé publique ne sait plus où donner de la tête. Les CHU et les centres spécialisés de la wilaya d’Alger se retrouvent «dépassés». Les arrivées massives des autres wilayas vers ces hôpitaux sont l’une des raisons de cette décadence de ces structures. A cela s’ajoute la démobilisation du personnel en place et ce, pour diverses raisons. Les conditions de travail lamentable et portant atteinte au symbole de la profession, la faiblesse des salaires et l’indiscipline font que tout le monde s’en fout. A ce titre, le ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière a déclaré en janvier dernier que «la gestion hospitalière et la maintenance des équipements demeurent les deux points noirs» de ce secteur. Sans oublier le statut du personnel paramédical. Le secteur a du pain sur la planche !

Des maternités axphyxiées

Abordant le problème de la surcharge des services de maternité, les responsables mettent cela sur le dos du secteur. «Allah ghaleb, nous ne pouvons refuser toutes ces femmes orientées vers nos structures. L’Etat devrait construire de nouvelles infrastructures pour répondre à la demande», s’exclame-t- on à Béni-Messous. Effectivement, les infrastructures existantes sont saturées, très anciennes et enregistrent un manque en matière de gestion des équipements. Offrant une capacité d’accueil de 50 lits, la maternité de Béni-Messous se retrouve à pratiquer près de 120 accouchements par jour, apprend-on. Ce constat est identique dans les autres maternités.

Afin de soulager un peu le service de cet hôpital «la réalisation d’une nouvelle structure communiquant avec l’actuelle maternité est en phase d’étude», avons-nous appris. D’une capacité de 20 lits, cette dernière sera dotée d’un service d’urgences. Interrogé sur les mauvaises conditions sanitaires, notre interlocuteur «déculpabilisera» le personnel hospitalier. Selon lui, le manque de civisme des patients et visiteurs y est pour beaucoup. «Une patiente peut recevoir jusqu’à une dizaine de visiteurs en une journée. Multipliez par quatre ou six, selon le nombre de patientes par chambre…», s’insurge-t-il. Comment voulez-vous que les mamans se reposent ? Qu’il n’y est pas d’infections qui se propagent ?

Sage-femme : l’éternelle accusée

L’Algérie a tout de même réussi à se placer à la 145e position en matière de mortalité infantile. Un bond réalisé, non sans contraintes, grâce au programme de périnatalité et néonatologie initié en 2006. Le grand rôle est attribué à la sage-femme dans l’accomplissement de ce programme. Pourtant, des doigts accusateurs se pointent vers elle. Tous les témoignages recueillis en font mention. Il est rapporté que cette dernière fait souvent preuve «d’incompétence, de manque de conscience professionnelle et surtout d’irrespect». Elle serait même à l’origine de certaines maltraitances. Plusieurs femmes assurent que lors d’accouchements, des sages-femmes «profèrent des obscénités et des méchancetés à leur encontre, les sommant de ne pas exprimer leur douleur». Les qualités censées se trouver chez une sage-femme, à savoir : capacité d'écoute, psychologie, résistance physique, disponibilité et diplomatie, seraient «en voie de disparition». Tout comme la profession d’ailleurs.

Interrogé sur ce phénomène, un responsable au niveau de l’hôpital Béni-Messous met cela sur le compte des mauvaises conditions de travail, de la fatigue psychologique découlant du plan de charge, des gardes de nuit et du stress. «Il leur arrive de travailler H24, dans des conditions lamentables», s’indigne-t-il. Ajoutez à cela, la faible rémunération et l’absence d’un statut. De plus en plus de sages-femmes préfèrent travailler dans le secteur privé. D’autres optent pour un service de protection maternelle et infantile (PMI). Elles s'occupent ainsi de prévention des risques et de conseils pour les mamans défavorisées.

Miser sur la formation

En formant et en encadrant des infirmiers et des étudiants en médecine, en d’autres termes, en effectuant le transfert de certaines compétences, il serait possible de mieux répondre aux besoins des patients et de diminuer le nombre des consultations et des hospitalisations. Un avis que partage ce responsable à l’hôpital de Béni-Messous. D’après lui, l’on devrait miser sur la formation et le recyclage du personnel médical et paramédical. Cette revendication demeure le cheval de bataille de la corporation. Pour ainsi dire, des personnels formés tels que aides-soignants, techniciens en hygiène, gardes-malades et agents viendront énormément aider et alléger le travail du paramédical. Un personnel qui mérite plus d’égards.

Tant que leurs conditions de travail et de formation ne seront pas améliorées, les personnels paramédicaux ne fourniront pas plus d’efforts, laisse entendre ce même responsable. Et la discussion nous a inévitablement versés dans la fameuse grille des salaires. «Vous parliez tout à l’heure de l’hygiène, il faudrait aborder, en parallèle la question des salaires», nous lancera-t-il. La responsabilité est également celle de l’Etat. En attendant, les couples les plus nantis préfèrent se diriger vers les cliniques privées. Là aussi, il y a vraiment à dire et à redire, si l’on tient compte des impressions recueillies ici et là auprès de femmes passées par là. Un constat qui, s’il venait à durer dans le temps, pousserait les couples à opter pour une stricte limitation des naissances, voire même à….
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Old 25th October 2007, 03:14
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Jeudi 25 Octobre 2007 -- D’évolution des activités de la maternité de Mériem-Bouatoura est allée cette dernière décennie crescendo. En effet, le nombre des admissions et des consultations ainsi que des accouchements a explosé. “Uniquement en matière d’accouchements, les services de la maternité ont comptabilisé pas moins de 17 000 durant l’année écoulée”, nous a révélé la directrice de cette structure hospitalière.

La maternité est en train de se muer en véritable usine à bébés, surtout si l’on considère que cette dernière accueille, non seulement la population de la wilaya de Batna, mais aussi celles de Khenchela, Oum El Bouaghi, Tébessa, Biskra, Oued Souf et Ouargla. Abordant la question, le directeur de la santé et de la population reconnaît que cette structure hospitalière tourne à plein régime. “Ses services pratiquent 50 à 60 accouchement et 10 à 15 césariennes chaque 24 heures”, attesta-t- il.

Et d’ajouter : “Les accouchements atteignent parfois des pics de 14 000 accouchements par an.” Dans le même contexte, la directrice de la maternité nous a affirmé que durant les derniers mois de juillet, août et septembre de l’année en cours, ses services ont enregistré respectivement 1 264, 1 188 et 1 156 accouchements. “Les mêmes services ont pratiqué 140 césariennes au mois de janvier, 119 en février, 152 durant mars”, dira-t-elle.

Ce travail est réalisé par une équipe composée de quatre gynécologues de nationalité chinoise et de deux réanimateurs algériens. Ainsi, le déficit des gynécologues dans la wilaya est manifeste et la norme d’un médecin gynécologue pour 17 000 habitants, est loin d’être remplie, sachant que les services publics comptent uniquement huit gynécologues, quatre à Batna, deux à Arris, un à Mérouana et un autre à N’gaous.

Cette situation lèse les malades en matière de prise en charge et la volonté de bien faire, devant ce déferlement de patientes, reste souvent inefficace. “Parfois, tout vous tombe en même temps et vous ne savez pas où donner la tête”, nous a confié une sage-femme.

Et la solution ? Elle est attendue dans la réalisation d’autres maternités, à l’image de celle de Aïn Touta et du renfort du nouveau contingent de gynécologues attendu, pour assurer une meilleure prise en charge sur les plans technique et humain.
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  #18 (permalink)  
Old 13th November 2007, 08:08
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53% des décès maternels ont une origine obstétricale directe :

Mardi 13 Novembre 2007 -- Invité hier au Forum d’El Moudjahid, le Pr Djamil Lebbane, chef du service de néonatalogie au CHU Mustapha Pacha à Alger, est revenu encore une fois sur les problèmes d’organisation et de coordination qui entravent la mise en application du programme national de périnatalité, lancé par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière en avril 2006. «Nous avons assez de moyens pour atteindre nos objectifs et même plus. Notre grand problème réside dans le manque d’organisation dans nos unités de soins.»

L’invité du Forum d’El Moudjahid axe son intervention sur le manque de coordination entre les différents intervenants dans l’accouchement et la prise en charge des femmes enceintes et des enfants nouveau-nés. «On dirait que chacun travaille pour son propre compte. L’obstétricien, la sage-femme, le pédiatre, le médecin appelé pour une éventuelle réanimation du bébé…»

Autre problème, le manque de formation en néonatologie : «Il y a insuffisance de formation en néonatalogie des futurs médecins. Nous devons faire vite de résoudre ce problème.» Encore une fois, le Pr Lebbane est catégorique : «Le ministère de la Santé a mis le paquet pour la bonne application de ce programme. Une enveloppe financière de 2,7 milliards de dinars a été dégagée pour une durée de trois ans. Notre handicap réside dans le manque de personnel qualifié.»

Parlant toujours de ce programme qu’il considère de «grande envergure», le Pr Lebbane regrette que l’Etat mette les moyens nécessaires mais que la société civile ne suive pas : «Ces deux problèmes concernent toute la société. Il faut que tout le monde prenne conscience de l’importance de ce programme et se mobilise pour sa réussite.»

Le Pr Lebbane rappelle que 53% des décès maternels auraient pu être évités : «Ces décès ont une origine obstétricale directe. Les causes sont la perte de temps, le diagnostic trop tardif et les lignes de conduite inadéquates. On pourrait bien les éviter pourtant…» Il estime à ce propos que «la généralisation des soins obstétricaux d’urgence est indispensable». Aussi, insiste-t-il, «il est nécessaire de développer le système d’information périnatale».

Pour rappel, le taux de mortalité infantile est estimé actuellement à 24,7 décès pour 1 000 naissances. Celui de mortalité maternelle à 88,9 pour 100 000. Les initiateurs du programme national de santé périnatale projettent de réduire ces deux taux à respectivement, 13 pour 1 000 et 29 pour 100 000 d’ici à 2015.

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  #19 (permalink)  
Old 13th November 2007, 22:47
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Mardi 13 Novembre 2007 -- Beaucoup de décès pourraient être évités dans les maternités et les services de néonatologie si un suivi de la mise en œuvre du programme national de périnatalité et de néonatalité était assuré par l’ensemble des services concernés, telle est la conclusion du professeur Lebane, représentant du ministère de la Santé qui a animé hier une conférence-débat entrant dans le cadre du forum d’El Moudjahid sur sa vulgarisation et sa promotion.

Si des progrès ont été réalisés dans la réduction de la mortalité infantile en Algérie — de 39 pour 1 000 naissances en 1999, on est passé à 26 pour 1 000 naissances en 2006 et 24 pour 1 000 en 2007 — elle reste importante. La moyenne est de 9 pour 1 000 naissances dans les pays développés. Ces chiffres sont à comparer avec le nombre de naissances (500 000 par an). Ce qui fait dire au professeur Lebane que le nombre de décès de nouveau-nés est beaucoup plus important que celui des accidents de la route (4 000 par an) en Algérie.

Avec les moyens dont dispose le pays, la mortalité infantile peut baisser de manière significative dans le pays, pour peu que les pouvoirs publics s’impliquent davantage dans la prise en charge de ce problème de santé publique, tel est le message. “On a les moyens, la capacité, on peut faire beaucoup de choses. Le problème de la mortalité néonatale est insupportable”, a-t-il martelé. Le professeur Lebane préside, notons-le, la commission nationale chargée de mettre en œuvre ce programme.

Il convient de signaler que la mortalité néonatale (de 0 à 6 jours) représente 80% de la mortalité infantile. À travers l’évolution de la mortalité infantile, on peut apprécier si les objectifs du millénaire sont atteints. Ils’agit de réduire de deux tiers le niveau de cette mortalité entre 90 et 2015, c'est-à-dire parvenir à 13 décès pour 1 000 naissances. C’est à cette fin qu’un programme de périnatalité, décidé par le chef de l’État en 2004, a été mis en œuvre.

Un plan triennal 2006-2009 est appliqué en ce sens, doté d’une enveloppe de 2,7 milliards de dinars pour atteindre cet objectif. À cette dernière échéance, les résultats seront évalués en vue de mesurer ce qui reste à faire pour réaliser un tel objectif. Il s’agit, entre autres, de mettre aux normes les services de néonatologie.

À l’appui de son argumentaire, l’orateur a cité un phénomène : l’âge moyen du mariage est de 33,5 ans pour le père et 29 ans pour la mère. L’avenir obstétrical des femmes se rétrécit donc. Les couples veulent peu d’enfants et plus rapidement. La grossesse devient ainsi de plus en plus précieuse en Algérie.

Par ailleurs, le professeur a mis en relief des contraintes qui freinent les efforts en vue de réduire la mortalité néonatale : l’absence de services néonatologie dans nombre de structures de santé à l’intérieur du pays, le manque de pédiatres dans les services de néonatologie, la formation insuffisante des pédiatres, l’insuffisante coordination entre les services de maternité et les services de néonatologie dans les hôpitaux, la méthode Kangourou (elle est efficace dans la prise en charge des prématurés de faible poids) peu systématisée en Algérie en dépit d’une instruction ministérielle.

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Old 25th November 2007, 03:15
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Old 1st December 2007, 12:53
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Samedi 1 Décembre 2007 -- Le Dr Mouloud Zemouchi, du service de gynécologie-obstétrique du CHU de Blida, a appelé hier à la nécessité d’éviter la césarienne dans le cas où le bébé se présente par le siège.

Lors du 11e congrès de gynécologie et obstétrique, le Dr Zemouchi a précisé qu’un bébé sur cinq se présente par le siège lors de l’accouchement et que certains bébés souffrent de traumatismes et de complications qui les accompagnent toute leur vie.

“Beaucoup de ces complications apparaissent le plus souvent après une césarienne d’autant que certains médecins ne sont pas formés dans le domaine et ignorent les problèmes liés à ces accouchements lorsque le bébé se présente par le siège”, a souligné la même source.

Le spécialiste a rappelé que dans 95 accouchements effectués à l’hôpital de Blida en 2006, les accouchements par césarienne ont reculé de 100% à 79% chez les primipares, de 27% pour les femmes qui ont déjà enfanté et de 60% chez les femmes ayant déjà accouché par césarienne.

L’intervenant a encouragé les médecins obstétriciens à suivre la même méthode, soit éviter la césarienne pour préserver la santé reproductive des femmes notamment les jeunes, car la césarienne limite le taux de procréation.

Les spécialistes ont évoqué les pathologies des femmes de plus de 40 ans, à avoir le prolapsus (descente d’organes), soulignant les différentes techniques de traitement de cette pathologie dont la ceinture.

Le Dr Zemouchi a imputé cette maladie à plusieurs facteurs dont l’âge de la femme, les accouchements fréquents, les accouchements dystociques et l’utilisation des forceps.

La même source a précisé que la médecine moderne est une médecine préventive qui a contribué à faire reculer cette maladie en Algérie. Il dira à titre d’exemple que le CHU de Blida a enregistré entre 50 et 60 cas de prolapsus.

Le Dr Iyad Souiti, gynécologue obstétricien à l’hôpital de Bologhine, a, pour sa part, souligné que les spécialistes traitent durant ce congrès annuel de deux jours des accouchements extra-utérins, leur traitement et la prise en charge des femmes enceintes diabétiques et hypertendues, ainsi que les nouveautés en matière de coeliochirurgie.

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