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  #8 (permalink)  
Old 4th August 2007, 04:11
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En Algérie, la mortalité maternelle, périnatale et néonatale enregistre 30 000 décès par an se plaçant devant les autres causes de décès telles que le cancer et les accidents de la circulation. 700 femmes décèdent annuellement. Quant à la prise en charge du nouveau-né, elle est défaillante selon les spécialistes qui affirment que 52 % des services de pédiatrie n’ont pas de couveuses et que 50 % de ces services fonctionnent uniquement avec des médecins généralistes:

Samedi 4 Aout 2007 -- Le binôme mère/nouveau-né constitue une population à risque par sa mortalité élevée et par l’impact des mesures préventives et les principaux facteurs de risque de morbidité et de mortalité qui restent les mêmes pour la mère et l’enfant. La grossesse et l’accouchement s’accompagnent de graves risques pour la santé, même pour les femmes n’ayant pas de problèmes de santé antérieurs. Environ 40 % de femmes enceintes connaissent des problèmes de santé imputables à la grossesse et 15 % souffrent de complications permanentes ou dont la vie est menacée.

Les chiffres restent loin de la réalité car les taux officiels de mortalité périnatale ne sont pas publiés par l’état civil. La mortinatalité figure sur les registres de l’état civil alors que la mortalité néonatale (précoce ou tardive) touche la tranche d’âge 0-1 an. Malgré les nombreuses lacunes relevées dans l’enregistrement et la déclaration des décès, on retiendra que le taux de mortalité maternelle est de 96,2 % pour 1 000 naissances vivantes. Quelque 700 femmes décèdent chaque année suite à des complications survenues lors de la grossesse ou l’accouchement. Pour chacun de ces décès, 30 à 100 femmes sont victimes d’affections aiguës, douloureuses entraînant souvent des handicaps permanents.

Par ailleurs, le taux de mortinatalité est de 25 % pour 1 000 naissances vivantes soit 15 000 décès par an et celui de mortalité néonatale précoce de l’ordre de 20 % pour 1 000 naissances vivantes, soit 12 000 décès par an. Le taux de mortalité périnatale est de 45 % pour 1 000 naissances (27 000 décès par an) alors que la mortalité néonatale s’élève à 25 % pour 1 000 naissances vivantes (15 000 décès par an). Il faut savoir également que la prématurité représente 10 à 12 % des naissances. Ainsi que pour chaque 4 enfants qui décèdent avant l’âge d’un an, 3 sont nouveaux-nés.

Pour ce qui est de mortalité maternelle, dans les statistiques sanitaires, les décès maternels ne sont recensés qu’au niveau du lieu d’accouchement et dans les services où la mère a été évacuée. Les décès qui surviennent à domicile ne sont pas exploitables. D’une manière générale, les spécialistes affirment que les décès surviennent dans 55 % des cas au niveau de l’hôpital, des structures de santé et dans le tiers des cas au niveau des CHU. Plus de la moitié des femmes décédées ont été évacuées vers ces établissements et parmi elles 57,3 % proviennent des maternités publiques. Près de la moitié des évacuations sont faites durant les heures de garde et le un quart des motifs d’évacuation concerne l’hémorragie génitale, la rupture utérine, le syndrome vasculo- rénal.

La moitié des décès surviennent souvent dans les 24 heures qui suivent l’accouchement et la majorité des décès sont survenus dans les 42 jours suivant l’accouchement. Les morts maternelles survenues durant la grossesse sont essentiellement en rapport avec les complications de l’hypertension artérielle puisqu’elles sont en cause, à elles seules, du tiers des décès. Les autres facteurs sont liés aux cardiopathies (25,5 %) et aux maladies infectieuses (9,2 %). Les décès lors de l’accouchement sont essentiellement dus à des dystocies (38 %), ruptures utérines comprises et dans une mesure moindre aux anomalies du placenta (12,7 %) et de l’hémorragie de la délivrance (11,3 %). Après l’accouchement, les premières causes de décès sont les hémorragies génitales (19,6 %), les septicémies puerpérales (17,6 %) et l’hypertension artérielle gravidique (13,4 %).

Les morts périnatales et néonatales résultent principalement de grossesses non ou mal suivies et de l’accouchement pratiqué dans de mauvaises conditions. Cependant, il est admis qu’actuellement nos centres de santé à vocation particulière PMI ne jouent pas encore un rôle important dans la surveillance des grossesses. Les activités sont réalisées de façon routinière. “La mort du fœtus au moment du travail est vécu dans l’indifférence dans beaucoup de nos maternités.” Quant à la prise en charge des nouveaux-nés vivants, les problèmes se posent à plusieurs niveaux. Il y a d’abord les salles de travail qui ne disposent pas de matériel indispensable à la réanimation néonatale.

Aussi, le personnel de la salle de travail est mal préparé et à cela s’ajoute l’absence de collaboration obstétrico- pédiatrique efficace. Sur un autre volet, le transfert des nouveaux-nés de la salle de travail en unité de soins se fait dans des conditions déplorables favorisant l’hypothermie et l’infection. En maternité, les activités préventives tendent à gagner du terrain mais en salles de soins l’activité est à l’état embryonnaire et tout reste à faire. Très peu de structures sont à même de pouvoir prendre en charge un nouveau-né malade et dans de bonnes conditions. 52 % des services de pédiatrie n’ont pas de couveuses et plus de 50 % fonctionnent avec des médecins généralistes et 25 % n’ont pas de lits de néonatalogie.

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Old 9th August 2007, 07:57
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Nadjia Bouaricha :

Jeudi 9 août 2007 -- La santé est le bien le plus précieux qu’on puisse avoir. Que dire alors de ceux qui, en plus de ne pas jouir de toute leur santé, ne trouvent même pas de structures adéquates pour se faire soigner.

Les établissements censés être ouverts, sont fermés comme on referme les portes de l’espoir face à l’envie de vivre. C’est le cas de Chérif Hadir Raïhana, âgée d’à peine un mois. Cette petite fille née avec plusieurs malformations souffre d’atroces douleurs sans trouver un seul hôpital qui veuille bien l’accueillir. Depuis sa naissance, le 12 juillet dernier, le père de la petite Hadir n’a pas cessé de passer d’un hôpital à un autre, armé de détermination et de documents médicaux à l’appui, pour réclamer que sa fille soit prise en charge le plus rapidement possible dans un centre de soins.

« L’échographie qu’on lui a fait subir a décelé qu’en plus de la polymalformation qu’elle présente au niveau des membres, elle souffre de calculs dans la vésicule biliaire et d’une hernie abdominale qui semblent lui causer beaucoup de douleurs », nous explique, son père Chérif Kamel en nous présentant des ordonnances signées par différents médecins. « J’ai fais le tour des hôpitaux d’Alger, et là où je vais on me dit que c’est la période des congés et que ma fille ne peut être hospitalisée. Que faut-il faire dans ce cas, faut-il que je laisse ma fille mourir ? Je le refuse, mais je ne sais plus à quel saint me vouer pour pouvoir la soigner », nous dit-il, les larmes aux yeux.

Outré par cette attitude de non-assistance à personne en danger dont est victime son bébé, Chérif Kamel se dit aussi victime de sa condition sociale. « Est-ce qu’un pauvre n’a pas le droit aux soins dans ce pays. Je suis démuni mais j’ai ma dignité et je connais mes droits. Un hôpital est censé s’ouvrir à tout le monde, et ma fille a le droit d’être hospitalisée et soignée. Je ne veux surtout pas l’abandonner, c’est la chair de ma chair et elle souffre », continue notre interlocuteur dont la détresse se reflète dans chacun de ses gestes et dans sa voix.

Dans des lettres d’affectation pourtant signées par deux médecins de structures différentes, il est fait état d’un diagnostic sans appel sur la santé de Hadir. « Luxation de la hanche, malformation des jambes avec une scoliose-dorso-lombaire, souffle cardiaque » pour ne citer que ces maux entre autres, qui nécessitent une hospitalisation en urgence.

« Là où je vais, j’emmène ma fille dans l’espoir qu’à sa vue quelqu’un aura pitié et pourra m’aider à lui trouver une place dans un hôpital, mais en vain », explique ce père en détresse. Et d’ajouter : « A la maison, nous avons peur de lui faire mal en la touchant, elle pleure à chaque fois qu’on la prend dans nos bras et elle a aussi du mal à téter sa mère, elle s’étouffe rapidement ». Par ses pleurs Raïhana lance un appel au secours à qui bien l’entendre et la délivrer de ses maux.

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  #10 (permalink)  
Old 1st September 2007, 10:26
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Samedi 1er septembre 2007 -- Une femme enceinte présentant des saignements s’est vu refuser lundi dernier un examen en urgence au service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Mustapha.

« Après avoir constaté l’écoulement de sang, je me suis présentée au service de gynécologie-obstétrique pour subir un examen en urgence », témoigne la femme qui s’est présentée à notre rédaction, en ajoutant : « A ma grande stupéfaction, le maître-assistant me demande si je ne connais pas un médecin privé pour aller me soigner chez lui. ». Le médecin de garde a ajouté, sans aucun état d’âme, qu’il n’y avait plus de places dans le service, et qu’il y a un risque de contracter une hépatite B. La dame, sous un soleil de plomb, a dû aller chercher à Alger un médecin privé pour qu’elle soit examinée. Cette femme, qui travaille au service des urgences du CHU Mustapha, juge indécente l’attitude de ce médecin, et crie à la négligence et non-assistance à personne en danger. Elle se demande ce qu’aurait été son sort si son cas était grave. La direction du CHU Mustapha est plus que jamais interpellée.

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  #11 (permalink)  
Old 18th September 2007, 22:40
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Lundi 17 septembre 2007 -- La maternité du centre hospitalo-universitaire de Annaba enregistre une saturation de ses structures d’accueil faisant apparaître une explosion de son activité.

Les statistiques sont, à ce propos, édifiantes et incitent, en même temps, à la nécessite d’alléger la pression que subit cette maternité, laquelle demeure très sollicitée en raison de la couverture médicale qu’elle offre aux femmes lors de leur accouchement. Pour le premier semestre 2007, il a été enregistré 14 184 journées d’hospitalisation au cours desquelles 6 603 accouchements sur 7 514 parturientes ont été admises ; 28 376 journées d’hospitalisation et 12 917 accouchements avaient été comptabilisées en 2006 dans cette maternité qui fonctionne H 24 et à plus de 103% de ses capacités d’accueil.

Les évacuations de parturientes en provenance des wilayas de l’extrême-Est, représentent « une contrainte supplémentaire » pour cette maternité « très sollicitée en raison de la sécurité médicale qu’elle garantit ». Celle-ci enregistre, en moyenne par jour, l’affluence de plus de 400 personnes entre femmes enceintes, accompagnateurs et visiteurs, aggravant la sensation d’exiguïté des locaux et leur maintenance ». C’est dire, la nécessité de trouver une alternative pour permettre a la maternité du CHU de « respirer » à travers le développement et l’amélioration des maternités, établissements publics et privés dans la wilaya de Annaba et celles limitrophes, dans le but d’épargner des déplacements pénibles aux parturientes.

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  #12 (permalink)  
Old 29th September 2007, 22:55
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Samedi 29 Septembre 2007 -- Après avoir promulgué en 2005, au Journal officiel, le décret 05-439 du 11 octobre 2005, portant sur un programme national de néonatalité, les premières conclusions de la commission ministérielle chargée de suivre et d’évaluer la mise en œuvre de ce programme ont été rendues publiques.

Une première rencontre a eu lieu, jeudi matin, au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière et a été présidée par M. Amar Tou. Le ministre de la Santé ouvrira la séance en insistant sur l’importance de l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant. “L’OMS en a fait un des principaux objectifs du millénaire pour le développement en rapport avec la santé, c’est pour cette raison que l’Algérie a mis en place ce décret qui est en phase d’application”, a-t-il indiqué avant de céder la parole au professeur Lebane, chef de service de néonatalité au CHU Mustapha-Pacha et président de la commission ministérielle, pour présenter la première évaluation de la réalisation du programme national de néonatalogie. Le professeur Lebane rappellera que “le programme de périnatalité a été mis en place pour l'application du décret exécutif, et dont le principal objectif est de réduire de 25%, en trois ans, le taux de mortalité de la mère et de l'enfant, avant, pendant et après les naissances”.

Le président de la commission expliquera également que “pour optimiser la mise en œuvre du programme, ce dernier a été divisé en trois phases : la période prénatale qui consiste à prendre en charge la mère pendant la grossesse afin de détecter les grossesses à risque, puis la période périnatale qui est la plus sensible en raison des complications qui peuvent survenir pendant la naissance et enfin la période postnatale, la plus importante en raison, notamment, des risques liés à l'hypothermie du nouveau-né”.

En effet, il s’agit, en premier lieu, d’assurer l’accessibilité et l’efficacité des consultations prénatales ce qui permettrait le dépistage des grossesses à risque au niveau des centres de référence et leur orientation vers des niveaux supérieurs de prise en charge. Cette surveillance cible principalement trois pathologies, à savoir les complications du diabète, l’iso immunisation rhésus et l’hypertension artérielle.

Les efforts concernent, en second lieu, la période prénatale qui est la plus sensible car même si les conditions d’une bonne prise en charge prénatale ont été réalisées, les problématiques autour de la souffrance fœtale et des hémorragies génitales restent posées, d’autant que ce sont seulement 61% des femmes qui ont une carte de groupage. Dans ces situations, une détection rapide du problème et une intervention adaptée et immédiate sont d’une importance capitale. Quant à la période postnatale, elle présente aussi de nombreux risques pour le nouveau-né. Tous sont importants, mais tous ne peuvent pas être ciblés et évalués dans le contexte actuel.

Ainsi, les experts se sont plus particulièrement intéressés à l’hypothermie du nouveau-né, l’infection materno-fœtale ainsi qu’aux maladies hémorragiques, ce qui diminuerait considérablement le nombre de décès et de handicaps avec un rapport coût/efficacité appréciable.

De plus l’accent a été mis sur le renforcement du lien mère-enfant, privilégiant ainsi l’allaitement maternel qui est en perdition et le contact peau à peau pour les bébés de petit poids (moins de deux kilos), autrement appelée la méthode kangourou, qui s’avère être une solution à la fois prometteuse et économique.

Par ailleurs, le ministre de la santé a affirmé que “cet objectif est réalisable en un temps plus court que prévu car les résultats obtenus après une année correspondent à ceux escomptés pour deux années”. Il ajoutera, en outre, qu’à travers la commission chargée d'appliquer le décret exécutif relatif à la santé de la mère et de l'enfant, “le ministère œuvrera à relancer les centres hospitaliers et les unités sanitaires pour rattraper le retard enregistré dans ce domaine”.

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Old 30th September 2007, 00:40
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Samedi 29 septembre 2007 -- Un rapport d’évaluation préliminaire du programme national de néonatalogie a été présenté, jeudi, au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Un document qui révèle une baisse de la mortalité maternelle et infantile.

Présenté par le Pr Djamil Lebane, chef de service de néonatalogie à l’hôpital Mustapha et coordonnateur de la commission chargée de la mise en œuvre du programme au niveau du ministère de la Santé, les résultats ont démontré que le taux de mortalité chez les mères a reculé de 92,6/1000 en 2006 à 24,7/1000 en 2007. Ce qui est encore insuffisant, d’autant que les principales causes de mortalité sont évitables, telles que les hémorragies de la délivrance et la rupture utérine. Le taux de mortalité infantile a lui aussi connu une baisse, reculant de 26,9/1000 nourrissons en 2006 à 24,7/1000 en 2007. Pour ce qui est des mort-nés, le taux est passé de 25% en 2006 à 21,5 en 2007.

Par ailleurs, les accouchements dans les hôpitaux et les centres médicaux sont en nette progression passant de 92% en 1999 à 96,5% en 2007. « Une baisse sensible du taux de mortalité chez les mères et les nourrissons a été enregistrée grâce à une meilleure prise en charge médicale de la mère pendant toutes les périodes de la grossesse », a précisé le Pr Lebane.

Le rapprochement des services de néonatalité de celui de la maternité et le non-transfert des nourrissons au risque d’engendrer la mort du nouveau-né par hypothermie sont, selon lui, à l’origine de cette amélioration. L’autre point, a-t-il ajouté, serait la présence d’un pédiatre dans les services de maternité. Toutefois, des insuffisances ont été relevées dans certains centres médicaux à travers le pays, notamment en ressources humaines.

La commission a rappelé aux responsables de la santé présents à cette rencontre la nécessité de rattraper les insuffisances avant novembre 2007, date arrêtée par le décret exécutif promulgué en novembre 2005 relatif aux périodes prénatale et post-natale. « Des retards sont également enregistrés en matière de formation. Il y a un net recul en matière de besoin de santé. Lesquels définissent normalement la formation et non pas le contraire », a estimé le Pr Lebane qui ne manque pas de signaler que des maîtres assistants pédiatres sont encadrés par un chef de service gynécologue.

Rappelons que le programme mis en place pour l’application du décret exécutif a pour objectif de faire baisser la mortalité chez la mère et de l’enfant, avant, pendant et après la naissance, de 25 % en trois ans. Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Amar Tou, qui a présidé cette rencontre a affirmé que cet objectif est réalisable en un temps plus court, sachant que « les résultats obtenus après une année de la mise en œuvre étaient ceux escomptés pour deux années ».

L’Algérie peut, selon le ministre, atteindre les objectifs du millénaire dans le domaine de la santé de la mère et de l’enfant à l’horizon 2011 au lieu de 2015, car la santé dans une société donnée se mesure au taux de mortalité de la mère et de l’enfant, durant les périodes prénatale, périnatale et postnatale. Le ministère, a ajouté M. Tou, œuvrera, à travers la commission chargée d’appliquer le décret exécutif relatif à la santé de la mère et de l’enfant, à relancer les centres hospitaliers et les unités sanitaires pour leur permettre de rattraper le retard enregistré dans ce domaine.

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Old 6th October 2007, 09:16
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Rosa Mansouri :

Samedi 6 octobre 2007 -- Combien sont-elles ces femmes qui accouchent de bébés mort-nés ? Combien de nouveau- nés décèdent pendant les quelques minutes qui suivent leur naissance ? Pourquoi 26,9 pour 1 000 naissances décèdent en Algérie annuellement, sans pour autant susciter un sérieux débat sur les véritables causes à l’origine de cet état alarmant de taux de mortalité prénatale et néonatale ?

La mise en place, en avril 2006, d’un programme national de périnatalité, en exécution du décret ministériel n° 05-439 du 10 novembre 2005, portant normalisation de la néonatologie, a fait ressortir les insuffisances et les aberrations constatées dans la prise en charge des grossesses pendant et après l’accouchement. Si le manque de professionnels en gynécologie et en obstétrique a fait débat l’année dernière dans le milieu sanitaire, il est urgent aujourd’hui d’attirer l’attention sur la mortalité infantile.

Selon un rapport présenté dernièrement devant les cadres du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, par le professeur Lebbane, chef de service de néonatologie, au CHU Mustapha Pacha, 53% des décès maternels auraient pu être évités. Les diagnostics très tardifs et la perte de temps affichés par le personnel dans la prise en charge de la femme qui accouche ou de son bébé en danger de mort après la naissance, sont les principales causes de la mortalité infantile. Le rapport fait ressortir, également, que 36,26% des décès durant la période prénatale sont dus à des hémorragies génitales, alors que ce taux ne dépasse pas les 5% dans les pays développés. 16,48% de bébés meurent durant la même période par rupture utérine, 12,08 par l’hypertension et 9,89% décèdent à la suite d’une infection puerpérale.

Faut-il le préciser, ces chiffres concernent uniquement les 234 structures de références (polycliniques et CHU) censées appliquer le programme national de périnatalité. Le service néonatologie en lui-même, n’existe que dans deux CHU, à savoir Alger et Constantine. Un autre service va bientôt ouvrir à Parnet. Mais est-ce que cela justifie la négligence des services gynécologies implantés à travers le territoire national ? Selon le professeur Lebbane, l’application du programme national de périnatalité ne nécessite pas, outre mesure, une technologie de pointe ni des moyens colossaux pour sauver la vie des nouveau-nés. «C’est une question d’organisation, de coordination et de formation », dit-il.

Notre interlocuteur ne trouve pas d’explication au fait que 9,2% seulement des femmes diabétiques enceintes sont prises en charge et 32% seulement des femmes hypertendues. Ce n’est pas étonnant, lorsqu’on sait que seules 20 wilayas sur les 48 ont aménagé des centres de référence pour la périnatalité. Le service de néonatologie de Mustapha-Pacha, lui-même, ne répond pas et ne respecte pas, selon le professeur Lebbane, la réglementation qui régit cette structure spécialisée.

Les salles de soins intensifs ne sont pas érigées, effectivement, dans l’ensemble des services maternité, ce qui met, souvent, le nouveau-né en danger de mort, dans le cas de complications de son cas. «Il est très grave de constater, que l’asphyxie des bébés, provoque chez ces derniers des retards mentaux». En effet, une négligence de 5 à 10 minutes de la part du personnel médical ou par manque de matériel respiratoire, peut créer des handicaps à vie à ces nouveau-nés, qui deviennent à l’avenir des charges pour leurs familles et l’Etat.

«Il y a des budgets qui sont débloqués dans le cadre de ce programme, c’est pourquoi nous restons perplexes devant les retards enregistrés dans son application», affirme le Pr. Lebbane, qui estime toutefois, que les résultats de ce programme, même s’ils sont insuffisants, restent très positifs, dans le sens où une prise de conscience commence à émerger dans le milieu médical. Cependant, il relève le manque de formation dans cette spécialité. Selon lui, les résidents en pédiatrie effectuent quatre mois de stage, durant la première année de leur spécialisation, dans les maternités. «Il est irresponsable et inconscient de confier les nouveau-nés à des stagiaires de première année, sans qu’ils soient encadrés par un personnel plus qualifié et plus expérimenté», s’insurge-t-il.

En somme, après 22 années de la tenue de la première conférence nationale sur la périnatalité, à Oran, et durant laquelle tous ces problèmes ont été évoqués, l’Université algérienne n’a pas pris en considération le volet formation dans cette spécialité et aujourd’hui la question de formation ressurgit comme priorité. Il est important de signaler que les centres de référence retenus dans le cadre de ce programme, ont deux mois, voire novembre 2007 pour se conformer aux règles et législation qui les réglementent. Dans le cas contraire, des mesures sévères seront appliquées par le ministère de la Santé, à qui reviendra, dès cette date, la gestion de ces centres.

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