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  #36 (permalink)  
Old 6th September 2007, 05:41
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Jeudi 6 Septembre 2007 -- Un nouveau dispositif de régulation du marché national du médicament est en route de même que l’ouverture des structures hospitalières à l’investissement étranger.

C’est le principal objet du décret exécutif adopté avant-hier par le conseil du gouvernement et qui a fait l’objet, entre autres, de la conférence de presse instituée par le chef du gouvernement, animée par le ministre de la communication accompagné du ministre de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

Entre autres dispositions du texte, la création d’une agence nationale du médicament qui aura pour mission d’élaborer la liste des médicaments éligibles à l’importation et la délivrance de visa d’importation, en collaboration avec la Cnas, la nomenclature des médicaments remboursables, de fixer les prix des médicaments ainsi que les marges bénéficiaires des pharmaciens. Par ailleurs, précisera le ministre de la communication, aucun médicament ne sera le monopole d’un seul importateur. Cette disposition vise à casser les monopoles instaurés grâce à la permissivité de l’ancien texte et le laxisme des anciens responsables du secteur de la santé.

Par ailleurs, le ministre de la santé a présenté un amendement à la loi sur la santé publique en introduisant l’ouverture des structures hospitalières à l’investissement privé et étranger. L’on apprend par le ministre de la communication, à qui échoit la tâche d’animer ces conférences, qui désormais seront tenues le jour même de la réunion du conseil du gouvernement, que deux hôpitaux étrangers seront réalisés dans les prochains mois.

Il s’agit d’un investissement cubain. Le nouveau texte balise également la construction de la structure, la gestion avec exigence de profils professionnels comme il est le cas pour mettre de l’ordre dans le marché du médicament, notamment les détaillants, les pharmaciens.

Le but du texte est, selon lui, “de mieux organiser le marché du médicament, garantir la disponibilité du produit, la qualité et la facilité d’accès” pour les consommateurs.

Il a précisé, devant les inquiétudes de voir le secteur public phagocyté par le privé, que le gouvernement n’entend pas toucher au principe de la gratuité de l’accès aux soins dans les structures étatiques.

Il a, toutefois, refusé de parler des épidémies et de la mystérieuse maladie de Sidi Bel-Abbès se contentant de minimiser leur ampleur. Il réservera les réponses à une prochaine rencontre où l’invité sera le ministre de la santé.

L’autre sujet abordé, qui était en tête de l’ordre du jour, est le schéma directeur du secteur de la formation professionnelle et de l’apprentissage présenté par M. El-Hadi Khaldi. Il donnera les grandes lignes de ce schéma intégré dans la réforme de son secteur, mais surtout la précision de sa mise à la disposition du secteur industriel. Il rappellera une orientation du chef du gouvernement sur l’impératif de créer des filières de formation pour les besoins des grands chantiers du pays. Il évoquera la restructuration de son secteur avec une autre gestion, de nouvelles structures et des filières dynamiques adaptées aux besoins de l’industrie nationale.
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  #37 (permalink)  
Old 6th September 2007, 15:34
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Jeudi 6 septembre 2007 -- Deux hôpitaux cubains seront opérationnels en Algérie dans quelques mois, a déclaré hier au Centre international de presse M. Rachid Boukerzaza, ministre de la Communication, lors d’une conférence de presse animée en présence de M. El-Hadi Khaldi, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels.

Ainsi, les infrastructures hospitalières s’ouvrent à l’investissement étranger pour la première fois en Algérie. Dans ce contexte et pour organiser le secteur de la santé, notamment le marché des produits pharmaceutiques, l’avant-projet de loi modifiant et complétant la loi n° 85-05 du 16 février 1985 relative à la protection et à la promotion de la santé a été examiné et endossé par le conseil du gouvernement.

En vertu des amendements portés, une agence nationale pour la régularisation du marché des produits pharmaceutiques à usage humain sera créée. Elle sera chargée de veiller, entre autres, à l’organisation du marché, à la définition des médicaments à importer, à leurs prix, à la marge bénéficiaire et au contrôle du marché «pour plus de transparence et pour casser le monopole qui a existé auparavant», selon le ministre de la Communication.

La nouvelle instance aura aussi la possibilité d’intervenir dans la définition des prix pratiqués dans les infrastructures sanitaires privées. «Les nouveaux amendements ont durci les sanctions sur les infractions dans le marché du médicament tant sur le plan financier que pénal», a souligné M. Boukerzaza.

Par ailleurs, la privatisation des hôpitaux publics n’est pas à l’ordre du jour, a affirmé le ministre de la Communication, qui a précisé que le secteur public poursuivra sa mission de dispenser des soins et de distribuer les médicaments gracieusement aux citoyens. «Il y a une volonté de l’Etat à renforcer le secteur public pour qu’il soit la locomotive, et ce en injectant un budget conséquent pour la réalisation d’infrastructures, l’octroi d’équipements ainsi que la formation des personnels», a estimé le membre du gouvernement. «Il n’y a pas d’appréhensions à se faire, car la relation entre les secteurs privé et public sera une relation de complémentarité», a-t-il encore assuré.

Epidémie de Sidi Bel Abbès : un laboratoire français pour des analyses plus poussées S’exprimant sur la mystérieuse épidémie qui s’est propagée dans la wilaya de Sidi Bel Abbès depuis plusieurs semaines, le ministre a déclaré que des analyses plus poussées s’effectuent en ce moment dans un laboratoire français afin de permettre de mieux identifier le mal.

Les analyses effectuées à l’institut Pasteur ont révélé que le virus existe dans les pays exportateurs de bois et se développe plus dans les barques en bois, selon le ministre qui a certifié que l’Algérie n’a jamais connu ce virus.

Concernant la maladie qui a touché quatre personnes dans la wilaya d’Illizi, le ministre a précisé qu’elle a été transmise via les frontières du sud du pays.

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  #38 (permalink)  
Old 9th September 2007, 11:34
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Dimanche 9 septembre 2007 -- L’hôpital Ibn-Rochd de Annaba, l’un des plus grands d’Algérie, manque d’hygiène. Les lits usagers, les draps sales, les vitres cassées, des odeurs étranges... c’est ce que nous avons constaté lors de notre visite au service de traumatologie. Il est donc temps que les responsables concernés prennent leurs responsabilités avant qu’il ne soit trop tard, lorsqu’on sait que cet hôpital était parmi les meilleurs à l’époque de l’ex-directeur général, le professeur Mohamed Salah Bendjedou.

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  #39 (permalink)  
Old 10th September 2007, 18:41
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Lundi 10 septembre 2007 -- Le vaccin contre la miningite sera intégré dans le programme vaccinal de l’Algérie dès l’année prochaine, a révélé avant-hier le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, M. Amar Tou, qui a présidé l’ouverture de la rencontre nationale des responsables de la santé publique à Sidi Bel Abbès.

La rencontre qui a regroupé les directeurs de la santé, les responsables de 13 laboratoires, des chefs de service des urgences médico-chirurgicales et des chercheurs de l’Institut Pasteur d’Alger était une occasion pour revenir sur l’épidémie du syndrome rénal qui a fait 98 victimes à Sidi Bel Abbès, le mois dernier.

Le virus à l’origine de l’épidémie n’a pas encore été identifié, a déclaré le responsable de l’Institut Pasteur. Les responsables algériens attendent les résultats des analyses effectuées par des laboratoires étrangers, dit-il, même si l’on sait déjà que le virus appartient à la famille des Hanta virus.

«Nous sommes en face d’un nouveau virus», ont indiqué de leur côté les docteurs Bouguermouh et Merbout Ghenia, représentante du ministère. Pour sa part, M. Tou a déclaré que les patients atteints continueront à être suivis de manière régulière, d’abord pour s’assurer de l’évolution de leur état de santé, ensuite pour tirer les enseignements scientifiques.

Par ailleurs et concernant la rencontre, plusieurs points inhérents à la bonne prise en charge des malades ont été abordés, dont la modernisation des laboratoires par une décentralisation, la création d’antennes de l’Institut Pasteur dans chaque wilaya et la mise à niveau des moyens humains et matériels dans les urgences médico-chirurgicales.

A cette occasion, M. Tou a passé en revue l’évolution du secteur de la santé depuis l’indépendance, mettant en avant le recul de certaines maladies et l’éradication d’autres, citant l’exemple de la diphtérie, de la poliomyélite et de la tuberculose.

Ce qui, selon lui, place l’Algérie au rang des pays avancés en matière de santé publique. Cela, expliqua-t-il, a été réalisé grâce au programme mis en place par le gouvernement et qui a nécessité la mobilisation d’une enveloppe de plus de 10 milliards de dinars et une autre, prévisionnelle, de 20 milliards de dinars pour 2008.

Il a tenu en outre à s’expliquer sur la question de la privatisation des infrastructures de santé, disant que «la démarche consiste à ouvrir le secteur au privé et non pas la privatisation des infrastructures publiques. Actuellement, nous avons un programme d’environ 131 hôpitaux en construction, en étude ou en voie de réalisation.

Nos partenaires cubains vont construire quatre hôpitaux d’ophtalmologie en Algérie : à Djelfa, à Ouargla, à El-Oued et le dernier à Béchar. Celui de Djelfa, d’une capacité de 120 lits avec une haute technologie, sera ouvert d’ici à la fin de l’année.

Trois autres structures sont prévues à Sétif, à Tlemcen et à Tamanrasset.

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Old 16th September 2007, 22:25
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Dimanche 16 Septembre 2007 -- La récurrence des agressions contre le personnel médical et de soins a atteint un seuil intolérable pour nécessiter des mesures appropriées. La montée crescendo des actes de violence dans l’enceinte des structures de santé n’exclut plus aucun corps parmi les personnels d’accueil. Pour dénoncer une situation devenue alarmante, les différents syndicats du secteur sanitaire de Médéa ont appelé à un sit-in à l’intérieur du centre hospitalier Mohamed-Boudiaf du chef-lieu de wilaya. C’est à la suite d’un grave incident survenu deux jours plus tôt au service des urgences, que la mobilisation contre le phénomène des agressions a été décidée par les syndicats.

Ainsi, l’incident a constitué le facteur déclenchant d’un mouvement de solidarité avec le médecin et les agents paramédicaux qui ont subi les foudres de l’accompagnateur d’un malade. Rencontré sur les lieux, le médecin urgentiste nous relatera les faits qui se sont déroulés lors de son service de garde. L’incident, dira-t-il, a eu lieu au moment où un malade évacué de l’hôpital de Ksar El Boukhari pour une blessure au poignet causée par un objet tranchant, est arrivé au service des urgences. Tout est parti lorsque l’agent paramédical a signifié aux membres de la famille du malade de rester dans la salle d’attente. C’est alors que le frère du malade assénera à l’agent plusieurs coups, créant une situation de désordre à l’intérieur du service. Après quoi, les choses débordèrent jusqu’à atteindre le médecin urgentiste qui reçut, à son tour, des coups de tête donnés par le malade.

Ce dernier transféré au bloc opératoire pour une intervention, décédera des suites d’un arrêt respiratoire, indiquera le médecin urgentiste.L’annonce du décès aux parents fera perdre le contrôle des nerfs au frère qui, furieux, s’est mis à dégrader le matériel installé jusqu’à faire fuir tout le personnel, indique-t-on. “L’autopsie réalisée par le médecin légiste conclura à un bronchospasme qui est une diminution des bronches respiratoires des poumons, dû à l’utilisation du produit anesthésiant.”

Suite donc à ce grave incident qui est venu confirmer une situation devenue alarmante, une plate-forme de revendications a été élaborée et adressée aux autorités compétentes pour que, des mesures de sécurité dans les différents pavillons, notamment celui des urgences, soient rapidement prises.

Subissant aussi bien le stress des malades que celui de leurs accompagnateurs, de jeunes médecins se trouvent aussi confrontés à des comportements violents de la part de toxicomanes qui viennent demander la prescription ou l’inoculation de médicaments de l’ordre des drogues. Pour les syndicats du secteur sanitaire, il s’agit d’attirer l’attention des autorités compétentes sur “la dégradation des conditions de travail au niveau du service des urgences sur plusieurs plans”.

Outre le volet sécuritaire qui doit être renforcé, les syndicats font état de la non-fonctionnalité du pavillon des urgences, qualifié de labyrinthe et ne répondant pas aux normes requises, de la nécessité d’ouvrir une unité de réanimation polyvalente en vue de la prise en charge des malades lourds et du renforcement des effectifs par un personnel qualifié et motivé.

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  #41 (permalink)  
Old 30th September 2007, 20:37
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Rosa Mansouri :

Dimanche 30 septembre 2007 -- Les cliniques et hôpitaux privés en Algérie seront désormais placés sous le contrôle légitime du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.

L’avant-projet de loi modifiant et complétant la loi n°85-05 du 16 février 1985 relative à la protection et à la promotion de la santé, examiné et endossé il y a 15 jours par le Conseil du gouvernement, prévoit de confier la présidence du conseil d’administration de la clinique privée à un représentant du ministère chargé de la santé. Une disposition nouvelle qui a pour objectif de contrôler de l’intérieur l’établissement privé et de lui ôter son autonomie de gestion. Si le décret n° 88-204 du 18 octobre 1988 qui régit, à ce jour, l’activité des cliniques privées, confiait la gestion de celles-ci au promoteur du projet ainsi qu’au comité de médecins, la nouvelle loi fait associer au conseil d’administration, en plus d’un représentant du ministère, le président du comité médical, un représentant de la Sécurité sociale, un membre du syndicat de l’établissement, deux représentants des associations des usagers (selon la spécialisation de la clinique), un représentant des praticiens médicaux élu et enfin celui des personnels paramédicaux. Un directeur technique est cependant nommé pour assurer la gestion de l’établissement.

L’avant-projet en question accorde un délai de deux années aux cliniques privées en exercice pour se conformer à la nouvelle loi. Des dispositions transitoires sont par ailleurs prévues pour ces dernières, en attendant leur conformité. Si a priori, ces nouvelles mesures semblent être très restrictives vis-à-vis du promoteur du projet, il reste que l’anarchie qui règne actuellement dans les cliniques privées et les multiples plaintes déposées par des malades, sont à l’origine de ces dispositions. Les missions de contrôle assurées par les services du ministère de la Santé ne pouvaient pas dévoiler toutes les malversations et les violations de la réglementation constatées dans certaines cliniques.

Les services du ministère ont procédé en juillet dernier à la fermeture, pour une durée d’un mois, d’une clinique privée à Annaba pour pratique illégale. Le ministre de la Santé a déclaré à l’époque que plusieurs autres établissements privés risquaient le même sort. Le projet de loi prévoit une sanction plus sévère à l’avenir. «En cas de constatation de manquement à la réglementation et la législation en vigueur, l’intéressé est mis en demeure et doit s’y conformer dans un délai ne dépassant pas un mois», relève-t-on dans le document portant l’avant-projet de loi. En fait, la véritable sanction c’est celle qui suit la mise en demeure. L’établissement hospitalier privé risque une suspension de l’exercice de l’activité de l’hospitalisation pendant une durée de deux mois ou la fermeture de l’établissement pour trois mois et dans l’extrême cas, le retrait de l’autorisation d’ouverture de la clinique privée.

Faut-il préciser également que la délivrance de l’autorisation d’ouverture d’un établissement privé est assurée par le ministère, au lieu du wali à qui revenait cette mission dans l’ancienne législation. Ainsi donc, le département de Amar Tou impose son autorité, à plus d’une échelle, pour contrôler tout le secteur qu’il soit public ou privé. Il reste à connaître la réaction des investisseurs privés dans le secteur, lorsqu’ils sauront que leur conseil d’administration sera présidé par le ministère de tutelle. L’Algérie est-elle en train de promouvoir le service public avec l’argent du privé ?

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  #42 (permalink)  
Old 8th October 2007, 20:57
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La coordination républicaine évoque la protection sociale à l’horizon 2020 :

Lundi 8 Octobre 2007 -- L’Algérie traverse une double transition, démographique et épidémiologique, qui exige une politique sanitaire nationale à la hauteur des nouvelles exigences.

Ce constat a été fait par un groupe de médecins, conduit par le professeur Pierre Chaulet, actuellement expert-consultant de l’OMS, dans la soirée du samedi. Au cours de la rencontre consacrée à la santé et la population à l’horizon 2020, et organisée par la Coordination républicaine, à Riadh El-Feth (Alger), les spécialistes ont parlé des mutations observées chez la population algérienne, qui est en train de “vieillir”, notant que les moins de 20 ans représentent seulement un taux de 40%. Par ailleurs, l’espérance de vie est de 74 ans, alors qu’elle n’était que de 53 ans en 1962, à l’indépendance de l’Algérie. Selon eux, cette espérance de vie se rapproche “plus ou moins de celle des pays de l’Europe du Sud, qui est de 78 ans”.

Ils ont aussi relevé que cette transition démographique induit inévitablement une transition épidémiologique, qui s’exprime à travers de nouvelles pathologies. De l’avis de Rachid Bougharba, professeur en cardiologie, les maladies transmissibles (contagieuses) ont baissé à 32,8%, contrairement aux maladies non transmissibles, “connues comme des maladies des pays riches”, qui connaissent une évolution. Ces dernières sont près de 59%, intégrant notamment des maladies cardiovasculaires, des cancers, des affections respiratoires, le diabète et l’hypertension. “Nous avons des maladies des pays sous-développés et des pathologies des pays industrialisés”, a déclaré le Pr Bougharba, en révélant la cherté des soins de ces maladies. “Il faut faire face à une véritable épidémiologie des maladies, car nous avons affaire à des infections chroniques exigeant des soins dans le long terme”, a-t-il averti.

La rencontre de Riadh El-Feth a été l’occasion d’approcher le système de santé algérien, qui avait enregistré des “progrès”, malgré des imperfections qui affichent aujourd’hui leurs “limites” et qui suscitent des “frustrations” et “le manque de confiance”. “Le progrès fait plaide pour une critique. Il faut amener les décideurs à faire en sorte que l’opinion publique soit avertie, pour l’amélioration des conditions de vie et celles de la santé”, a souligné Rédha Malek, le président de l’ANR, également membre de la Coordination républicaine.

On retiendra, de l’état des lieux, de nombreuses carences, voire des dysfonctionnements, se traduisant à travers l’absence de vision stratégique et de culture de “continuité” au niveau ministériel, la désarticulation du système de santé, l’insuffisance des ressources financières et matérielles, les défections en matière d’information sanitaire et de politique du médicament, les problèmes de coordination et l’inexistence de structures sanitaires plus adaptées à la situation présente, ainsi que la faiblesse de la politique de maintenance des équipements. Sans oublier les interférences de plus en plus affirmées de l’industrie médico-pharmaceutique, ce nouvel acteur du système de santé qui “agit sur les décideurs locaux et intervient sur la population” par la création d’une demande.

Lors du débat, d’aucuns ont déploré “la gestion catastrophique” du secteur, signalant l’inexistence d’une carte sanitaire et la faible part réservée à la prévention, à la formation et l’entretien des infrastructures (2% chacun), dans le budget national initial de la santé de l’année 2007. “Le budget des moudjahidine est presque égal à celui de la santé et il est équivalent aux budgets des ministères de l’Enseignement supérieur, de la Formation professionnelle et de la Jeunesse”, a constaté un participant. Ce dernier a aussi alerté contre l’actuelle “expansion anarchique et dangereuse” du secteur privé, devant le retrait du rôle de régulation de la tutelle.

D’autres intervenants ont, quant à eux, plaidé pour la révision des programmes de formation, en prévision de la prochaine décennie, pour sortir des “tendances approximatives”. “La politique de santé est un enjeu politique”, a résumé Pierre Chaulet, en proposant des pistes de réflexion pour la nouvelle politique sanitaire, dont “la réhabilitation des structures de proximité”, “l’amélioration des compétences humaines” accompagnée de l’appropriation des meilleures technologies, et “le développement du sens de la responsabilité sociale” des personnels de santé. “La transition démocratique est donc nécessaire”, a-t-il affirmé, appuyant le principe d’une concertation la plus large.

La rencontre s’est terminée par un discours prononcé par Rédha Malek. Pour ce dernier, la santé, comme les autres secteurs, “fait partie d’un environnement qui ne pousse ni à l’innovation, ni à l’initiative, ni à l’épanouissement de l’Homme”.

Bien au contraire, “on pousse les gens à partir de ce pays”, a-t-il ajouté, en qualifiant l’hémorragie de la matière première de “scandaleuse”. Le président de l’ANR a également invité les citoyens à faire l’effort de s’impliquer dans la bataille de la rationalité et les débats qui engagent l’avenir des Algériens. Avant de conclure par cette interrogation : “En 2020, la population sera de 40 millions, comme il vient d’être dit. Si on ne se prépare pas dès à présent, qu’arrivera-t-il à nos enfants ?”

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