Mardi 24 Juillet 2007 -- L’arrivée des 106 médecins spécialistes cubains à Djelfa a été accueillie avec beaucoup de soulagement par la population locale pendant longtemps sevrée de certaines spécialités médicales comme la gynécologie, la pédiatrie, l’ophtalmologie, la radiologie, l’anesthésie et la réanimation. Il s’agit en fait d’un projet qui entre dans le cadre de la coopération entre Cuba et l’Algérie, et il s’inscrit également dans le plan national pour la protection maternelle et infantile.
En effet, l’Algérie n’est pas le premier pays à avoir bénéficié de l’expérience cubaine puisque d’autres États américains et africains comme Haïti, le Honduras, la Bolivie, le Venezuela et l’Angola ont déjà tiré profit de l’apport de ce “contingent international de médecins” créé par ce pays ami pour parer à d’éventuelles catastrophes et épidémies tant au plan national qu’international. Pas moins de 17 000 médecins cubains exercent à l’étranger, essentiellement dans les pays pauvres, répondant à des missions purement humanitaires par le renforcement des réseaux d’assistance sanitaire des pays concernés.
Pas moins de 14 des 48 médecins de cette première équipe affectée à Djelfa, exerceront dans la nouvelle clinique ophtalmologique lancée en 2006 et entièrement financée par Cuba. Les 34 spécialistes restant seront répartis selon les besoins, à travers cinq communes de la daïra de Djelfa, à savoir Douis, Charef, El-Idrissia, El-Guedid et le chef-lieu de wilaya. En contrepartie, la daïra de Messaâd a été gâtée par ce programme puisque toutes ses communes ont été couvertes et auront leur part des 58 spécialistes envoyés dans cette région. Ironie du sort, les communes de Guettara, Douis et Oum Laâdham qui n’ont jamais connu de médecin ont bénéficié de deux spécialistes chacune.
Par ailleurs, ceci semble quelque peu désavantager les populations des autres régions de la wilaya qui n’ont pas bénéficié de la première tranche de ce programme. Ainsi, il semblerait que la population de Zaâfrane ait manifesté son mécontentement auprès des responsables locaux auxquels ils auraient ouvertement reproché de n’avoir rien fait pour attirer ces spécialistes dans leur localité.
Ainsi, si la norme nationale dans ce domaine est de un médecin pour 752 habitants, la wilaya de Djelfa qui compte près d’un million d’habitants ne dispose jusqu’ici que d’un médecin pour 1 448 âmes.
Un médecin exerçant dans une zone rurale pense que “la venue des spécialistes cubains constitue un apport de taille pour peu qu’il soit généralisé à toutes les localités de la wilaya pour atténuer un tant soit peu la pression que subissent ceux qui sont déjà sur le terrain”. Pour l’un de ses confrères du chef-lieu de wilaya qui préfère lui aussi garder l’anonymat, il pense au contraire que “c’est une main-d’œuvre facile” et s’interroge, tout en leur souhaitant la bienvenue, sur “les qualifications de cette manne inespérée de spécialistes appelés au chevet du secteur”.
Par ailleurs, la même source ne s’empêche pas d’accuser indirectement certains de ses confrères et consœurs qui “refusent d’être affectés dans les zones rurales, s’exilent ou se cantonnent dans le littoral”. Un laborantin interpellé sur la question nous répond : “L’arrivée de ces médecins est une bonne chose pour le secteur”, mais ne cache pas son appréhension quant “à la charge de travail que cela va générer”.
Enfin et pour permettre à cette équipe d’accomplir sa mission dans des conditions idéales, les responsables du secteur ont déclaré à la presse locale, que “toutes les dispositions ont été prises pour mettre ces médecins dans les meilleures conditions qui soient”. À ce titre, nous apprenons que les logements affectés aux spécialistes ont été équipés par les différents secteurs sanitaires et qu’ils sont dotés de toutes les commodités.
10 malades perdent la vue à l’hôpital de Beni Messous
Mercredi 25 juillet 2007 -- 10 malades de l’hôpital de Beni Messous atteint de « Diamala » ont perdu la vue après qu’ils aient reçu une injection de « Fizodim », chose que nous avons constaté lors de notre visite au service ophtalmologique de l’hôpital en question.
Le 7 juillet dernier, 30 malades, originaires de différentes wilayas du pays, ont reçu une injection de « Fizodim » qui a entraîné chez 10 d’entre eux une perte de la vue. Nous avons réussi à parler au Professeur Nouri, chef du service ophtalmologique à l’hôpital de Beni Messous, il nous a fournit des explications sur cette affaire, affirmant qu’il a présenté un rapport détaillé à la direction du ministère de la Santé, de l’Habitat et de la Réforme hospitalière d’Alger. Il a précisé que des 30 malades 10 ont perdu la vue de manière définitive non à cause de l’injection mais la raison est une inflammation aiguë, en dépit des mesures prises à l’intérieur et à l’extérieur du bloc chirurgicale ».
Le même professeur a ajouté que « le médicament est nouveau en Algérie, il n’y a qu’une année qu’il est utilisé dans certains cas, soulignant qu’il a été agrée aux Etats-Unis depuis 3 ans et en Europe depuis 2 ans, affirmant qu’il a donné des résultats sur certains malades et n’a rien donné sur d’autres ».
Samedi 25 aout 2007 -- Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière vient de lancer une campagne de recrutement sur titre de 4 347 bacheliers de nationalité algérienne et n’ayant pas d’antécédents judiciaires, pour suivre une formation d’agent paramédical.
Selon un placard publicitaire publié par la presse, les candidats ont jusqu’à la fin de septembre pour déposer leurs dossiers, selon le cas, au niveau des Etablissements de formation paramédicale (EFPM) ou au niveau des directions de wilaya de la santé pour des candidats originaires de 16 wilayas dépourvus d’EFPM.
Trois corps et grades sont prévus par la formation. Pour la spécialité de sage-femme, 661 postes sont ouverts aux bachelières des séries sciences de la nature et de la vie ou sciences exactes et chimie. Pour le corps des auxiliaires médicaux en anesthésie réanimation, 385 postes sont ouverts aux bacheliers des mêmes séries que pour les sages-femmes.
Enfin, et c’est le plus du quota, 3 301 postes sont ouverts pour la formation d’agents paramédicaux de différentes spécialités à l’intention des bacheliers des séries décrites ci-dessus. En outre, une partie des 3 301 postes sera consacrée pour la formation de secrétaires médicaux et assistants sociaux et ouverts aux bacheliers des séries lettres, lettres étrangères, lettres et sciences humaines ou sciences islamiques.
Tous les diplômes délivrés par les EFPM sont des diplômes d’Etat et le placement est assuré à 100 % par le ministère de la Santé qui enregistre un important déficit dans le corps des agents paramédicaux depuis l’arrêt de la formation en 1994.
Jeudi 30 août 2007 -- La nouvelle polyclinique de Aïn El Bia, baptisée « école des asthmatiques », vient d’être dotée d’un nouvel équipement de radiologie, apprend-on auprès du premier responsable du secteur sanitaire d’El Mohgoun.
La création de cette unité qui sera gérée par un pneumo-phtisiologue, accompagné par un spécialiste en psychologie, a pour objectif de s’occuper des asthmatiques. « La deuxième phase du programme dit soins de proximité consistera en la création d’une école itinérante pour assister les malades résidant dans les zones dispersées de la région. Afin d’assurer une meilleure prise en charge de la population infantile scolarisée, une équipe mobile se déplacera régulièrement sur les sites identifiés pour le suivi et le contrôle de l’évolution de cette pathologie chez les enfants », apprend-on. L’instauration de ces nouvelles méthodes de prise en charge des asthmatiques permettra aux 30 % des malades en crise de recevoir les soins à domicile.
Notons que le nombre de cas d’asthme bronchique déclaré est d’environ 1200 au niveau de la daïra d’Arzew. L’importance des chiffres communiqués est due au taux de la pollution atmosphérique jugé élevé par rapport aux normes recommandées. D’autres motifs sont également responsables de l’évolution de cette maladie dans la région d’Arzew, comme la situation géographique et le climat très humide. D’ailleurs, l’on saura qu’en juillet passé, le service des UMC, relevant de l’hôpital d’El Mohgoun, a reçu 111 cas d’asthmatiques, soit une moyenne de 4 cas/ jour, et ce, en raison des changements climatiques qui ont été signalés à l’échelle nationale. Rappelons que la polyclinique de Aïn El Bia a été inaugurée officiellement, en février dernier, pour couvrir les besoins d’une population dont le nombre dépasse les 40 000 âmes.
Jeudi 6 Septembre 2007 -- Lors d’une conférence de presse animée hier au Centre international de presse, le ministre de la Communication, M. Abderrachid Boukerzaza, qui a été chargé dernièrement par le chef du gouvernement d’animer des points de presse au lendemain de chaque réunion du conseil de gouvernement, a passé en revue les secteurs de la formation professionnelle et de la santé.
Concernant le dossier de la santé, M. Boukerzaza, cité par l’APS, a affirmé que «l’Etat continuera a soutenir le secteur de la santé publique».
Il a aussi déclaré que «l’Etat ne se désengagera pas de la santé publique, faisant remarquer cependant qu’il n’est pas question de négliger le secteur privé dont le rôle est appréciable dans ce domaine».
M. Boukerzaza a, par ailleurs, exclu l’éventualité de la privatisation des établissements hospitaliers publics. Il a rappelé que le conseil de gouvernement a examiné et endossé mardi dernier un avant-projet de loi modifiant et complétant la loi n°85-05 du 16 février 1985 relative à la protection et à la promotion de la santé. L’avant-projet vise notamment «la disponibilité des produits pharmaceutiques et les dispositifs médicaux en quantité et en qualité».
Pour ce faire, le ministre a souligné la mise en place d’organismes de régulation, de contrôle de la qualité, de l’utilisation sécurisée du sang, de la pharmacovigilance, de l’approvisionnement des structures hospitalières et de la sécurité des produits pharmaceutiques. Il a assuré que les pouvoirs publics empêcheront toute pénurie de médicaments.
Concernant le secteur de la formation professionnelle, M. Boukerzaza a indiqué que le schéma directeur du secteur a pour objectif principal la mise en adéquation des produits de la formation avec les besoins du marché de l’emploi. Intervenant lors de cette conférence de presse, le ministre de la Formation professionnelle, M. Khaldi, a mis l’accent sur la nécessité de former une main-d’œuvre qualifiée.
Il a, par ailleurs, fait part des projections à l’horizon 2025, faisant ressortir une «demande potentielle en matière de formation estimée à 2 617 000», d’effectifs à former (1 500 000 stagiaires) et de places pédagogiques nécessaires (1 288 000 unités).
M. Khaldi a estimé à 587 milliards de DA l’impact financier nécessaire pour la réalisation des infrastructures de formation et le recrutement du personnel, soulignant, enfin, que le schéma directeur de la formation et de l’enseignement professionnels «est actuellement au niveau de l’APN pour examen au cours des semaines à venir».