Mercredi 17 Octobre 2007 -- L’Union nationale des opérateurs pharmaceutiques (Unop) organise, sous le patronage du ministre du Commerce, les 22 et 23 octobre prochains une rencontre sur les perspectives de développement pour l’industrie pharmaceutique algérienne dans le nouveau contexte international. Cette rencontre, de deux jours, sera l’occasion pour les professionnels du médicament, les représentants des pouvoirs publics et des experts étrangers de débattre de l’état de l’industrie pharmaceutique en Algérie et les implications de l’adhésion prochaine de notre pays à l’OMC.
L’Unop a élaboré un document dans lequel elle dresse un constat et propose une série de mesures. “L’industrie pharmaceutique nationale se trouve aujourd’hui confrontée à de graves défis”, souligne l’Union nationale des opérateurs pharmaceutiques. Au cours de la dernière décennie, l’ouverture du marché et les conditions réglementaires imposées ont certes permis la réalisation de plusieurs infrastructures de production. Cependant, le potentiel du secteur privé est largement sous-utilisé, et s’agissant de jeunes laboratoires, le plan de charge ne dépasse pas les 30% des capacités installées. Alors qu’en parallèle le volume et le montant des importations en médicaments augmentent régulièrement.
L’Unop pose, en fait, un double problème. “D’une part, on continue d’importer de plus en plus et, de l’autre, on est loin de pouvoir rentabiliser l’investissement industriel.” De plus, les récentes décisions prises par l’administration et les implications de l’adhésion prochaine de l’Algérie à l’OMC, en l’absence de mesures de sauvegarde, risquent de compromettre la viabilité du secteur, qui emploie 12 000 personnes.
Les importations de médicaments en 2006 se sont élevées à 1,067 milliard de dollars. Les médicaments sous forme de matières premières, vrac pour conditionnement et produits finis représentent 95% du montant des importations. Par origine, les importations proviennent majoritairement de France, environ 66% des parts en 2005. La consommation individuelle en médicaments est estimée en 2005 à 38 euros par habitant en Algérie, elle est de 440 euros en France et 600 aux États-Unis. Le marché algérien recèle d’importantes potentialités à développer.
“La production nationale de médicaments occupe une place minoritaire sur le marché, de l’ordre de 21% en valeur et 30% en quantité pour l’année 2005”, affirme l’Unop, citant le ministère de la Santé. Pourtant, s’étonne l’Union nationale des opérateurs pharmaceutiques, les capacités installées permettraient de doubler ce taux. Les investissements réalisés par les entreprises membres de l’Unop sont estimés à 13,5 milliards de dinars, l’investissement en cours de réalisations est évalué à 8,3 milliards de dinars. La valeur de la production (actuelle et en cours de réalisation) est de l’ordre de 15 milliards de dinars.
L’Unop parle de doublement de capacité de production depuis 2003. D’une manière générale, l’Unop constate que si des projets pharmaceutiques importants ont été récemment achevés, leur impact sur le marché reste limité. “La taille actuelle du marché national des médicaments reste difficilement à appréhender, faute de statistiques fiables et disponibles, sur la production, la distribution et la consommation nationale”, regrette l’Unop. Cette situation est d’autant paradoxale que le secteur du médicament étant l’un des secteurs d’activité le plus fortement réglementé et étroitement contrôlé et suivi par l’administration.
Selon les opérateurs pharmaceutiques, un travail de fond sur la mise en harmonie de toute la législation relative aux produits pharmaceutiques est nécessaire. C’est que les multinationales ont adopté ces dernières années, une attitude réservée pour ce qui concerne leur intervention propre en Algérie dans le domaine de la production. Beaucoup semblent considérer que le marché national va se libéraliser de plus en plus et ont axé leur activité dans la promotion des produits de leur maison mère.
Pourtant, souligne l’Unop, “les multinationales bénéficient de toutes les facilités pour leur implantation, comparativement aux pays voisins. Aucune contrepartie ne leur est exigée, pour les parts de marché conquis, ni d’obligation de promouvoir la recherche et développement”. Pour l’Unop, l’urgence est de sauver l’outil industriel en lui permettant de se doter d’un plan de charge conséquent.
L’enregistrement des produits pharmaceutiques et l’inscription aux listes de remboursement sont des moyens d’orientation et d’incitation puissants que l’État peut facilement mettre en œuvre, dans le respect de tous les engagements conclus.