Mercredi 1 Aout 2007 -- La société tunisienne Médis, spécialisée dans l’industrie pharmaceutique, a annoncé hier avoir procédé à l’achat de 50 % du capital du laboratoire algérien Inpha, pour améliorer sa distribution de médicaments génériques dans le Maghreb.
Selon le directeur financier de Médis, M. Dhafer, la transaction a été effectuée par une participation à l’augmentation du capital du laboratoire Inpha, à hauteur de 1,5 million d’euros. Le groupe tunisien table sur une croissance de plus de 10 % à l’horizon de 2010 sur le marché algérien, où la production locale ne couvre que 25 % des besoins, a révélé la même source, avant d’ajouter que Médis est également intéressée par les perspectives de croissance dans l’ensemble de la région du Maghreb, notamment au Maroc et en Libye.
Médis appartient au groupe tunisien Boujebel, qui opère principalement dans l’hôtellerie et l’agroalimentaire. Il a été créé en 1995 avec un co-financement de la Banque européenne d’investissement (BEI). Il compte sur une amélioration de ses exportations, le marché tunisien étant dominé par les filiales de laboratoires mondiaux comme Pfizer, Aventis et Upsa.
Spécialisée dans les médicaments génériques, Médis fabrique environ 90 médicaments destinés essentiellement à l’exportation. En Tunisie, le secteur de l’industrie pharmaceutique, ouvert aux privés locaux et étrangers, est passé de trois unités de fabrication en 1990 à plus de 25 actuellement et assure 55 % en volume de la consommation locale.
".....Within the cognitive disorders area, sales of Tanakan(R) for the second quarter of 2007 reached EUR 33.1 million, up 1.3% year-on-year (second quarter 2006, EUR 32.7 million). Strong growth in Algeria, Vietnam, Russia, Romania and China were almost fully offset by the sales decrease in France, which represented 68.3% of total Tanakan(R) sales in the second quarter 2007 compared with 69.6% a year earlier. For the first half 2007, sales of Tanakan(R) amounted to EUR 64.1 million down 0.6% mainly due to decreasing volumes in France....."
Jeudi 2 Aout 2007 -- Le principe d’une éventuelle extension du complexe du groupe pharmaceutique «Saidal» de Constantine est retenu pour l’année 2008, a indiqué, à l’APS, M. Karim Semrani, directeur de cette usine. Une usine qui a, pour rappel, mis au point son premier flacon d’insuline le 27 mars 2006.
Le complexe, érigé sur une superficie totale de 13 000 mètres carrés, dont 4 200 bâtis, a coûté des investissements estimés à 13 millions d’euros, a rappelé le responsable de cette usine réceptionnée en décembre 2005 et officiellement inaugurée par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, le 16 avril 2006, lors de sa visite à Constantine.
L’usine, qui produit également d’autres gammes de médicaments, est conçue pour une capacité de 5 millions d’unités vente (5 000 000 UV) dont 2 000 000 UV d’insuline «Rapide», 1 500 000 UV d’insuline «Basal» et 1 500 000 UV d’insuline «Combi». Pour rappel, Constantine a été retenue pour abriter la première usine de production d’insuline en Afrique en 1993. Il a fallu treize ans pour voir ce projet se concrétiser, répondant ainsi aux besoins des diabétiques isulino-dépendants qui sont de plus en plus nombreux en Algérie.
Pour rappel, le chef de l’Etat, en inaugurant cette usine en avril 2006, avait évoqué les tentatives de blocage de construction d’une usine d’insuline en Algérie. Il avait sommé Saidal de couvrir à 100% la fabrication d’insuline et les besoins du marché. «Je veux que la fabrication d’insuline soit à 100% algérienne.»
Par ailleurs, concernant le chiffre d’affaires, il avoisine le 1,7 milliard de dinars, selon la même source. De manière globale, le groupe Saidal, à travers l’ensemble de ses unités, a enregistré une bonne croissance en 2006. Il a en effet connu une évolution de 7% de son chiffre d’affaires par rapport à 2005. Il est passé de 6,7 milliards de dinars à 7,2 milliards de dinars, alors qu’en matière de production, la hausse est de l’ordre de 6% pour une valeur ajoutée de 16%. Côté investissements, le chiffre avoisine les 5 milliards de dinars, plus exactement 4,7 milliards de dinars. Ces chiffres ont été rendus publics dans un communiqué publié par les commissaires aux comptes ayant procédé à l’examen de l’état financier du groupe Saidal.
L’Algérie en a importé pour 664 millions de dollars au premier semestre :
Lundi 6 Août 2007 -- La facture des médicaments a atteint, lors du premier semestre de 2007, un chiffre record jamais établi jusqu’à ce jour en Algérie. Plus de 664 millions de dollars ont été dépensés en termes d’importations pour cette période, soit une augmentation de plus de 36% par rapport au premier semestre de l’année passée.
Il faut s’attendre à ce que la facture avoisine les 1,5 milliard de dollars pour cette année. Ce chiffre vient, encore une fois, démontrer la situation dans laquelle se retrouve le marché dans notre pays où 80% des médicaments sont importés. Les prévisions laissent supposer que le montant de la facture va atteindre des propensions énormes dans les prochaines années. Selon l’Union nationale des opérateurs algériens (UNOP), les importations risquent d’atteindre 6 milliards de dollars par année et d’ici 2010, l’Algérien devra dépenser près de 100 dollars par an en médicaments.
Les explications sur ce “phénomène” vont bon train, et plusieurs raisons sont invoquées. Cela va de l’augmentation des naissances, de l’allongement de l’espérance de vie jusqu’au comportement du simple citoyen. “L’algérien devient de plus en plus malade, et fait de plus en plus attention à sa santé”, nous affirme K. Kamel, responsable d’une pharmacie à Bachdjarah (Alger), qui ajoute pour essayer d’expliquer cette augmentation des importations : “Il ne fait confiance ni au médicament local ni encore à ceux venant des autres pays non européens qui n’ont pas du tout la cote. Il ne demande que le médicament venant d’Europe. Pour cela il est prêt à payer le prix. Le produit local ne tient pas tête sauf celui de Saidal qui a une gamme très large de médicaments, mais à lui seul, il ne peut pas concurrencer les produits européens”.
De son côté, la représentante d’un laboratoire pharmaceutique européen installé à Alger a voulu s’étaler sur ce qu’elle voit sur “le terrain”. Elle explique ainsi que “c’est le patient qui raisonne par l’absurde, si ce n’est pas carrément absurde. Dès qu’il rentre chez un pharmacien, il demande d’emblée le médicament le plus cher. Il ne fait même plus confiance à l’emballage du médicament, et c’est l’une des raisons qui l’incite à choisir le produit européen. C’est plus qu’un complexe, c’est carrément une question de culture. On ne doit pas aussi oublier que c’est devenu maintenant très courant qu’au moindre petit bobo ou mal de tête, on court vers les pharmacies”.
Notre interlocutrice n’hésite pas aussi à pointer du doigt les pharmaciens : “souvent, ils favorisent cet état de fait en incitant les patients à prendre certains types de médicaments.” Une situation qui, selon elle, conduit les patients à prendre les produits pharmaceutiques les plus chers, les mieux emballés, “mais pas nécessairement les plus efficaces”. Continuant sur ses “révélations”, elle ajoutera que les laboratoires pharmaceutiques étrangers trouvent leur compte avec l’attitude des citoyens et l’inertie des autorités du pays. “c’est un marché plus qu’alléchant pour eux. Malgré toutes les entraves qu’ils ont vécues avec l’administration, ils trouvent toujours leur compte. Il suffit de se fier à leurs chiffres d’affaires pour être établis”, ajoute-t-elle.
À propos des usines que ces laboratoires ont ouvertes sur le sol algérien, la représentante d’un laboratoire européen précise que “la quasi-majorité de ces usines ne fait que du conditionnement au lieu de la fabrication. Les labos ont constaté que le prix de revient d’un médicament fabriqué ici est beaucoup plus cher que si l’on en importait. Ils ne veulent prendre aucun risque et n’investissent pas du tout pour le long terme”.
D’ailleurs, les laboratoires pharmaceutiques ne sont plus obligés (comme auparavant) de fabriquer en Algérie après les dernières directives allant dans ce sens, alors qu’auparavant ils y étaient obligés après deux ans d’importations. D’autres “subterfuges” incombent aux laboratoires pharmaceutiques (et même aux producteurs locaux). Ceci ne peut que renforcer ceux qui ne cessent de crier au pouvoir des puissants lobbys du médicament dans notre pays.
L’explication de l’augmentation de la facture est aussi due à d’autres paramètres “macro-humains”. La hausse de l’euro devant le dollar a aussi lourdement influé sur les “achats” sur le marché européen (plus de 80% des importations y proviennent) d’un pays comme le nôtre qui exporte en monnaie américaine. Des pharmaciens et médecins avancent aussi le fait que les prix des molécules mères soient alignés sur ceux du produit générique. L’urgence de trouver une solution à cette facture des médicaments est plus impérative. Il est vrai que la santé a un coût, mais elle n’a pas de prix.
Mardi 7 Août 2007 -- Les chiffres du ministère de la Santé concernant la facture à l’importation de médicaments durant le premier semestre 2007 ne correspondent pas à ceux rendus publics par le Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes algériennes (Cnis). En effet, et alors que le Cnis parle de 664 millions de dollars, le ministère de la Santé avance le chiffre de 316 millions d’euros en diminution de 5,40% par rapport à la même période en 2006. En fait, les deux ont raison : le ministère de la Santé ne parle que des médicaments à usage de la médecine humaine, alors que le chiffre des Douanes algériennes englobe aussi les médicaments vétérinaires, les produits parapharmaceutiques et les réactifs.
Dimanche 12 Aout 2007 -- La facture des importations des médicaments ne cesse d’augmenter et ce, malgré les efforts déployés par l’Etat à travers la politique de d’encouragement de la production des médicaments génériques en Algérie. Ces efforts ne semblent pas donner les résultats escomptés puisque les importations de médicaments ont encore enregistré une «légère hausse au cours du premier semestre 2007 par rapport à la même période de l’année précédente», a rapporté hier l’APS.
La facture est ainsi passée de 632,09 millions à 652,94 millions de dollars, rapporte la même source citant le Centre national de l’informatique et des statistiques (CNIS) relevant des Douanes nationales. En effet, la progression de la facture est de l’ordre de 20,85 millions de dollars par rapport à la même période 2006. D’après les chiffres du CNIS, la facture des médicaments n’a cessé d’être revue à la hausse durant ces dernières années, où il a été enregistré l’importation de 1,18 milliard de dollars en 2006, en légère hausse par rapport à celle de 2005 qui s’était élevée à pas moins de 1,05 milliard de dollars.
Par ailleurs, la répartition des importations par groupe d’utilisation révèle, pour les importations du premier semestre 2007, que les médicaments destinés à l’usage humain occupent nettement la première place avec 632,15 millions de dollars contre 610,77 millions au cours des six premiers mois de l’année dernière.
Les produits parapharmaceutiques, quant à eux, occupent la deuxième position avec un montant de 12,39 millions de dollars au cours de la même période de référence. Les médicaments destinés à la médecine vétérinaire sont classés à la troisième position avec 8,39 millions de dollars au premier trimestre 2007 contre 7,93 millions à la même période 2006.
A ce rythme, le coût des importations des médicaments pour cette année dépassera de facto celui enregistré l’année dernière, au moment où l’Etat a mis en place toute une batterie de facilitations destinée aux investisseurs nationaux et internationaux.