Mercredi 9 juillet 2008 -- La politique du médicament suivie à ce jour par le ministère de la Santé continue de provoquer d’énormes perturbations au niveau du secteur de la pharmacie. C’est du moins ce que ne cessent de dénoncer les opérateurs en pharmacie, et ce, du producteur au distributeur en passant par le grossiste et l’importateur. La conférence de presse organisée hier par les responsables du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) résume assez bien l’état de la situation actuelle de cette « chaîne ». Une situation qualifiée de « catastrophique ». Si le président de la Société algérienne de pharmacie a déclaré dans une interview à El Watan, la semaine dernière, que des usines et des pharmacies risquent de fermer si les choses ne changent pas, le propos vient d’être confirmé par le président du Snapo, Fayçal Abed, qui a animé la conférence de presse en compagnie des membres du bureau national à Chéraga (Alger). Le premier point sur lequel les pharmaciens ont insisté et qui représente le nœud gordien – auquel fait face depuis des années le pharmacien d’officine – est la nouvelle mouture du texte de loi qui consigne les marges bénéficiaire applicables à la production, au conditionnement et à la distribution des médicaments à usage de la médecine humaine approuvé par le gouvernement au mois de mai dernier.
Le Snapo estime que si les pouvoirs publics prônent depuis des années la promotion du générique, il se trouve que « la nouvelle mouture sur les marges bénéficiaires qui vient d’être approuvée par le gouvernement est contre la politique du générique. Au contraire, elle favorise la vente du médicament le plus cher puisque la marge bénéficiaire appliquée au princeps et au générique est la même. L’opérateur va automatiquement vendre le produit le plus cher. Le princeps et son générique se retrouvent sur la même fourchette de prix », a souligné M. Belambri, porte-parole du syndicat. Le nouveau décret, ayant plafonné la marge à 17% pour les produits vendus à plus de 600 DA, n’arrange pas les choses, a poursuivi M. Abed. « Cette marge est pénalisante pour le pharmacien. Cette décision est inacceptable d’autant qu’il est reconnu mondialement que cette marge minimum est plafonnée entre 30 et 33% », a-t-il signalé. Il s’est interrogé sur quelle base avait été décidée cette marge de 17%, rappelant que l’ancienne loi qui régissait ce domaine datant de 1998 instituait une marge de 20% pour les médicaments qui coûtent plus de 150 DA. M. Abed a précisé, à cet égard, qu’il n’y a pas de différence entre l’ancien et le nouveau système et que ces marges risquent de causer la faillite des officines.
Les membres du Snapo menacent
Le président du Snapo a tenu à préciser qu’un rapport détaillé sur la situation actuelle a été adressé au président de la République et des demandes d’audience ont été formulées auprès des ministères de la Santé, du Commerce et du Travail et de la Sécurité sociale. « Notre syndicat est ouvert au dialogue et nous attendons une réaction des pouvoirs publics. Si rien n’est fait, le Snapo ne restera pas les bras croisés. Tous les pharmaciens du territoire national sont mobilisés pour mener une action d’envergure pour se faire entendre », a menacé le président du Snapo. Ce dernier appelle ainsi à l’annulation du décret portant marges bénéficiaires, car il ne pourra jamais être appliqué sous sa forme actuelle, a-t-il ajouté. La marge fixée pour le pharmacien est loin d’être rémunérante, ce qui peut provoquer une indisponibilité de certains produits, ont fait remarquer les membres du bureau national du Snapo. « Cette marge est indécente pour le pharmacien et le risque de voir des produits disparaître des étals n’est pas à écarter », a déclaré le secrétaire général du syndicat. Ce qui rendra la crise du médicament encore plus aiguë. A propos justement de la rupture de stocks de médicaments qui touche le pays depuis trois mois, le Snapo affirme qu’elle est aujourd’hui une réalité qu’il ne faut pas ignorer. Mais le président du Snapo n’a pas manqué de s’interroger sur les raisons qui ont provoqué ces pénuries. A ce propos, il signale une « réapparition soudaine » de certains médicaments sur le marché dès qu’il y a eu signature des programmes d’importation de médicaments. Cette rupture de stocks a, fait remarquer un membre du bureau, révélé une insuffisance et de grandes carences du système national de santé, notamment dans la politique du médicament. « Et si une épidémie venait à se produire, comment allons-nous agir ? », s’est -il interrogé avant d’appeler à une réflexion sérieuse sur la politique du médicament.
M. Abed a par ailleurs dénoncé les installations « anarchiques et inégales » de pharmacies dans les chefs-lieux de certaines wilayas et même dans la capitale, ce qui représente, selon lui, « un dépassement de la part des directions de santé publique de wilaya ». Les responsables, les walis et les directeurs de santé publique (DSP) qui ont permis ces installations anarchiques doivent rendre des comptes, a exigé le Snapo. Concernant les produits périmés, le Snapo s’inquiète sur leur sort, du moment que « leur incinération, a-t-il dit, demeure interdite dans les décharges publiques depuis 2002 en raison de la protection de la santé des citoyens et de l’environnement ». L’incinération des produits périmés, dont la quantité est estimée, selon le syndicat, à des milliers de tonnes qui se trouvent au niveau des officines, devrait se faire dans des incinérateurs, a indiqué M. Abed, déplorant l’inexistence d’incinérateurs agréés. Les pouvoirs publics doivent intervenir, d’autant que la situation est de plus en plus intenable. M. Abed a, en outre, appelé les autorités concernées à élaborer une « liste officielle actualisée des psychotropes commercialisés afin de mettre fin à toutes les dérives ». Il faut clarifier le classement de ces médicaments, dont la gamme ne s’arrête pas à douze produits répertoriés sur une liste. Le président du Snapo a annoncé dans la foulée la tenue du conseil national du Snapo, aujourd’hui, pour débattre de toutes les difficultés rencontrées par le pharmacien d’officine.
Mercredi 9 juillet 2008 -- Le président du Snapo, M. Abed, a dénoncé les visites d’inspection opérées au niveau des pharmacies. Ce sont plutôt des actions policières pénalisant les pharmaciens qui ont été organisées par le ministère de la santé. « Nous avons enregistré des dépassements graves de la part des inspecteurs en guise de représailles, suite à nos déclarations portant sur la rupture de stocks de médicaments.
Ce qui est une réalité qu’on ne peut pas cacher. Des pharmaciens se sont vus pénalisés pour avoir fait des analyses médicales, pour avoir disposé de stocks de produits périmés et pour tant d’autres choses. Nous demandons au ministère de la santé d’élaborer un arrêté définissant les paramètres autorisés en pharmacie puisque la loi existe déjà. »
Mercredi 9 juillet 2008 -- Ce décret ne répond pas du tout aux attentes des pharmaciens d’officine. Il a été adopté sans tenir compte des revendications du Snapo et ces marges bénéficiaires sont contradictoires avec la politique nationale de santé, qui vise à encourager la consommation de médicaments génériques et demeurent très pénalisantes pour le pharmacien d’officine. Le décret en question stipule que plus le coût du produit est réduit, plus la marge de bénéfice du pharmacien ou du distributeur est importante et inversement. Concernant la rupture de stocks de médicaments, M. Belambri a indiqué qu’elle a été provoquée par le retard accusé dans la signature des programmes d’importation, d’une part, et en raison de la rétention opérée par certains opérateurs des stocks qui ont « profité de la situation de rupture pour libérer ces produits d’une manière limitée ».
Ils ont même profité de cette occasion pour relancer la vente concomitante et écouler certains produits dont les dates de péremption sont proches. Il est temps que les pouvoirs publics interviennent pour réguler le marché et casser le monopole de l’importation de certains produits. C’est surtout important pour mettre le pays à l’abri d’une indisponibilité qui peut intervenir à n’importe quel moment. Il y a lieu aussi d’encourager la production nationale et le pharmacien à travers l’amélioration de la marge bénéficiaire. Il faut signaler que l’Algérie a les compétences et les moyens nécessaires pour répondre aux besoins.
Mercredi 9 juillet 2008 -- Les dix pharmaciens de la wilaya d’Alger pour qui les contrats de la convention du tiers payant ont été résiliés, il y a plus d’un an, viennent d’être rétablis par la direction générale de la Cnas. Une réunion est prévue aujourd’hui entre le directeur général de la Cnas, en présence du président du Snapo, et les pharmaciens concernés afin de finaliser les termes de la convention. A noter que depuis la suspension des contrats, des démarches ont été entreprises par le Snapo auprès du ministère de la Sécurité sociale et de la direction générale de la Cnas.
Mercredi 9 juillet 2008 -- Les pharmaciens d’officine sont dans une situation très difficile. Tel est le constat fait par le président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAPO), M. Fayçal Abed, lors d’une conférence de presse qu’il a animée hier à Alger. Brossant un tableau peu reluisant de la corporation des pharmaciens, M. Abed a estimé que «depuis 2000, tout a augmenté sauf les marges bénéficiaires des pharmaciens d’officine qui stagnent toujours au taux de 17 %». Et de préciser, dans ce registre, que «le syndicat a déjà étayé, lors d’entrevues avec de hauts responsables, ses doléances, restées sans lendemain, à notre grande déception».
Lors de sa conférence de presse, le président du SNAPO a expliqué que la marge bénéficiaire de 17 % officiellement arrêtée n’encourageait nullement l’achat de médicaments génériques. Et de soulever «une autre anomalie dans les nouvelles dispositions réglementaires, liée à la similitude des marges bénéficiaires sur les médicaments génériques avec celles des médicaments princeps. Raison pour laquelle le président du SNAPO tire la sonnette d’alarme, estimant que cette situation va faire la part belle aux produits importés. Et M. Abed d’arguer que les marges bénéficiaires des pharmaciens d’officine appliquées dans le monde entier se situent à hauteur de 30 %.
«Si le nouveau décret est appliqué sans les mesures d’accompagnements, les pharmaciens d’officine seront appelés à disparaître», a estimé, de son coté, le secrétaire général du bureau national du SNAPO, M. Naït Djoudi, présent à cette conférence de presse. Interrogé sur la position qu’adoptera la SNAPO en cas de mise en application du décret sans mesures d’accompagnements, M. Abed n’écarte pas l’éventualité de recourir à un mouvement de protestation. Il a toutefois fait savoir que le ministère de la Santé s’attelait actuellement à examiner le dossier portant sur l’encouragement du recours aux médicaments génériques. «On attendra les résultats de cette réflexion», a-t-il tenu à souligner.
Abordant par ailleurs le problème des ruptures de stocks de médicaments récemment enregistrées, notamment pour le traitement des maladies chroniques, le président du SNAPO a dénoncé cette situation et préconisé une révision du système de distribution. Sur un autre volet, il a indiqué que le SNAPO allait saisir le ministère de l’Environnement sur la question des incinérateurs. A ce sujet, il a indiqué qu’à la suite de l’interdiction d’incinération des médicaments périmés depuis 2002, plus de dix de tonnes de produits médicamenteux attendent d’être incinérés. Enfin, M. Abed a indiqué que le SNAPO revendique, dans le cadre de lutte contre la toxicomanie, l’établissement d’une liste officielle des médicaments psychotropes, en conformité avec les dispositions des conventions internationales y afférentes.
Mercredi 9 juillet 2008 -- Les pharmaciens d’officine menacent de recourir à une grève générale, au cas où le gouvernement ne répondait pas favorablement à leurs revendications, principalement celle relative à la mouture sur les marges bénéficiaires. Dans une conférence de presse tenue, hier, au centre commercial d’El Quods, à Chéraga, animée par les représentants du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAPO), M. Fayçal Abed, président du syndicat, a affirmé que son mouvement syndical prévoit d’ores et déjà une action de protestation, à l’échelle nationale, si la tutelle continuait à négliger les difficultés de cette corporation. Des difficultés détaillées dans un rapport de 39 pages, remis au chef du gouvernement actuel et au président de la République, ainsi qu’aux ministères du Commerce et du Travail. Ce rapport retrace, selon M. Abed, la situation précaire de l’exercice de leur profession, depuis 1998, dans les 5 000 officines que compte notre pays. «Une situation pas très reluisante», si on se fiait aux déclarations de M. Abed qui a profité de la rencontre d’hier pour lancer un appel à tous les pharmaciens algériens afin de s’inscrire à leur démarche. Le SNAPO demande, également, aux pouvoirs publics d’ouvrir les portes des négociations, dénonçant, dans le même volet, l’élaboration du dernier décret sans les consulter. Un décret, jugé comme «un non-sens» puisque la marge bénéficiaire moyenne a été plafonnée à 17%, alors que l’imposition des officines est calculée sur la base de 20%, tout en précisant, dans ce contexte, que la marge bénéficiaire varie entre 30 et 33% dans la plupart des pays du monde.
La grogne des pharmaciens ne provient pas uniquement de la réduction de la marge bénéficiaire qui risque de mener les officines à la faillite, mais elle est due également aux dépassements enregistrés dans le secteur, principalement à l’ère de l’ancien ministre, M. Amar Tou. Il s’agit, notamment, des inspections effectuées par des médecins et des chirurgiens dentistes, alors que cela est contraire à la loi, stipulant que les inspections sont du ressort des pharmaciens inspecteurs. L’intervenant évoque aussi l’ouverture de nouvelles officines qui se font au détriment des normes, c’est-à-dire un pharmacien pour 5 000 habitants d’une grande agglomération et un pharmacien pour 4 500 habitants lorsqu’il s’agit d’une ville moyenne. S’exprimant sur ce point, M. Naït Djoudi, membre du bureau national, a estimé que le ministre sortant encourageait les barons des médicaments au détriment des pharmaciens. Et d’ajouter : «Le ministre cherchait à nous déséquilibrer économiquement au profit de la libéralisation du secteur.» Amar Tou aurait voulu, selon les intervenants, installer le système appliqué dans les pays anglo-saxons, où un seul opérateur détient une chaîne de distribution de médicaments. Un système qui provoque la ruine des pharmaciens. Evoquant la politique du générique, Belamri Messaoud, membre du syndicat et chargé de la communication, a estimé qu’elle est vouée à l’échec, car elle est établie d’une manière à encourager la vente des molécules mères au détriment du générique. Chose qui pénalise sérieusement les malades. A ce sujet, M. Abed a estimé nécessaire d’élaborer des mesures d’accompagnement pour écouler les produits du générique.
En réponse à la question relative à la pénurie de certains médicaments sur le marché national, les intervenants à la conférence ont été unanimes à affirmer que la rupture du stock était voulue. Cela a été confirmé, suite à la décision du gouvernement de signer les programmes d’importation, bloqués depuis des mois. M. Abed a affirmé que les 150 produits en rupture ont vite fait leur apparition sur le marché. Il s’agit de médicaments pour les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’hypertension, le cancer. Cette réalité a dévoilé les manœuvres malsaines, selon lui, de certains «monopolisateurs» du marché du médicament, de sorte à faire écouler le stock de certains produits non demandés sur le sujet. La pénurie a également révélé les défaillances du système de distribution. La question se pose : où est passé le stock de réserve ? Les intervenants ont, par ailleurs, énuméré moult problèmes dans l’exercice de leur profession. Pour clore la conférence, le syndicat a appelé à la révision du décret exécutif déterminant les marges maximales, introduit en mai dernier, à la réhabilitation des officines et à l’élaboration d’une liste officielle actualisée des psychotropes.
Des milliers de tonnes de produits périmés stockés
Les pharmaciens d’officine s’inquiètent, en outre, sur le devenir des quantités importantes de médicaments périmés. Ces produits sont stockés dans les officines depuis 2002, date de l’application de la loi portant sur l’interdiction de leur incinération, dans les décharges publiques, pour des raisons liées à la protection de l’environnement. L’opération doit se faire, pour rappel, dans des incinérateurs. Par ailleurs, M. Abed déplore l’absence d’incinérateurs agréés au niveau des hôpitaux. Le ministère de l’Environnement a été saisi pour trouver les solutions adéquates.