Dimanche 4 Mai 2008 -- Les changements continuent à la tête des principales entreprises publiques. Après un règne de 13 ans, Ali Aoun a décidé de quitter ses fonctions de PDG du plus important groupe pharmaceutique algérien, Saidal. M.Aoun a été remplacé par Fayçal Ababsa à la tête du conseil d’administration, à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire, indique dimanche un communiqué de Saidal. Selon la même source, M. Rachid Zaouani a été désigné en tant que directeur général du groupe.
Officiellement, c’est Ali Aoun qui a émis le souhait de faire valoir ses droits à la retraite. Mais depuis quelques mois, son départ de la tête de Saidal était régulièrement évoqué. Lors du procès Khalifa tenu en mars 2007 a Blida, le désormais ex PDG de Saidal a été condamné à deux années de prison ferme. SPA au capital social de 2,5 milliards de DA et employant quelque 4.300 travailleurs, Saidal a réalisé un chiffre d'affaires de 8 milliards de DA en 2007. En 1999, M. Aoun avait été désigné Manager de l'année.
Lundi 5 Mai 2008 -- Le syndicat national des pharmaciens a mis en garde, hier, contre des médicaments de contrefaçons qui sont commercialisés dans des points de ventes illégaux sur l’ensemble du territoire national. Il s’agit en général de médicaments pour le traitement de l’insuffisance sexuelle, qui risquent d’avoir de graves conséquences sur la santé du consommateur.
Le marché des médicaments en Algérie a connu dernièrement, selon M. Belaamri, chargé de l’Information au niveau du syndicat national des pharmaciens, un dangereux phénomène, à savoir la commercialisation illégale de médicaments de contrefaçon, dans des boites sans vignettes. Il s’agit essentiellement de médicaments destinés au traitement du disfonctionnement érectile qui sont vendus à des prix concurrentiels, sans aucun contrôle, constituant de grands risques pour la santé du consommateur.
Dans ce cadre, ce responsable a lancé un appel d’urgence à toutes les autorités concernées, en premier lieu, les ministères de la Santé et de la Réforme Hospitalière, pour intervenir en urgence afin de mettre fin à ce phénomène qui se propage de manière inquiétante.
Le représentant des pharmaciens a expliqué que l’Algérie n’est pas à l’abri, surtout si les autorités concernées n’agissent pas pour mettre fin à ce dangereux phénomène.
Lundi 5 Mai 2008 -- Le groupe pharmaceutique Saidal a tenu une assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle M. Fayçal Ababsa a été désigné en qualité de président du conseil d’administration du groupe, en remplacement de M. Ali Aoun qui a fait valoir ses droits à la retraite, a indiqué hier un communiqué de Saidal. Lors de cette assemblée, tenue sous la présidence du secrétaire général, M. Boualem Aouni, M. Rachid Zaouani a été désigné en tant que directeur général du groupe, selon la même source. À cette occasion, un hommage a été rendu à M. Aoun qui a dirigé le groupe pendant 13 ans, souligne le communiqué. Saidal, une SPA au capital social de 2,5 milliards de DA qui emploie quelque 4 300 travailleurs, a réalisé un chiffre d’affaires de 8 milliards de DA en 2007.
Mercredi 7 Mai 2008 -- Le vice-président du Rassemblement national démocratique, Boutouiga Benhalima, a vivement interpellé, hier à l’APN, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière pour mettre un terme à ce qu’il a appelé “les supérettes du médicament”. Il a demandé à Amar Tou d’organiser l’importation du médicament où 117 opérateurs se partagent la bagatelle de 4 milliards de dollars US. Selon le député du RND, cela provoque la fermeture des usines de médicaments en Algérie au moment où l’État encourage fortement le recours aux médicaments génériques produits dans notre pays.
Mercredi 7 Mai 2008 -- Un projet de loi modifiant et complétant la loi N°85-05 du 16 février 1986, relative à la protection et à la promotion de la santé, a été soumis hier au débat au niveau de l’Assemblée populaire nationale (APN). Le projet, présenté aux représentants du peuple, porte principalement sur la création d’une «agence nationale des produits pharmaceutiques à usage de la médecine humaine».
Une autorité administrative indépendante qui sera chargée, après la promulgation de la nouvelle loi, d’assurer la régulation du marché des produits pharmaceutiques et de veiller au respect des lois et des règlements relatifs aux activités de la pharmacie. Confier cette mission à cette nouvelle agence n’enlèvera toutefois en rien, indique le premier responsable du secteur, M. Amar Tou, au ministère son rôle de contrôle sur ces produits pharmaceutiques. Ce que les députés n’arrivent pas à comprendre, selon leurs propres dires, estimant que, si cette nouvelle autorité est indépendante, le ministère ne pourra plus intervenir directement dans ce même domaine. Les députés affirment, en fait, que la relation entre le département de M. Tou et cette agence n’est pas claire.
Le député M. Yaïci Rachid, du Mouvement du renouveau national (MRN), estime, de son côté, que le travail confié à cette nouvelle agence est purement technique. Il faudrait donc désigner des techniciens, et non pas des administratifs, pour assurer convenablement ce travail. Il faudrait surtout, comme c’est le cas de l’Agence française de normalisation (Afnor) -qui a inspiré ce projet de loi- rajouter à cette agence des laboratoires spécialisés (Laboratoire national de l’équipement médical, Laboratoire national des essais, Laboratoire national de santé et Centre national de l’équipement hospitalier).
Le député du MRN relève que le projet de loi soumis au débat ne fait pas référence à ces laboratoires spécialisés. Entre autres modifications introduites, «les produits pharmaceutiques et les dispositifs médicaux, à usage de la médecine humaine, ne peuvent être importés, fabriqués ou exportés que par des établissements pharmaceutiques publics ou des établissements pharmaceutiques privés agréés. Leur distribution s’effectue uniquement en gros par des établissements publics ou des établissements privés agréés et au détail par des officines de pharmacie». A ce propos, ont relevé des députés dans leurs interventions, un monopole sur l’importation des produits pharmaceutiques ne cesse de se développer en Algérie depuis l’ouverture du marché au privé. Un monopole qui n’est pas sans conséquences sur la politique nationale du médicament.
Un député du RCD s’est dit outré par le fait que la production nationale du médicament ne représente que 30% des besoins nationaux en la matière, alors que l’Etat dégage annuellement une somme de 1,2 milliard d’euros pour investir dans ce domaine. Aussi, constate le député du RCD, «la production nationale ne concerne que 100 médicaments, alors que les produits d’importation sont près de 500».
Lundi 12 Mai 2008 -- Pourquoi le générique n’a-t-il pas pris une place prépondérante dans le marché algérien ? C’est la problématique débattue lors de la quatrième édition de Pharmadays, organisée par le groupe Zedpharm à Marrakech. Les professionnels du médicament ont recommandé certaines mesures en tenant compte de la réalité du marché du générique qui officiellement est estimé à 37 % mais ne dépasse pas réellement les 18 %. Dans la chaîne de la promotion du générique, tous les maillons sont nécessaires et doivent collaborer en parfaite harmonie surtout que le citoyen reste mal informé. Le pharmacien étant l’un de ces acteurs, son rôle est d’autant plus important qu’il a le droit de substitution. Le prescripteur conserve toute la responsabilité de sa prescription, puisqu’il a choisi le principe avec le dosage, la posologie, et la durée du traitement. Le pharmacien demeure, quant à lui, responsable de la dispensation, c'est-à-dire du contrôle de la prescription et de son exécution.
Lors de ce congrès où un nombre important de pharmaciens a été convié, il a été signalé que contrairement aux médecins, une très grande majorité de pharmaciens d’officine délivrent régulièrement le générique, 45 % souvent et 55 % systématiquement. Cependant, les freins à la délivrance sont, selon les pharmaciens interrogés, la réticence du patient pour 82 % d’entre eux, l’appartenance du médicament pour 50 % et l’opposition du prescripteur pour 46 %. Selon le Pr Belmahi, toxicologue et membre du Comité national de pharmacovigilance, un sondage réalisé auprès de quelques médecins et pharmaciens de trois wilayas de l’Est a démontré qu’un médecin sur quatre déclare que les médicaments génériques ont modifié leur relation avec leur patient, parmi ce groupe, 80 % déclarent qu’ils ont favorisé les échanges sur le coût et seulement 70 % sur le bon usage des médicaments.
Une étude sur le générique réalisée en France clôturée en avril 2007 et publiée par Débat avenir de la santé a démontré que seulement 67 % ne demandent pas spontanément le générique à leur pharmacien. Pour ce qui est de la vente du générique en Algérie, le Dr Zertal n’hésite pas à la qualifier de «timide» qui souligne qu’«il faut sensibiliser les pharmaciens car le but n’est pas encore atteint». Pour le P-DG du groupe Zedpharm, «les solutions résident dans des mesures d’intéressement dont une marge bénéficiaire». Pour sa part, le Dr Djenane, président du Conseil de l’ordre des médecins de la région de Constantine et vice-président du Conseil national des médecins, a précisé que «malgré le matraquage médiatique autour du générique, on constate qu’il n’arrive pas à prendre la place voulue à l’instar d’autres pays comme l’Afrique du Sud et l’Egypte par exemple qui sont à 50 % de l’utilisation du générique ». Il doit y avoir une stratégie claire basée, selon notre interlocuteur, sur trois volets : la bataille de la promotion, le tarif de référence et le déremboursement ou ce qu’il appelle service médical rendu.
Sur un autre volet, le Dr Zertal a estimé que le marché du médicament en Algérie est en pleine gestation à cause du passage vers l’économie de marché qui était prématuré et a entraîné cette anarchie. «Il faut protéger la production locale en mettant des balises juridiques, les solutions existent et il faut une réelle volonté pour faire la promotion du générique fabriqué localement, on pourra prendre l’exemple de la Tunisie pour sa centrale d’achats», a-til expliqué. Et d’ajouter : «Pour restructurer le marché, il faut insister sur certaines normes, clarifier les tâches et respecter les normes internationales de la distribution. Concernant les agréments, il ne faut pas les bloquer mais imposer un cahier des charges plus rigoureux.» «En tant qu’industriel, la concurrence ne nous fait pas peur mais nous sommes déçus que de grands laboratoires ne font pas de la production mais seulement la distribution», a conclu le P-dg de Zedpharm. Enfin, il est à préciser que la quatrième édition de Pharmadays a été consacrée au générique, a développé également un aspect important, celui de la stratégie marketing de l’entreprise officinale. Un thème qui a intéressé de manière directe l’ensemble des pharmaciens qui ont pris part aux travaux de cette édition de Pharmadays qui s’est déroulée du 6 au 10 mai 2008.