Mercredi 26 Mars 2008 -- Six actifs faisant partie du patrimoine de l’entreprise de distribution de gros des médicaments (Digromed) sont mis en concurrence dans le cadre du programme de privatisation des entreprises publiques, rapporte l’APS. L’opération lancée hier par la Société de gestion des participations de l’Etat « chimie-pharmacie » (SGP-Gephac) concerne deux unités commerciales à Tizi Ouzou et à Constantine, un immeuble à Oran, un centre de transport et de maintenance à Oued Smar (Alger) et enfin une ex-direction régionale à Annaba. L’agence ne cite pas cependant les délais d’accomplissement ni les détails du déroulement de ces cessions de biens publics. D’après un bilan officiel, les privatisations menées par le gouvernement entre 2003 et 2007 ont abouti au changement de propriétaires (totale ou partielle) sur 417 entreprises. Le département de l’industrie affiche l’objectif de céder 100 autres EPE au cours de ce semestre.
Mercredi 26 Mars 2008 -- La facture d'importation des médicaments a dépassé, en 2007, le montant d’un milliard quatre cents millions de dollars pour quelque 1 100 marques de médicaments, dont certaines sont fabriquées localement. Pour alléger cette facture, des mesures s'imposent pour soutenir et encourager la production nationale. Face à cette situation, l’Union nationale des opérateurs en pharmacie (Unop) interpelle les pouvoirs publics sur la nécessité de les aider à améliorer leur productivité afin de revoir à la baisse cette facture qui augmente d’année en année.
«Les cinquante-deux unités algériennes en pharmacie sont capables de satisfaire les besoins du marché national en plusieurs marques de médicaments, mais elles ne fonctionnent aujourd’hui qu’à 30% de leurs capacités de production. Pourquoi ne pas encourager ces opérateurs et profiter de leur savoir-faire afin de réduire la facture d’importation ?», s’interroge Malik Aït Saïd, secrétaire général adjoint de l’Unop.
Selon lui, les opérateurs algériens ont investi un milliard huit cent mille dinars et créé 12 000 emplois directs, dont le tiers des employés sont hautement qualifiés. «Nos unités ne demandent que le soutien des pouvoirs publics pour pouvoir fonctionner 24h/24h. Il faudrait mettre leur expérience au profit du marché national et la réduction de la dépendance aux opérateurs étrangers», a-t-il souligné, ce matin, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale.
Concernant l’importation des médicaments non essentiels, dits produits de confort, M. Aït Saïd a suggéré de«mettre des garde-fous au ministère de la Santé pour limiter cette activité qui est en train de gonfler la facture». Les 123 opérateurs-importateurs de médicaments recensés au niveau du ministère de la Santé déposent, a-t-il précisé, des programmes d’importation qui répondent aux besoins du marché et c’est à l’autorité publique de «réguler ce volet et non aux importateurs qui visent, avant tout, le gain d’argent».
Les opérateurs algériens comptent donner un coup d’accélérateur à leur activité en collaboration avec les chercheurs spécialisés. L’Unop est en train de réfléchir à investir dans des projets de recherche et développement en rapport avec le ministère chargé de la Recherche. «Une réunion est prévue à Constantine pour recenser les potentialités algériennes en la matière», a souligné l’invité de la radio.
Commentant la dernière mesure prise par le ministère du Travail et de la Sécurité relative à l’élargissement de la nomenclature des médicaments remboursables, M. Aït Saïd a estimé que «cela constitue une avancée certaine, mais il faudrait insérer d’autres médicaments notamment ceux relatifs à certaines maladies graves comme le cancer et l’hépatite». La création des cellules d’urgence au niveau des hôpitaux pour garantir la disponibilité des médicaments constitue, selon lui, également un acquis de grande importance, mais les autorités concernées devraient veiller, suggère-t-il, à garantir la disponibilité de «toutes les marques et dans toutes les régions du pays».
Jeudi 27 Mars 2008 -- “Réalités et perspectives des médicaments génériques en Algérie”, tel a été le thème des IIIes rencontres scientifiques du département de pharmacie de la faculté de médecine d’Oran, qui se sont tenues hier au niveau de l’EHU du 1er-Novembre.
D’emblée, à l’ouverture des travaux, se sont posées la question sur la part du générique dans notre pays et celles liées au coût et à leur efficacité thérapeutique. Il s’est trouvé que le représentant du ministère de la Santé, M. Smati, a avancé qu’“en 2008, nous espérons que les médicaments génériques représenteront 45% du total des médicaments importés, et dans l’avenir d’arriver à 70%. Ce qui réduira d’autant la facture d’importation puisque les génériques sont de 30% moins chers que les princeps”. Un objectif qui laisse sceptiques bien des participants à la rencontre tant les enjeux économiques entre les grands laboratoires mondiaux qui ont la mainmise sur le marché mondial et les pays émergents sont énormes. L’intervenant d’ailleurs poursuivra sur cet aspect de coût en suggérant que l’Algérie, pour produire des génériques, soit 98% de la production nationale, “se devait de se tourner vers des pays asiatiques pour acheter la matière première comme le font d’ailleurs 80% des multinationales pharmaceutiques”.
Abordant toujours la situation du marché du médicament dans notre pays, M. Smati, pour montrer l’ampleur des enjeux financiers, dira que “340 laboratoires mondiaux vendent leurs produits en Algérie et que chaque année une vingtaine de plus est enregistrée”, d’où la réaction de certains participants s’interrogeant sur la politique de soutien à l’émergence d’une production nationale et de la recherche. Quant à savoir si le système national de contrôle des médicaments est efficace, le même intervenant évoquera le cas d’un lot de médicaments du laboratoire BHS qui fut jugé impropre et rejeté.
Pour sa part, M. Mansouri, directeur général du Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques, abondera dans ce sens en expliquant que “les médicaments non conformes ne représentent chaque année que 0,02% sur un total de 20 000 lots”. Du moins ceux empruntant les circuits officiels. Pour ce qui est de la bioéquivalence qui avait suscité une polémique sur sa généralisation dans le contrôle des médicaments, l’orateur nous a déclaré que “l’OMS avait établi une liste ouverte de médicaments pour lesquels il faut une bioéquivalence et pour cela il faut un centre d’expertise”. À noter justement que très prochainement sera créée l’agence nationale du médicament qui sera chargée de l’enregistrement et du contrôle des médicaments importés.
Le professeur Mesbah, de la faculté de médecine d’Alger, présentera une communication sur “l’accès aux médicaments et la mondialisation” en montrant que les médicaments sont un bien essentiel (et non une notion de marchandises). L’avènement du générique a permis, après d’âpres luttes ô combien importantes, un accès plus grand aux médicaments, notamment dans les pays pauvres et de citer justement l’exemple de la trithérapie pour le traitement du VIH sida. Son coût était de 10 000 dollars et le jeu de la concurrence, grâce à des pays comme le Brésil et l’Inde, a permis en 2007 de ramener ce prix à 100 dollars”. Et d’ajouter qu’en ”Algérie la part des princeps était toujours élevée, soit 70%”. D’autres aspects sur “la stabilité des médicaments génériques”, “l’efficacité des médicaments génériques”, etc. seront encore abordés lors de cette journée scientifique.
Jeudi 27 mars 2008 -- Une agence nationale du médicament verra bientôt le jour, a-t-on appris hier.
Le Directeur du Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP), qui a présenté à cette occasion le cadre organisationnel de contrôle du médicament mis en place par son organisme et la bioéquivalence des médicaments, aussi bien génériques que princeps, a indiqué que cette agence sera chargée de plusieurs missions dont le contrôle et l'enregistrement des produits pharmaceutiques, avant d'annoncer que le LNCPP gère, depuis janvier dernier, les opérations de mise en conformité des consommables médicaux.
Intervenant à l'occasion d'un point de presse, le même responsable a souligné que le contrôle systématique et rigoureux a permis de baisser le taux de médicaments non conformes de 03 % en 1996 à 0,02% actuellement, parmi 20.000 lots de produits pharmaceutiques.
Pour sa part, le Directeur de la Pharmacie au niveau du ministère de la santé, de la population et de la réforme des hôpitaux, M.Smati a affirmé que les médicaments contrefaits ne sont plus en circulation dans les circuits légaux de commercialisation en Algérie, "grâce à la rigueur du LNCPP et du Centre de pharmacovigilance et sa cellule au niveau du ministère, qui veillent sur la santé de la population", a-t-il indiqué, précisant que le contrôle est systématique pour retirer tous les lots de médicaments non conformes.
Dans ce contexte, la même source a ajouté que "après la vérification, par un laboratoire étranger, de 50 lots de médicaments, il s'est avéré, à l'issue du contrôle systématique effectué par le LNCCP, qu'un seul lot n'était pas conforme".
"Le nombre élevé de nos partenaires dans le domaine des importations des produits pharmaceutiques nous pousse à adopter des outils rigoureux de contrôle pour éviter les copies et les contrefaçons de produits", a-t-il déclaré, précisant que le ministère compte plus de 340 laboratoires partenaires.
Jeudi 27 mars 2008 -- Une agence nationale pour l'enregistrement et le contrôle du médicament sera bientôt créée. Tous les médicaments importés vont passer par cette agence et seront soumis à un contrôle rigoureux. Contre la contrefaçon du médicament, devenue un phénomène mondial, l'Algérie compte mettre en place des dispositifs afin de faire barrage à tout produit pharmaceutique qui ne répond pas aux normes. C'est ce qui a été annoncé, hier, lors de la 3ème rencontre scientifique du département de pharmacie d'Oran, organisée à l'EHU 1er Novembre à l'USTO. Cette rencontre scientifique a été consacrée essentiellement au médicament générique et la biosécurité dans les laboratoires. Pour le ministère de la Santé et de la population, aucun médicament importé ou autre n'échappe au contrôle.
L'Algérie, selon le représentant du ministère qui a présenté une communication sur le médicament générique, se targue d'être le pays qui contrôle tous les lots de produits pharmaceutiques sans exception, contrairement aux autres pays qui eux procèdent à un contrôle par lots. Selon notre interlocuteur, « l'Algérie veille au grain sur ce point et a mis en place un système de contrôle efficace ». « Aucun médicament contrefait ne passe par les circuits officiels », a tenu à rassurer le ministère.
Abordant le médicament générique, le représentant du ministère a insisté sur la nouvelle politique du gouvernement qui encourage et favorise ce genre de produits qui coûtent moins chers et ont le même effet que les princeps. Selon les prévisions, le médicament générique représentera 45 % des médicaments importés et le ministère oeuvrera à augmenter ce taux, étant donné que la facture médicale est réduite.
Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, M. Tayeb Louh, avait mis en garde, dernièrement, contre toute entrave de l'application de la politique de consommation des médicaments génériques en Algérie. Il a, en outre, averti que «tous les moyens légitimes » seront déployés contre « tous ceux qui veulent défendre d'autres intérêts ou d'autres laboratoires pour imposer des produits à des prix élevés qui vont contre l'intérêt national».
Le ministre avait, en outre, indiqué que l'application des tarifs de référence a débuté en avril 2006 pour 116 dénominations communes internationales (DCI) (plus de 1.000 marques) sur 1.135 DCI remboursables (3.000 médicaments). L'application de la politique de consommation des médicaments génériques en Algérie a permis, selon une première évaluation, de constater une baisse sensible des prix du médicament, y compris les princeps (100 médicaments), a-t-il indiqué. A titre d'exemple, trois médicaments à large usage : le premier est passé de 1.055 DA à 719 DA, le deuxième de 906 DA à 575 DA et le troisième de 417 DA à 285 DA.
A noter que la rencontre d'hier est la troisième du genre mise sur pied par le département de pharmacie de la faculté de médecine d'Oran. Quelque 250 participants dont des professeurs, des pharmaciens, des représentants de laboratoires et des chercheurs, ont abordé les différents axes ayant trait à la qualité des médicaments génériques, leur efficacité et leurs prix.
Samedi 29 Mars 2008 -- Qui dirigera la future Agence nationale du médicament ? La bataille pour le poste de président de l'Agence nationale du médicament fait rage. Au moins sept candidats convoitent le poste de président du comité de direction de cette agence nouvellement créée, a appris toutsurlalgerie.com auprès de sources proches du dossier.
L’agence dont le démarrage est prévu en septembre prochain sera dirigée par un comité de direction composé d'un président et de quatre directeurs qui seront nommés par décret présidentiel sur proposition du ministre de la santé Amar Tou. Les candidats sont en majorité des pharmaciens en exercice ou d'anciens hauts responsables au ministère de la santé. Parmi eux : Farid Benhamdine, président de la société générale de pharmacie, Kamel Kezzal, directeur général de l'Agence nationale du sang, Mohamed B. Mansouri, directeur général du laboratoire national du contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP), Rachida Merad, pharmacienne, Mohamed Nibouche, pharmacien et ex-directeur de la pharmacie au ministère de la santé, Lounès Smadhi, directeur par intérim de la direction de la pharmacie au ministère de la santé, Messaoud Ouzza, pharmacien d'officine et ex-directeur de la pharmacie au sein du ministère de la Santé.
« Tous ces candidats sont à la retraite ou proches de la retraite. Ce sont des personnes qui ont déjà géré de près ou de loin le secteur du médicament. Ils viennent avec des préjugés sur les acteurs du marché du médicament. L'Agence nationale du médicament a besoin d'un jeune, avec des idées neuves », estime un proche du ministère de la santé.
La désignation du président de l'Agence nationale du médicament devrait intervenir dans les prochains jours. Le directeur du Laboratoire national du contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP), Mohamed B. Mansouri serait le favori numéro un pour ce poste. Le futur président de l’agence aura le statut d'un véritable ministre du médicament.
L'Agence nationale du médicament cumulera les prérogatives de la direction de la pharmacie au ministère de la santé et celles du laboratoire nationale de contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP). Elle s'occupera de l'enregistrement des médicaments, de l'homologation des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux, de la délivrance des visas pou l'importation de médicaments, déterminera les prix à la production et à l'importation de médicaments. L'Agence aura également le pouvoir de suspendre toute importation ou production de médicaments, selon les mêmes sources.