Samedi 6 Septembre 2008 -- La vedette du 12e sommet de la francophonie, à Québec, du 17 au 19 octobre prochain, pourrait ne pas être le président Nicolas Sarkozy ni sa femme Carla Bruni. Selon la revue politique bimensuelle au Québec l’Actualité, “l'espoir secret de Stephen Harper, Premier ministre du Canada, est qu’après 22 ans d'absence, l'Algérie (re) devienne officiellement membre de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF)”. Il faudra, note encore ce magazine, convaincre le président algérien Abdelaziz Bouteflika de faire le voyage jusqu’à la vieille capitale. Selon la même source, Stephen Harper a envoyé une lettre à Alger par le biais de son représentant personnel.
Samedi 27 Septembre 2008 -- Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, n’a pas encore tranché quant à son éventuelle participation au prochain sommet de la francophonie qui se déroulera au Québec. Optimistes, les Québécois comptent lancer, très prochainement, une invitation au chef de l’État algérien pour prendre part à cette rencontre. Il faut noter que l’Algérie avait participé, en 2006, aux travaux de l’organisation internationale de la francophonie en qualité d’invitée spéciale. Pour le moment, les autorités algériennes n’ont affiché aucune attitude au moment où les autorités québécoises veulent annoncer en grande pompe la participation de notre pays à cet évènement qui coïncide, par ailleurs, avec le 400e anniversaire du Québec.
Mercredi 8 Octobre 2008 -- Le président Abdelaziz Bouteflika participera au prochain sommet de la francophonie qui se déroulera au Québec du 17 au 19 octobre, apprend-on de source crédible. Le chef de l’Etat pourrait annoncer, lors de ce sommet, l’adhésion de l’Algérie à cette organisation francophone, ajoute cette source. L’Algérie occupe, jusqu’à présent, un poste d’observateur dans cette organisation. L’adhésion de l’Algérie à cette organisation est plus que souhaitée par plusieurs pays, à leur tête la France. Au vu de l’importance de sa population, l’Algérie est considérée comme étant le deuxième pays francophone au monde, après la France, explique-t-on pour signifier la place importante de ce pays dans cette organisation francophone. Ajouter à cela le poids politique de ce pays tant au niveau régional qu’international. Le discours du président algérien est très attendu par les autres pays membres de cette organisation, assure-t-on. Ce sommet réunira des dizaines de chefs d’Etat et se déroulera, presque simultanément avec les 40es assises de l’Union internationale de la presse francophone (UPF) dont les travaux se dérouleront du 14 au 18 du même mois, à Montréal. Quatre journalistes algériens sont invités par la section algérienne de l’UPF pour participer à ces travaux. Les dossiers de demande de visa ont été déposés au niveau de l’ambassade du Canada en Algérie. Outre ces invitations, les organes de presse algériens pourront désigner leurs représentants à ces assises. L’Algérie a réussi, en 2007, lors des 39es assises de l’UPF qui ont eu lieu en Côte-d’Ivoire, à arracher la direction du Maghreb arabe et un poste de vice-présidence internationale au sein de cette union.
Mercredi 15 Octobre 2008 -- Le président Abdelaziz Bouteflika prendra part au sommet de la francophonie, qui aura lieu au Québec (Canada) du 17 au 19 octobre, a annoncé ce soir l’ENTV. Le président de la république se rendra à la XIIe Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage. Il a répondu favorablement à l'invitation des organisateurs de ce sommet. Le président Bouteflika n'avait pris part au dernier sommet de cette organisation qui s'est tenue en 2006 en Roumanie. L'Algérie n'est pas membre de la francophonie.
Jeudi 16 octobre 2008 -- À chaque sommet, la question revient : l’Organisation internationale de la francophonie, ça sert à quoi ? Et elle se pose aussi pour sa XIIe édition qui se tient demain à Québec (Canada). Les Canadiens eux-mêmes s’interrogent sur le sommet qu’ils accueillent. Ils étaient plus préoccupés par leur scrutin fédéral, lequel, par ailleurs, a reconduit les conservateurs au pouvoir et peu intéressés par la francophonie pour ne pas dire suspicieux à l’égard de la communauté francophone jugée indépendantiste. L’agenda du sommet n’étant pas clair, ses organisateurs ont été satisfaits par le dossier de la crise financière internationale dont ils se sont emparés et inscrits à l’ordre du jour de leur sommet. Un politologue canadien, Jean-François Lisée, qui fut conseiller des anciens Premiers ministres canadiens, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, a mis ses pieds dans le plat en expliquant à la presse canadienne que les politiciens avaient d’autres chats à fouetter, laissant les fonctionnaires prendre en charge ce rendez-vous.
D’ailleurs, Nicolas Sarkozy, le président français, complètement accaparé par la crise financière internationale, a lui aussi bien d’autres choses en tête que la francophonie. Il sera au Québec juste pour la symbolique. Un chroniqueur canadien s’est même avancé pour dire que le président français “n’a probablement pas encore lu ses carnets de notes à ce sujet, il le fera sans doute dans l’avion” qui le transportera au Canada ! Sarkozy, à titre de président de l’Union européenne, est, en effet, plus accaparé par le processus de mise en branle de négociations d’un accord de libre-échange avec le Canada, par la signature d’une entente sur la mobilité de la main-d’œuvre avec le Québec ou par le discours qu’il doit prononcer à l’Assemblée nationale du Québec que par le sommet de la francophonie. Paroles d’une ancienne ministre canadienne, militante de la francophonie. Sarkozy sera absent de la plénière de dimanche qui abordera l’avenir de la langue française, selon son agenda, il devrait normalement retourner à Paris samedi soir.
Il reste que le sommet devra épuiser son ordre du jour, tout de même assez intéressant : l’environnement, la crise alimentaire, la gouvernance économique et, bien sûr, la crise financière internationale. Des thèmes d’actualité mais qui risquent de ne pas déboucher sur des actions concrètes. En réalité, la francophonie bat de l’aile depuis longtemps, même en y intégrant en son sein des pays qui ont en partage le français en partage mais dont l’usage, à l’image de l’Algérie, est réduit à sa portion congrue. Le message lancé par le secrétaire général de la francophonie, Abdou Diouf, qui invite les pays membres à assurer “la vitalité du français”, ne sera pas réglé à Québec. L’ex-président du Sénégal voit grand ! Actuellement, l’Organisation mondiale de la francophonie compte cinquante-cinq États membres et treize autres ont le statut d’observateur. C’est le second sommet de la francophonie à se tenir à Québec. Le premier avait eu lieu en 1987.
Dimanche 19 Octobre 2008 -- Le président Bouteflika, présent au 12e Sommet de la francophonie en tant qu’invité spécial, a prononcé un discours dans lequel il s’est prononcé sur le statut de la langue française en Algérie. “Nous apprécions la langue française en tant qu’outil et moyen de communication et d’échanges”, dit-il, ajoutant que c’est pour cela que l’Algérie, “toujours attachée à son identité nationale arabe et amazigh, a entrepris des efforts importants, notamment en termes de formation de formateurs, pour l’enseignement du français dans son système éducatif (afin de) permettre à ses jeunes une plus grande ouverture sur le monde”. Parlant de l’État de droit et de la démocratie, Abdelaziz Bouteflika estime qu’il s’agit de “deux concepts intimement liés”, deux préoccupations majeures pour l’Algérie qui, depuis l’Indépendance, a accompli de grandes réalisations dans l’édification d’un État moderne et “nous amènent naturellement à renforcer l’État de droit en rationalisant son fonctionnement, tout en favorisant l’émergence d’une société civile pour consolider l’expérience démocratique dans notre pays”. Abordant le phénomène du terrorisme qui frappe dans plusieurs régions du monde, le chef de l’État a fait remarquer que ce fléau “sévit dans la quotidienneté et nul ne peut s’en considérer aujourd’hui épargné tant qu’une action collective résolue et soutenue, reposant sur un instrument juridique international global, ne sera pas entreprise par la communauté internationale”. L’Algérie ne cesse d’appeler, a soutenu le président de la République, depuis plus d‘une décennie à la conclusion d’une convention globale contre le terrorisme international.