Vendredi 30 Mai 2008 -- Cela fait désormais 100 jours que deux touristes autrichiens, Wolfgang Ebner, 51 ans, et sa compagne Andrea Kloiber, 44 ans, sont détenus dans le Sahara, probablement au Mali, par un groupe se réclamant d'Al Qaïda au Maghreb. Malgré le temps écoulé depuis leur enlèvement le 22 février dans le sud tunisien, les diplomates autrichiens restent confiants quant à leur libération prochaine car ils ont dit avoir reçu il y a peu des preuves de vie des deux otages.
Dépêché depuis la mi-mars à Bamako à la tête d'une équipe de quatre négociateurs Anton Prohaska indiquait récemment que les négociations avançaient "lentement mais sûrement". Les progrès sont ralentis par les précautions entourant les contacts avec les ravisseurs qui, par peur d'être localisés, n'utilisent ni téléphone mobile, ni téléphone satellite. "Tous les messages sont délivrés personnellement", a souligné un porte-parole du ministère des Affaires étrangère Peter Launsky-Tieffentahl. Il faut parfois dix jours pour qu'une missive parvienne à son destinataire dans la zone frontalière et désertique entre l'Algérie et le Mali où sont retenus les deux Autrichiens. De plus, cette région est le terrain d'action de rebelles touaregs ainsi que de bandits, ce qui influence le processus de négociation.
Après 100 jours d'attente, les familles des otages sont éprouvées. "Elles espèrent que la prise d'otage va bientôt finir. Mais cela peut encore durer longtemps. En 2003 les touristes allemands et suisses avaient été retenus pendant 177 jours", a rappelé un porte-parole des familles Michael Vogl. Le 10 mars, la Branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat, GSPC) avait revendiqué l'enlèvement de ces deux touristes isolés originaires de la région de Salzbourg (nord de l'Autriche).
Initialement, la libération d'islamistes détenus en Algérie et en Tunisie avait été exigée, ainsi qu'une rançon de 5 millions d'euros selon des informations de presse non confirmées. Depuis, les ravisseurs n'ont plus formulé publiquement de revendication. Un point positif, a-t-on indiqué du côté de la cellule de crise à Vienne.