Mardi 30 Septembre 2008 -- Pas moins de treize ressortissants africains, de différentes nationalités, arrêtés il y a quelques jours à travers plusieurs quartiers de la capitale, ont été présentés devant le président du tribunal correctionnel de Sidi M’Hamed. Les mis en cause sont poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation, notamment immigration clandestine, faux et usage de faux dans des documents administratifs, usurpation de qualité et pratiques de sorcellerie et de charlatanisme. La plupart de ces émigres clandestins ont été appréhendes par les éléments de la police judiciaire de la sûreté d’Alger à quelques mètres du siège du Théâtre national algérien qui fait face au square Port-Saïd. Les prévenus ont déclaré qu’ils ont quitté leurs pays d’origine pour venir travailler en Algérie et prendre en charge leurs familles qui vivent dans des situations lamentables. A la question de savoir s’ils ont réellement procédé à la falsification de visas, de billets de banque et de documents administratifs (certificats de résidences et de scolarité), les accusés ont répondu qu’ils n’ont rien commis de grave et qu’ils font l’objet d’un coup monté de toutes pièces par la police. Ils ont tenu à préciser qu’ils ont été contraints de signer les procès-verbaux établis par l’inspecteur chargé de l’enquête sans prendre connaissance de leurs dépositions. Le procureur de la République a dressé un dur réquisitoire à l’encontre de ces treize ressortissants africains en clamant haut et fort d’emblée que «toutes les preuves légales et matérielles sont réunies dans cette affaire, notamment concernant la falsification de documents administratifs, entre autres des visas et des certificats de résidence». Le représentant du parquet de la République a par ailleurs affirmé que «la plupart des mis en cause faisaient l’objet de mandats d’arrêt internationaux lancés à leur encontre par Interpol. Ils sont poursuivis pour avoir créé des associations de malfaiteurs spécialisées dans les agressions et dans la fausse monnaie». Il a requis un an de prison ferme assorti de 10 000 d’amende avec leur rapatriement vers leurs pays d’origine. Les avocats de la défense ont sollicité la relaxe pure et simple de leurs clients estimant qu’ils n’ont rien à voir dans les inculpations retenues à leur encontre. Après examen des dossiers, le magistrat chargé de la section du flagrant délit a condamné tous les inculpés à six mois de prison ferme assortis d’interdiction de séjour et l’évacuation vers leurs pays d’origine.
Mardi 7 octobre 2008 -- Trois ressortissants africains d'origine nigérienne ont été interceptés, avant-hier, au cours d'un barrage routier effectué sur la RN11, reliant Oran à Mostaganem, par les éléments de la brigade de la gendarmerie de l'USTO. Les mis en cause, âgés entre 20 et 25 ans, ont été repérés à bord d'un autocar à destination d'Alger, en possession de faux passeports et de faux visas d'entrée sur le territoire national. Selon une source judiciaire, les trois clandestins ont été présentés au parquet et placés sous mandat de dépôt.
D'autre part, deux autres ressortissants syriens ont été aussi écroués, hier, pour séjour irrégulier. Les deux clandestins venaient d'Alger lorsqu'ils ont été appréhendés à hauteur du rond-point de l'USTO. Avec ces arrestations, le phénomène de l'immigration clandestine ne cesse de prendre de l'ampleur du fait que depuis le début du mois de ramadhan, une dizaine de ressortissants marocains et une quinzaine d'autres africains, en situation irrégulière, ont été arrêtés par les services de la gendarmerie nationale d'Oran. D'après les premiers éléments de l'enquête, il ressort que ces clandestins devaient rejoindre la wilaya d'Alger à la recherche d'un travail.
Au cours de l'opération de contrôle, les gendarmes ont découvert que ces mis en cause n'avaient aucun document attestant leur séjour en Algérie. Ils devaient se rendre à Alger afin de travailler comme plâtriers dans des villas en chantier et même dans l'artisanat, à savoir la confection d'habits traditionnels pour les ressortissants marocains. Généralement, ces clandestins recourent à des passeurs facilitant leur introduction sur le sol algérien. D'importantes sommes d'argent sont versées en contrepartie, pour permettre à ces jeunes âgés généralement entre 20 et 35 ans de dénicher un emploi au noir.
Rappelons que plusieurs réseaux de clandestins ont été démantelés dans le passé par les services de sécurité dans la localité de Bir El-Djir. Accusés de séjour illégal, les mis en cause ont été présentés au parquet et placés sous mandat de dépôt, en attendant leur expulsion vers leur pays d'origine.
Jeudi 9 octobre 2008 -- Les troupes de la Gendarmerie nationale ont procédé mardi dernier à l’arrestation de 30 immigrants clandestins au niveau de l’oued Anfou, dans la ville de Maghnia, sur les frontières algéro-marocaines. L’opération combinée, enclenchée tôt dans la matinée de mardi, a ainsi abouti à l’encerclement de ce groupe de trente candidats à l’immigration clandestine. Si certains de ces immigrants étaient tentés par une «expérience» sur le sol algérien où ils croient pouvoir s’installer en trouvant un poste d’emploi à même de leur permettre de subvenir à leurs besoins, ce n’est pas l’avis des autres. Ces derniers révèlent que leur objectif est de transiter par le sol algérien avant de rejoindre le Vieux Continent où l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie, estiment-ils, est plus important.
Les personnes arrêtées ne sont pas restées sans voix même devant les éléments du 1er groupement de la Gendarmerie nationale qui ont procédé à leur arrestation.
Et si la ville de Maghnia est connue pour être une passerelle pour ces candidats à l’immigration clandestine via le sol algérien, les agents de surveillance révèlent que les accès à cette zone sont multiples. De Tamanrasset à Bordj Badji Mokhtar en passant par Aïn Guezzam, toutes les voies semblent pouvoir mener à Maghnia, la localité qui permet visiblement aux immigrants de rejoindre aussi bien le territoire algérien que marocain où les espoirs de survie se sont considérablement amenuisés, selon des récits au niveau des frontières. On fait état en effet de «zéro chance» de trouver un minimum de conditions de vie -plutôt de survie pour le cas des immigrants clandestins- du côté de Oujda, la ville frontalière. D’où, par ailleurs, le flux migratoire des Maliens, Tchadiens, Camerounais, Nigériens vers le sol algérien. Déterminés à fouler le territoire algérien, qui pour une durée limitée, qui pour y séjourner le plus longtemps possible, les immigrants clandestins ne sont pas près de reculer devant tout le dispositif de lutte mis en place ces dernières années.
A Maghnia, ils ont donné la preuve de leur obsession à aller jusqu’au bout de leur «rêve». Loin d’accepter leur statut d’éléments avérés d’un mouvement de clandestinité et d’illégalité, ces jeunes et moins jeunes, venus d’Afrique, n’hésitent pas à contester une supposée maltraitance de la part des gardes frontières algériens. Un clandestin d’origine camerounaise, un récidiviste selon les témoignages des gendarmes algériens, se plaignait de la perte de son téléphone portable durant l’opération de poursuite. Surnommé «Babayaro» par les gardiens des frontières, le Camerounais, sans se déclarer vaincu, se dirigea vers un des responsables du groupement des frontières pour arracher une autorisation de se rendre aux toilettes. Une demande qui lui sera accordée. «Moi, je suis un Tchadien. Je suis ici depuis bientôt 6 mois. Après un passage au Maroc, j’ai compris qu’il valait mieux aller chercher un autre lieu pour trouver du boulot. Aujourd’hui, ils viennent de nous arrêter. Ce n’est pas notre tort si nous transitons par ici. Nous n’avons pas une autre solution de rechange», témoigne Omar, un natif de N’Djamena, la capitale tchadienne. Le parcours de l’Ivoirien Idriss est identique à celui du Tchadien. L’étape marocaine semble inévitable pour ces immigrants. «Moi, j’ai passé quatre mois au Maroc. Je suis venu pour m’installer en Algérie car des compatriotes et des amis m’ont dit que ça marche bien ici. Maintenant, je me retrouve dans un poste de police.»
Parmi les trente personnes arrêtées sur la bande frontalière, plus précisément au niveau de l’oued Jorjï, quelques-uns ont fait des études universitaires. Un jeune Camerounais, âgé de 27 ans, a indiqué qu’il n’a pas entamé son aventure à partir d’un bidonville de Douala. Il vient plutôt de la célèbre université d’Al Azhar où il a suivi un cursus dans le marketing et le commerce international. «Le manque de perspectives sociales dans notre pays nous contraint à aller chercher ailleurs. C’est pour cette raison que je suis ici. Ce n’est pas par plaisir que je m’aventure, mais par obligation. Je ne peux pas traîner sans emploi à Douala», déclare-t-il. Son compatriote Mohamed fera remarquer qu’il travaillait il n’y a pas si longtemps à Charm Echeikh en tant que plongeur. Il percevait une mensualité de 2 200 euros.
Quel sera le sort réservé à ces immigrants clandestins ? Le commandant du 1er groupement des gardes frontières de Maghnia, M. Aouerag Lounes, répond : «Ils seront traduits devant la justice. Certains parmi eux seront refoulés. Cependant, il y aura sans doute ceux qui seront emprisonnés dans la mesure où nous avons des preuves qu’ils sont bel et bien des récidivistes.» La même source explique qu’«il ne s’agit pas ici d’une opération spectaculaire puisque nous avions eu par le passé à arrêter un nombre plus élevé. Nous enregistrons plutôt une baisse conséquente suite au renforcement, du côté algérien, des postes de surveillance. 11 postes sont opérationnels au niveau de la bande frontalière et 13 autres sont en cours de réalisation. Une fois ces postes livrés, nous aurons plus d’atouts pour freiner l’ampleur prise par ces deux phénomènes, à savoir l’immigration clandestine et la contrebande et ce qui les accompagne comme “importation” de drogue…» La priorité des forces de sécurité est manifestement très claire : la sécurisation de la zone frontalière passe irrémédiablement par la neutralisation du mouvement des immigrants clandestins et le contrôle de tous les réseaux de drogue.
Mardi 14 Octobre 2008 -- Un Malien âgé de 26 ans, a été présenté, hier, au parquet du tribunal de Saïda pour immigration clandestine et défaut de permis de travail, apprend-on auprès des services de la police judiciaire de la wilaya de Saïda. Ce ressortissant étranger qui était à bord d’un taxi devant se diriger vers S.B.A. a été arrêté, mercredi dernier, par les éléments de la police judiciaire lors d’une opération de contrôle de routine.
Dimanche 19 Octobre 2008 -- Le tribunal de Ghardaïa a vécu mercredi une scène rare dans les prétoires. En effet, un prévenu, d’origine subsaharienne, s’est jeté en pleine audience sur une juge qu’il a essayé d’étrangler en vociférant, dans sa langue maternelle, incompréhensible des présents. Il a fallu pas moins de quatre policiers et d’autres magistrats pour arriver à libérer la jeune magistrate des mains de son agresseur. Elle s’en est tirée avec la peur de sa vie et quelques bleus.
Samedi 25 Octobre 2008 -- Un ressortissant de nationalité camerounaise, âgé de 28 ans, a été placé sous mandat de dépôt par le procureur de la République de Batna, lundi dernier. Les chefs d’inculpation retenus contre ce ressortissant camerounais sont usurpation et vol d’identité, fausses déclarations à la police, imitation des cachets de l’État et immigration clandestine. Cet immigrant clandestin, qui se serait faufilé à travers les frontières sud de l’Algérie, a été arrêté par les services de la Sûreté et de la police judiciaire de la Sûreté de wilaya de Batna dans le cadre de lutte contre l’immigration clandestine, le 18 octobre 2008.
Mercredi 29 Octobre 2008 -- Trois ressortissants syriens (Dj. A., Dj. M. et B. A.) ont été condamnés avant-hier à six mois de prison ferme par le tribunal de Draâ El-Mizan, 40 km au sud de Tizi Ouzou, pour, d’une part, “séjour illégal en Algérie“, après expiration de leur titre de trois mois, et, d’autre part, “pratique commerciale sans registre”. Ces trois étrangers ont été arrêtés par les services de sécurité dans la ville de Boghni où ils s’adonnaient au commerce sans aucune autorisation. Le nommé B. A. est entré sur le territoire national en 2006, tandis que les deux autres l'ont rejoint une année plus tard. Reconnaissant devant la cour les faits qui leur ont été reprochés, les trois Syriens ont tenté, cependant, d'expliquer ces infractions, notamment la seconde par le fait qu'ils n'avaient aucun sou pour retourner dans leur pays. Dans leur plaidoirie, leurs avocats ont essayé d'utiliser les motifs avancés par leurs clients afin de les disculper en affirmant que l'un d'eux est père de famille. Les avocats ont demandé de les relâcher en vue de régulariser leur situation et leur permettre de regagner leur pays d'origine.