Samedi 28 juin 2008 -- L'auditorium du Centre national de formation pour les handicapés a abrité, avant-hier, une journée d'information organisée par le Syndicat national des pharmaciens d'officine (SNAPO) de la wilaya de Constantine. La rencontre avait pour but de discuter les nouvelles moutures des marges bénéficiaires adoptées le 27 mai dernier par le conseil du gouvernement, ainsi qu'un état des lieux du secteur, et également une occasion de soulever la question des inspections. A l'ouverture des travaux, le président Bouherid Abdelkrim a déclaré être désolé « de l'absence de nombreux pharmaciens qui n'ont pas répondu à l'appel malgré les invitations remises à temps ». En abordant sa communication sur les marges bénéficiaires « qui connaissent des hauts et des bas », le président du syndicat a affirmé que « depuis 1995 et jusqu'au 27 mai dernier, les choses n'ont avancé que dans le sens contraire à la réalité de la vie ». Et de poursuivre: « Les charges fiscales, les baux, les créances ont contraint plusieurs d'entre les pharmaciens de baisser rideau. Le syndicat est en train d'oeuvrer pour que les officines retrouvent leur notoriété d'antan en matière de formation ».
Concernant la question des inspections de ces officines, le responsable syndical appelle à une spécialisation de cette fonction, insistant sur la nécessité d'une formation en la matière. Ce contrôleur « se doit aussi de décliner sa fonction. Le recrutement de ces contrôleurs doit se faire dans le domaine pharmaceutique uniquement», ajoute le même intervenant. Ce dernier a abordé par la suite « le stockage des médicaments périmés qui pose problème». Il a fait l'objet d'une analyse approfondie car « leur incinération pose un problème au niveau local par manque d'emplacement réservé en ce sens ». Les chargés d'inspection ne tiennent pas compte de cet inconvénient et ne font que verbaliser les contrevenants dans le cas de la découverte de ces médicaments périmés, appelés à être supprimés, a affirmé l'intervenant. Le centre d'incinération national d'Alger est fin prêt et n'attend que l'aval du ministère de l'Environnement pour fonctionner, mais cela ne résoudra point le problème de l'incinération de par son éloignement. Il est préférable que chaque région ait son centre pour réduire les coûts des déplacements et les dangers que cela encours, argumente-t-il. «Une proposition a été faite afin d'utiliser les incinérateurs des hôpitaux. Mais sans résultat. En attendant, que devons-nous faire de ces produits périmés ?», s'interroge le responsable syndical.
Par ailleurs, l'absence dans certains cas de pharmaciens diplômés pose un immense problème de gestion et d'orientation qui peut avoir ses répercussions négatives, souligne-t-on. « Nous assistons à la clochardisation de ce métier. Chacun de nous peut se convertir en spécialiste de la vente des médicaments. Ce médicament est-il en conformité avec ce dont a besoin le malade ? Notre profession est en danger », s'écrie M. Bouherid. La chaîne de froid est un autre problème qui n'a pu trouver sa solution au départ de l'usine de fabrication en passant par les distributeurs vers les officines, jusqu'au malade. Il faut que ces médicaments soient mis sous «isotherme» de manière à les conserver et à les utiliser sans danger. Le deuxième intervenant, M. Amrane Mostefa, s'interroge: «Faut-il agir ou réagir ?». Et de répondre qu'il faut se mobiliser autour de leur syndicat et «faire en sorte que cette assemblée soit une réalité sur le terrain». L'assistance, assez réduite, a proposé qu'un préavis de grève soit rédigé au niveau de chaque pharmacie et transmis à qui de droit. Ce point de vue sera étudié en temps opportun et les recommandations seront évoquées lors de la prochaine assemblée nationale.