Mardi 17 Juin 2008 -- L’Union nationale des opérateurs pharmaceutiques appelle les pouvoirs publics à sauver l’industrie nationale du médicament, préconisant une série de mesures, notamment celle liée aux marges bénéficiaires du producteur. «La proposition de l’UNOP est d’amener les pouvoirs publics à ne plus fixer la marge pour les producteurs locaux, mais à négocier le prix avec ces derniers», préconise la corporation par la voix de son secrétaire général, Nabil Mellah. Les opérateurs s’inscrivent ainsi sur la même longueur d’onde que les pharmaciens d’officine qui, par le biais de l’ordre national des pharmaciens, exigent eux aussi la révision du décret exécutif définissant les marges bénéficiaires maximales des médicaments en Algérie. Le texte, adopté le 27 mai dernier par le conseil du gouvernement, continue à susciter la réaction de la filière. «Les nouvelles marges entraîneront, à coup sûr, un problème de disponibilité sur le marché du médicament», a averti le 15 juin le président de l’ordre des pharmaciens, Lotfi Benbahmed, au forum d’El Moudjahid. Pour l’UNOP, la décision de légiférer sur les marges d’un industriel (fabricant ou conditionneur) est une «mesure en totale contradiction avec la politique économique du pays». «Une économie de marché suppose la non-immixtion de l’Etat dans la rentabilité d’une entreprise. D’autant plus que les concurrents étrangers ne sont pas soumis à cette mesure», souligne le syndicat des producteurs. L’UNOP, qui interpelle le ministère de la Santé à «placer tout le monde sur la même balance», n’hésite pas à crier à l’injustice. «Pourquoi ne pas fixer donc les prix du médicament lorsqu’il s’agit d’opérateurs étrangers», s’interroge l’UNOP, soulignant que «les étrangers sont mieux nantis, en ce sens que le département d’Amar Tou «se limite seulement à la négociation» avec les laboratoires étrangers. «Contrairement à nous, le ministère de la Santé ne fait que négocier la marge avec des sociétés établies à l’étranger. Celles-ci ne sont en aucun cas obligées à prendre un certain pourcentage», soutient encore l’UNOP. Ainsi, les nouvelles marges dont parle l’UNOP n’encouragent pas la consommation, notamment du médicament générique. A titre d’exemple, les producteurs citent un produit princeps A (molécule d’origine) dont le prix sortie usine est de 2 000 DA et son générique B dont le prix sortie usine serait de 1 000 DA, tout en analysant la marge des pharmaciens. «Si le princeps fait gagner 321 DA au pharmacien, le générique ne génère que 160 DA de marge au même pharmacien», relève l’UNOP.