Samedi 24 Mai 2008 -- Le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, a assuré avant-hier que les députés de son parti «démoliront» les propositions d’amendement que veut proposer le MSP, son allié au sein de l’alliance présidentielle et de la coalition gouvernementale, sur le code pénal visant à dépénaliser le délit de presse et de… prêche.
Interrogé en marge des travaux de la commission nationale de préparation du troisième congrès ordinaire de son parti qui se sont déroulés à Zéralda, pour savoir si ce n’est pas sa personne qui est visée à travers les amendements proposés par le MSP sur certains articles du code pénal, Ahmed Ouyahia estime que «cela n’est pas une question qui oppose le RND au MSP». Mais, a-t-il expliqué, «c’est un problème qui oppose les gens qui sont morts pour ce pays et les douleurs vécues par l’Algérie pendant 15 ans, d’une part, à certains comportements qui entrent, peut-être, dans les rouages de la politique et qui hypothèquent le pays, d’autre part.»
Les députés du MSP, partenaire du FLN et du RND au sein du gouvernement et de l’alliance présidentielle, veulent en effet proposer des amendements sur les articles du code pénal prévoyant des peines d’emprisonnement contre les journalistes et les imams. «Cela, je ne l’accepte pas», a affirmé le patron du RND au sujet de cette démarche du parti d’Aboudjerra Soltani, assimilée par certains observateurs nationaux à une «vente concomitante» visant à dépénaliser le délit de prêche incendiaire dont se rendent coupables certains imams radicaux, dans le sillage d’une dépénalisation du délit de presse.
Pis, et pour mieux montrer sa détermination à faire face à toute tentative de retoucher un projet de loi présenté par ses soins en 2000, alors qu’il occupait le poste de ministre de la Justice, Ahmed Ouyahia a assuré que même si une telle proposition émanerait des députés du RND, «nous la démolirons». «Nous la démolirons car nous n’oublions pas ce qui a commencé dès la fin des années 1970, qui s’est développé dans les années 1980 et qui a endeuillé le pays dans les années 1990», a-t-il ajouté, en référence au radicalisme religieux qui s’est emparé du pays pendant cette période du fait de prêches d’imams incultes profitant du désarroi social des jeunes pour les inciter à la violence politique sous couvert de l’islam, religion pourtant pacifiste.