Lundi 19 Mai 2008 -- «Il est inconcevable que notre pays puisse aspirer à se lancer dans l’industrie pharmaceutique s’il ne forme pas des spécialistes dans le domaine», a déclaré, hier, Moussa Aghada, président du conseil des doyens de la Faculté de médecine d’Alger, en marge de la journée scientifique organisée par le département de pharmacie de l’Université d’Alger à l’hôtel El-Aurassi. D’emblée, M. Aghada a affirmé que les 11 départements de pharmacie, existant à travers le territoire national ne fournissent actuellement que des diplômés pour travailler dans les officines et les laboratoires d’analyses médicales. Les secteurs de la pharmacie clinique, hospitalière et industrielle demeurent ignorés par l’Etat. «Nous n’avons pas de diplômés spécialisés dans la fabrication des médicaments et la surveillance de leur composition», a-t-il ajouté avec regrets. M. Baghdadi expliquera que l’«Algérie doit sérieusement se lancer dans la fabrication du médicament générique pour le rendre disponible et réduire la facture d’importation». Il est à noter que l’Algérie importe le médicament pour 1,4 milliard de dollars de médicaments par an.
L’actualisation des programmes d’enseignement et la révision des méthodes d’évaluation s’avèrent aussi plus que nécessaires, s’accordent à dire les organisateurs de cette rencontre scientifique. Pour eux, il est impératif que la pharmacie devienne une science de la santé. «Le pharmacien n’est pas un vendeur de médicaments. Il est aussi responsable que le médecin de la bonne prise en charge des malades», rappellera à l’assistance M. Aghada. Le problème de l’encadrement a été aussi soulevé par l’orateur qui estime qu’«une mise à niveau s’impose de nos jours. Nous ne devrions pas laisser les pharmaciens, les médecins et les chirurgiens-dentistes seuls, sans envisager une formation médicale continue. Il faut institutionnaliser la formation médicale continue comme cela est le cas dans de nombreux pays dans le monde. Le souci de la qualité nous impose d’accélérer et de multiplier ce genre de rencontres et de coordonner nos actions sur le terrain. Les activités scientifiques devraient être promues sur le plan qualitatif».
Mme Baghdadi Ghassani, chef du département de pharmacie d’Alger, n’a pas manqué de soulever le problème du manque de moyens pédagogiques et l’inadaptation des infrastructures existantes pour une meilleure prise en charge des étudiants dont le nombre ne cesse d’augmenter d’année en année. La faculté de pharmacie compte actuellement près de 2 000 étudiants en graduation et environ 276 autres en post-graduants. 16 spécialités y sont actuellement dispensées. Le nombre de nouveaux diplômés est d’environ 300 pharmaciens. Concernant l’encadrement au niveau du département de pharmacie à Alger, Mme Baghdadi parle d’un enseignant pour dix étudiants. Mais cela n’est pas le cas dans les 10 autres départements de pharmacie existants à travers le pays qui nécessitent plus d’attention de la part des responsables de l’enseignement supérieur, ajoutera-t-elle en substance. M. Aghada a appelé les médecins, les chirurgiens-dentistes et les pharmaciens à unir leurs efforts pour une meilleure protection des malades.