View Single Post
  #227 (permalink)  
Old 18th May 2008, 20:51
Al-khiyal's Avatar
Al-khiyal Al-khiyal is offline
Super Moderator
 
Join Date: Jan 2006
Posts: 66,621

Dimanche 18 Mai 2008 -- Plusieurs assurés sociaux ont été surpris par la suspension de leur carnet de tiers-payant à Constantine. Une suspension liée à la non-constitution du dossier carte Chifa, a-t-on appris auprès de certaines sources pharmaceutiques. Un certain malaise semble avoir gagné la corporation des pharmaciens. C'est du moins ce qui ressort de la troisième journée nationale consacrée à «la responsabilité et rôle du pharmacien dans le cadre de la protection et la promotion de la santé», organisée ce jeudi au niveau de la faculté de médecine de Constantine par la section ordinale des pharmaciens de la capitale de l'Est, et ce sous l'égide du Conseil national de déontologie pharmaceutique. La qualité et la problématique du médicament en Algérie du point de vue de la réglementation, l'ordre et la responsabilité pharmaceutique, le rôle du pharmacien dans la prévention des intoxications, la toxicomanie et l'industrie pharmaceutique ont constitué les principaux sujets de cette rencontre.

La question du tarif de référence (tarif de remboursement par la sécurité sociale) a été abordée, ainsi que celle relative au rôle joué par le comité de transparence composé de représentants des ministères de la Santé, de la Protection sociale et du Commerce. Ce comité, qui n'inclue pas certains acteurs comme le Conseil national de l'ordre des pharmaciens, l'Unor, le Snapo et le Sair (pharmaciens industriels), fixe unilatéralement les tarifs de référence. Mais la réalité du terrain au niveau des officines serait tout autre, si l'on en croit les participants. Le prix public, phase de transition qui n'est pas prise en charge et où les produits en stock ne portent pas l'étiquetage du tarif de référence, poserait problème.

L'autre question aura été la marge bénéficiaire du pharmacien. Il semblerait que beaucoup d'officines se soient retrouvées déficitaires, vu le prix élevé de beaucoup de médicaments, le pouvoir d'achat très faible des patients, une marge bénéficiaire trop réduite, ainsi que des charges sociales et fiscales et un marché du médicament dérégulés. Certains membres du Syndicat national des pharmaciens d'officine (Snapo) ont proposé un éventail de marges allant de 50 % pour les médicaments coûtant jusqu'à 300 DA, à 40 % pour une fourchette de prix de 300 à 600 DA et 30 % pour un prix du médicament supérieur à 600 DA. Cette proposition qui semble avoir fait l'unanimité situerait la marge bénéficiaire annuelle à 35 % au lieu de 25 % actuellement.

L'autre malaise soulevé est lié au médicament générique, dont le prix varie du simple au double pour la même molécule. Enfin, les problèmes que vivent actuellement les conseils de l'ordre régionaux - dont celui de Constantine - chargés de l'application et du contrôle des principes et règles que le pharmacien doit observer dans l'exercice de ses activités, ont été soulevés. Ainsi, des pharmaciens activent encore «illégalement» du fait de ne pas être inscrits à l'ordre des pharmaciens, les décisions prises par les inspections conjointes entre DSP (Direction de la santé) et Conseil de l'ordre n'étant pas prises en compte où exécutées par les officiels et les pouvoirs publics, est-il souligné.

Enfin, il a été signalé que des officines pharmaceutiques de l'Etat continuent de fonctionner sans pharmacien, contrairement à la réglementation. Bref, durant cette journée, les participants ont tenu à mettre en exergue le malaise qui règne au sein de la corporation, du fait, est-il noté, de certaines contradictions et incohérences en matière de gestion. Les pharmaciens sont néanmoins déterminés à redorer le blason de leur profession et surtout à se débarrasser d'une certaine étiquette que, disent-t-ils, «certains veulent leur coller», et ce en réinvestissant cet «espace de santé» où ils prodiguent de précieux «conseils» et constituent le lien indispensable entre le médecin et le malade. Le respect de la déontologie et la mise en conformité avec l'éthique ont été les principales recommandations retenues pour réorganiser le secteur du médicament et la profession de pharmacien.
__________________
Reply With Quote