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Old 18th May 2008, 16:26
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Al-khiyal Al-khiyal is offline
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Dimanche 18 Mai 2008 -- L’intégrisme n’arrête pas de marquer des points et cette avancée n’est pas seulement le fait de partis islamistes ou de segments conservateurs de la société. Certaines sphères étatiques y contribuent largement. La seule lecture de la presse quotidienne d’hier nous renseigne amplement sur la gravité du phénomène. Plusieurs titres se sont faits l’écho de l’initiative à l’APN du parti MSP visant la levée par les autorités du contrôle des prêches. Cette demande n’est pas une nouveauté, elle est inscrite dans le registre idéologique de la formation politique. Mais il prend un risque car le dossier mosquées est en principe clos suite aux dégâts causés par les imams salafistes durant la décennie noire. Le MSP est-il conscient qu’il veut faire faire à l’Algérie un dangereux bond en arrière ? Mais à une encablure des présidentielles, le parti a fait un choix stratégique : se démarquer de l’Alliance présidentielle et donc du pouvoir en place et reconquérir sa base dépitée par la guerre des chefs qui a marqué son dernier congrès. La formation ôte son fard et avance à visage découvert sur son « vrai métier » qui est le discours intégriste. Et comme il est bien introduit au gouvernement, il fait la chasse à la consommation des boissons alcoolisées, mesure qu’il n’a pu obtenir à l’assemblée nationale. El Watan vient de révéler qu’elle a touché ces dernières années 2 000 points de vente sur le territoire national. Tous fermés par mesure administrative sur la base d’une décision ministérielle qui soumet l’activité de distribution de gros des boissons alcoolisées à autorisation des DRAG (direction de wilaya). Une grave entorse à la hiérarchie des normes puisque les activités dites réglementées sont régies par le décret exécutif du 18 janvier 1997, prérogative du seul chef du gouvernement. Une décision ministérielle qui annule un décret exécutif ! Mais le chef du gouvernement n’a pas réagi, comme s’il trouvait son compte dans cette entorse qui pourtant met en péril toute une industrie créatrice d’emplois. L’Etat n’arrive pas à sortir de son immense hypocrisie : soit il interdit toute production et consommation d’alcool dans le pays et à ce moment-là ne plus faire référence à la nécessité de développer le tourisme des étrangers, soit il assume pleinement le droit (légal ou pas ?) à la vente et à la consommation de boissons alcoolisées. Et ce qui est apparu à juste titre choquant dans divers titres de la presse nationale dans le forcing du MSP sur les mosquées, c’est le recours à une sorte de « vente concomitante » : liberté des imams avec liberté des journalistes. Un amalgame qui a fait réagir le parti RND, son allié de l’Alliance présidentielle, qui affirme vouloir s’opposer à la proposition du parti de Bouguerra Soltani. Un sursaut républicain à l’actif du RND mais bien sélectif car en matière de dépénalisation des délits de presse, aucune initiative n’a encore vu le jour de sa part. Il est vrai que c’est le patron du RND, Ahmed Ouyahia, qui est à l’origine du muselage des journalistes. Autre résistance, celle que rapporte le journal Liberté qui cite le patron de la DGSN qui refuse de mélanger les genres en n’autorisant pas les femmes policières à porter le hidjab. Quant au Soir d’Algérie, il nous révèle que les célibataires ne pourront plus louer à El Kala appartement, villa ou garage. Une décision que les élus de la commune assurent être dictée par des considérations sécuritaires comme si le terrorisme et le banditisme ne pouvaient pas concerner... les hommes mariés. Enfin, La Dépêche de Kabylie nous apprend que les agents de sécurité de l’université de Bouzaréah procèdent actuellement à une chasse aux couples près des amphithéâtres de la faculté. Ce scénario rappelle celui des années 1990 lorsque diverses autorités nationales et locales procédaient à de vastes opérations de contrôle de papiers de couples « surpris » dans des lieux publics. Régulièrement les médias font état de résurgences de pratiques intégristes. Favorisées par le climat politique apporté par « la réconciliation nationale », elles sont mises à profit par les réseaux salafistes en mal de recrutement et de « crédibilisation » de leurs actes. Elles rappellent quotidiennement que si le terrorisme est vaincu, du moins dans sa phase insurrectionnelle, l’intégrisme, son terreau, n’a pas disparu. Sa nouvelle force est qu’il devient ordinaire.
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