Samedi 17 Mai 2008 -- Le groupe parlementaire à l’APN du Mouvement de la société pour la paix a introduit, une nouvelle fois, un amendement au code pénal visant à annuler les dispositions réglementant l’activité des imams. Une initiative que dénonce son allié, le Rassemblement national démocratique qui y voit une offensive «néo-intégriste». Le parti d’Aboudjerra Soltani revient à la charge. Son groupe parlementaire à l’APN a introduit deux amendements au code pénal dans le but d’annuler les articles relatifs aux restrictions imposées aux imams (87 bis 10) et à la pénalisation du délit de presse (144 bis).
L’article 87 bis 10 stipule que «quiconque prêche ou tente de prêcher dans une mosquée ou autre lieu public de prière sans être nommé, agréé ou autorisé à cette fin par l’autorité habilitée est puni d’emprisonnement de un à trois ans et d’une amende de 10 000 à 100 000 DA». L’article 144 bis prévoit des peines de «deux à douze mois de prison et des amendes variant de 50 000 à 250 000 dinars contre toute atteinte au président de la République en termes contenant l'injure, l'insulte ou la diffamation, soit par l'écrit, le dessin ou par voie de déclaration, et ce, quel que soit le moyen utilisé : diffusion sonore, image, support électronique, informatique ou autre».
Lors de sa présentation devant le bureau de l’APN, cette proposition a été rejetée en bloc par les représentants du RND. «Le bureau de l’APN est chargé d’examiner les propositions dans la forme. Mais il est vrai que les débats ont été très tendus lors de cette réunion», a indiqué, hier, Sedik Chiheb, vice-président de l’APN et membre du bureau national du RND. «Nous sommes contre ces amendements puisque nous avons affaire à une sorte de vente concomitante. Il faut rester vigilant face au néo-intégrisme. Nous refusons que soit fait tout amalgame ou confusion visant à faire le lien entre des pratiques qui ont failli coûter très cher à l’Algérie et la liberté de la presse. Plus que jamais, il est de notre devoir de combattre l’intégrisme, sous toutes ses formes», a affirmé Sedik Chiheb.
Il est utile de préciser que les articles 87 bis 10 et 144 bis ont été introduits au code pénal en 2001 par Ahmed Ouyahia, alors ministre de la Justice. Le 3 mai dernier, à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le secrétaire général s’était engagé à dépénaliser le délit de presse.