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Old 10th October 2007, 18:12
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Mercredi 10 Octobre 2007 -- L’analphabétisme continue à faire des ravages à l’échelle de la wilaya de Mila, malgré tous les efforts déployés depuis le mois de septembre 2002, date à laquelle une annexe de l’Office national de lutte contre l’analphabétisme et de l’enseignement des adultes a été créée.

Les chiffres disponibles au niveau de cette instance parlent de 160 521 analphabètes dans cette région de l’intérieur du pays. Un chiffre important compte tenu du nombre total de la population qui est d’environ 700 000 âmes. Il représente, en effet, 26% de la wilaya.

Ce déplorable phénomène n’est pas le panache des seules régions déshéritées ou montagneuses, mais il est constaté jusque dans les centres les plus urbanisés de Mila, tels que le chef-lieu de wilaya et les communes de Ferdjioua et Chelghoum Laïd.

Il faut convenir, cependant, qu’il est beaucoup plus important dans les communes montagneuses du nord de la wilaya. Ainsi, les localités de Minar Zaraza, de Tassadane et de Chigara, toutes situées sur les reliefs du nord, occupent tristement le haut du tableau.

La première commune citée compte quelque 9 094 analphabètes, soit 63, 20% de la population locale. Occupant la deuxième place, Tassadane, avec ses 7 295 analphabètes, totalise un taux de 58,10%.

Quant à la troisième localité sur le tableau de l’annexe de l’office national, Chigara en l’occurrence, elle compte 4 675 analphabètes, soit 48, 60% de l’ensemble total de la population.

La situation au niveau des grands centres urbains n’est pas plus reluisante, non plus. À Chelghoum Laïd, deuxième agglomération de la wilaya et de loin la plus urbanisée, le nombre de personnes ignorant les actes de lire et d’écrire frise les 14 000 sujets, alors qu’à Mila et Ferdjioua, le nombre d’analphabètes est respectivement de l’ordre de 10 200 et 8 925. S’agissant des causes ayant concouru à cette situation peu honorable, pour une région réputée pour être un centre de rayonnement, elles sont multiples. Les plus objectives restent, de toute évidence, celles liées à la conjoncture des années 1990 où l’on a assisté à une rupture massive avec les classes d’alphabétisation de la part, notamment de la gent féminine en milieu rural.

Toutefois, force est de convenir que les moyens matériels et humains mobilisés par l’annexe de l’office national sont, dans une large mesure, pour quelque chose. Le nombre d’animateurs (enseignants), pour ne citer que ce point pivot, ne dépasse guère les 125 animateurs, recrutés pour la plupart dans le cadre de l’emploi de jeunes (67), du filet social (10), du bénévolat (35) et autres (13). Est-ce qu’on peut exiger des prouesses d’un personnel enseignant de ce profil ? N’est-il pas grand temps de mettre en place des mécanismes plus efficaces et plus fiables, en impliquant par exemple les professionnels de l’enseignement ?

La peine vaut bien la chandelle si l’on sait que parmi toute cette population d’analphabètes, seuls 1 959 apprenants sont inscrits dans les 135 classes ouvertes à cet apprentissage, tandis que le reste, environ 158 000, continue à traîner son mal dans l’anonymat le plus total.

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