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Old 6th October 2007, 09:16
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Rosa Mansouri :

Samedi 6 octobre 2007 -- Combien sont-elles ces femmes qui accouchent de bébés mort-nés ? Combien de nouveau- nés décèdent pendant les quelques minutes qui suivent leur naissance ? Pourquoi 26,9 pour 1 000 naissances décèdent en Algérie annuellement, sans pour autant susciter un sérieux débat sur les véritables causes à l’origine de cet état alarmant de taux de mortalité prénatale et néonatale ?

La mise en place, en avril 2006, d’un programme national de périnatalité, en exécution du décret ministériel n° 05-439 du 10 novembre 2005, portant normalisation de la néonatologie, a fait ressortir les insuffisances et les aberrations constatées dans la prise en charge des grossesses pendant et après l’accouchement. Si le manque de professionnels en gynécologie et en obstétrique a fait débat l’année dernière dans le milieu sanitaire, il est urgent aujourd’hui d’attirer l’attention sur la mortalité infantile.

Selon un rapport présenté dernièrement devant les cadres du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, par le professeur Lebbane, chef de service de néonatologie, au CHU Mustapha Pacha, 53% des décès maternels auraient pu être évités. Les diagnostics très tardifs et la perte de temps affichés par le personnel dans la prise en charge de la femme qui accouche ou de son bébé en danger de mort après la naissance, sont les principales causes de la mortalité infantile. Le rapport fait ressortir, également, que 36,26% des décès durant la période prénatale sont dus à des hémorragies génitales, alors que ce taux ne dépasse pas les 5% dans les pays développés. 16,48% de bébés meurent durant la même période par rupture utérine, 12,08 par l’hypertension et 9,89% décèdent à la suite d’une infection puerpérale.

Faut-il le préciser, ces chiffres concernent uniquement les 234 structures de références (polycliniques et CHU) censées appliquer le programme national de périnatalité. Le service néonatologie en lui-même, n’existe que dans deux CHU, à savoir Alger et Constantine. Un autre service va bientôt ouvrir à Parnet. Mais est-ce que cela justifie la négligence des services gynécologies implantés à travers le territoire national ? Selon le professeur Lebbane, l’application du programme national de périnatalité ne nécessite pas, outre mesure, une technologie de pointe ni des moyens colossaux pour sauver la vie des nouveau-nés. «C’est une question d’organisation, de coordination et de formation », dit-il.

Notre interlocuteur ne trouve pas d’explication au fait que 9,2% seulement des femmes diabétiques enceintes sont prises en charge et 32% seulement des femmes hypertendues. Ce n’est pas étonnant, lorsqu’on sait que seules 20 wilayas sur les 48 ont aménagé des centres de référence pour la périnatalité. Le service de néonatologie de Mustapha-Pacha, lui-même, ne répond pas et ne respecte pas, selon le professeur Lebbane, la réglementation qui régit cette structure spécialisée.

Les salles de soins intensifs ne sont pas érigées, effectivement, dans l’ensemble des services maternité, ce qui met, souvent, le nouveau-né en danger de mort, dans le cas de complications de son cas. «Il est très grave de constater, que l’asphyxie des bébés, provoque chez ces derniers des retards mentaux». En effet, une négligence de 5 à 10 minutes de la part du personnel médical ou par manque de matériel respiratoire, peut créer des handicaps à vie à ces nouveau-nés, qui deviennent à l’avenir des charges pour leurs familles et l’Etat.

«Il y a des budgets qui sont débloqués dans le cadre de ce programme, c’est pourquoi nous restons perplexes devant les retards enregistrés dans son application», affirme le Pr. Lebbane, qui estime toutefois, que les résultats de ce programme, même s’ils sont insuffisants, restent très positifs, dans le sens où une prise de conscience commence à émerger dans le milieu médical. Cependant, il relève le manque de formation dans cette spécialité. Selon lui, les résidents en pédiatrie effectuent quatre mois de stage, durant la première année de leur spécialisation, dans les maternités. «Il est irresponsable et inconscient de confier les nouveau-nés à des stagiaires de première année, sans qu’ils soient encadrés par un personnel plus qualifié et plus expérimenté», s’insurge-t-il.

En somme, après 22 années de la tenue de la première conférence nationale sur la périnatalité, à Oran, et durant laquelle tous ces problèmes ont été évoqués, l’Université algérienne n’a pas pris en considération le volet formation dans cette spécialité et aujourd’hui la question de formation ressurgit comme priorité. Il est important de signaler que les centres de référence retenus dans le cadre de ce programme, ont deux mois, voire novembre 2007 pour se conformer aux règles et législation qui les réglementent. Dans le cas contraire, des mesures sévères seront appliquées par le ministère de la Santé, à qui reviendra, dès cette date, la gestion de ces centres.

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