Dimanche 24 juin 2007 -- Les médecins algériens ont une tendance très faible à la prescription du médicament générique. C’est ce que révèle l’enquête présentée hier dans le cadre des premières journées sur la promotion de l’usage rationnel des médicaments organisées par le Centre national de pharmacovigilance et de matériovigilance (CNPM), qui a donné un aperçu sur les pratiques thérapeutiques en Algérie.
En effet, le taux ne dépasse pas les 24,28 % alors que le taux moyen dans les pays en voie de développement varie entre 37 et 94 %. Aussi, le taux des médicaments prescrits par rapport à la liste des médicaments essentiels est de 46,70 % alors que la moyenne dans les pays en voie de développement varie entre 86 et 88 %.
Si certains indicateurs situent l’Algérie dans la norme des pays en voie de développement, la moyenne de la durée de consultation, selon les résultats de l’enquête, est de 5 minutes 30 secondes. Une durée dans la norme des pays en voie de développement compris entre 2,3 et 6,3 mn, mais qui reste tout de même en dessous des normes de l’OMS qui se situent entre 15 et 16 mn par consultation.
L’enquête a été réalisée dans trois polycliniques et un centre de soins relevant du secteur sanitaire de Zéralda. Elle est la première en son genre en Afrique, selon le professeur Helali, directeur du CNPM. Une approche se basant sur des indicateurs pour l’évaluation des politiques de santé et celles pharmaceutiques nationales des différents pays.
La méthode est née aux Etats-Unis d’Amérique et a été reprise par les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la simplifier et la mettre à la portée des pays en voie de développement mais l’avancée n’a pas profité à l’Afrique.
Pour réaliser cette opération, qui a eu lieu entre l’automne 2006 et l’hiver 2007, les médecins enquêteurs ont suivi une formation spécifique sur la méthodologie à suivre. Ainsi, plusieurs indicateurs ont été étudiés, à savoir le nombre moyen de médicaments par patient, le pourcentage des patients ayant reçu des antibiotiques, des injections, le pourcentage moyen des génériques parmi les prescriptions, le pourcentage des médicaments par rapport à la liste des médicaments essentiels, la durée moyenne de la consultation et de la dispensation, le pourcentage moyen des patients connaissant la posologie de leurs médicaments ainsi que les médicaments en stock.