Samedi 16 juin 2007 -- La fondation Mahfoud Boucebci “Recherche et culture” a rendu hommage ce week-end à l’éminent psychiatre victime d’un attentat terroriste en 1993. En plus d’une cérémonie de recueillement organisée à l’hôpital Drid-Hocine de Kouba, des spécialistes se sont aussi réunis ce jeudi dans le cadre d’un colloque sur “l’identité du psychothérapeute” à l’auditorium du Théâtre de verdure.
Les présents ont abordé la question des conditions d’exercice du psychothérapeute et du psychiatre notant que ces praticiens souffrent notamment de l’absence de bonnes conditions de formation et d’exercice. Les présents déploreront en outre le manque d’organisation dans le secteur comme des revues spécialisées qui “permettraient un meilleur échange d’idées et de concertation”.
Intervenant lors de la rencontre le docteur Aouchiche dira même que le psychiatre algérien connaît un isolement total et se trouve dans l’impossibilité, dans la plupart des cas de parvenir, à acquérir de nouvelles connaissances dans son domaine et à rester en contact avec ce qui se fait dans le monde concernant cette profession.
Le besoin de formation se fait également sentir, préciseront les intervenants. Le psychiatre Abdenacer Laïd rappellera pour sa part qu’en Algérie, en raison du contexte sociologique, le thérapeute est confronté à une situation particulière du fait qu’il représente un dernier recours pour les personnes désirant aller mieux après les méthodes traditionnelles et religieuses.
Par ailleurs, les présents déploreront le manque de structures d’accueil spécialisées pour les personnes souffrant de troubles mentaux par rapport aux autres pathologies. A l’issue de cette journée d’étude, a été attribué le prix Mahfoud Boucebci 2007 à Nelly Catalina Luisa Loumassine psychothérapeute, en reconnaissance aux 25 années consacrées au traitement des pathologies mentales.
La psychothérapeute a travaillé dès 1970 au sein d’une institution spécialisée dans le traitement des enfants autistes et cela jusqu’en 1978. C’est au cours de cette année que Nelly Loumassine a rencontré le défunt Mahfoud Boucebci lors de son voyage en Algérie. Dans le but d’apporter un soutien aux handicapés psychomoteurs, elle accepta un poste à la clinique des Oliviers à Birkhadem dans le service du professeur Boucebci. La collaboration des deux praticiens a duré jusqu’en 1984 année durant laquelle la spécialiste a dû quitter la clinique des Oliviers pour enseigner durant 9 mois à l’Ecole paramédicale d’Alger. Elle rejoindra par la suite le professeur Boucebci cette fois à l’hôpital psychiatrique Drid-Hocine à Kouba.