Les opérateurs nationaux activant dans le domaine de la production de médicaments ont soulevé, hier, la problématique de la politique nationale dans ce secteur. Veut-on réellement d’une industrie pharmaceutique nationale, s’interrogent-ils, tout en réclamant un dialogue avec les autorités pour assainir la situation.
Les difficultés rencontrées par les entrepreneurs algériens dans la production de médicaments, l’état de la gestion de l’industrie pharmaceutique algérienne, l’impact prévisible de l’adhésion, «non préparée», de l’Algérie à l’OMC et les perspectives de l’UNOP ont été autant de points débattus, hier, lors d’une conférence de presse organisée à Alger.
Le président de l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP), M. Amar Ziad, a signalé qu’en Algérie comme partout dans le monde, le médicament représente un segment essentiel et indissociable de la politique de santé publique.
Selon M. Ziad, le marché du médicament est, comme dans l’ensemble des pays en voie de développement, soumis aux aléas d’une mondialisation particulièrement agressive et où les politiques des multinationales laissent souvent très peu de place aux industries locales.
Avec 75 % de parts de marché en Algérie, l’UNOP compte 30 adhérents, pour un montant d’investissements de 50 milliards de dinars. Selon l’UNOP, l’évolution du marché algérien est en progression depuis 2002. Les génériques représentaient par rapport au marché global, en 2002, 19,70 % en valeur et 30,80 % en volume, alors qu’en 2005, ces proportions ont évolué pour atteindre respectivement 26,10 et 42 %.
Le conférencier a indiqué que «jusqu’en 2002, aucune mesure pour encourager la production locale n’a été prise. Il y a eu absence de préparation à la mise en place d’une industrie pharmaceutique locale et les moyens humains et matériels sont inadaptés pour accompagner ce développement».
Il a signalé : «En 2004, une liste de 128 produits réservés à la production, mesure finalement tronquée. Les laboratoires ont réalisé des exportations, vers la fin de 2003, pour couvrir les ventes de 2004, et ce, à la faveur d’une prorogation des programmes d’importation jusqu’à mars 2004.» En 2005, il y eut suspension de la liste des 128 produits, au lieu de son extension, ainsi que l’avènement d’un nouveau cahier des charges, qui a permis la levée de l’obligation d’investir.
Concernant l’enregistrement des médicaments, le conférencier a signalé qu’il y’en a eu 463 entre 2002 et 2004, dont 244 d’importation. Le conférencier a relevé les lenteurs excessives dans les procédures d’enregistrement des produits fabriqués localement, l’absence de publication des nouvelles décisions d’enregistrement, les pertes de dossiers et de documents destinés à l’enregistrement et le non-renouvellement des dossiers d’enregistrement.
Pour ce qui est des prix, l’UNOP signale qu’il y a absence de règles régissant la fixation des prix «sortie usine» des produits fabriqués localement et que l’organisme payeur n’est pas associé à leur homologation. Il a relevé, également, l’incohérence des prix.
Beaucoup de contraintes existent, comme l’absence de publication de statistiques économiques au niveau du ministère. L’UNOP demande la mise en place d’un cadre de concertation permanente, l’application des textes réglementaires, la publication des statistiques économiques et des décisions d’enregistrement dans le bulletin officiel du ministère de la santé.
L’UNOP demande, aussi, l’ouverture de la chaîne de pharmacie industrielle, l’adéquation des moyens humains et matériels du ministère de la Santé avec le dispositif mis en place, l’amélioration de l’environnement actuellement hostile à une industrie pharmaceutique performante et l’application du décret régissant le corps des pharmaciens inspecteurs.
Pour les perspectives à l’horizon 2010, l’UNOP compte créer 10,000 emplois directs et 30,000 autres indirects.
Conférence de presse de l’UNOP : L’industrie pharmaceutique nationale est menacée